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Publié par Saoudi Abdelaziz

Hormis sur les questions sensibles de souveraineté suivies directement par le noyau des décideurs, en liaison avec l'ANP, l'Etat semble débordé et incohérent.

Tandis que le Canal-historique a jusqu'ici échoué à mettre en oeuvre une péréstroika fallacieuse du système, s'appuyant sur le Kgb algérien, la coalition actuellement aux commandes est empêtrée dans les filets des réseaux d'allégeance affairistes qui empêchent l'activité cohérente des gouvernants.

De leurs côtés, les partis d'opposition-hormis le FFS qui est pourvu d'une ligne de masse cohérente -semblent dépourvus de la vision à moyen terme qui seule permet l'action politique efficace.

D'une certaine manière, certains animateurs du mouvement social sont aussi "débordés", car faire de la retraite anticipée une question de principe et la mettre au centre de la rentrée sociale semble une aubaine de diversion pour ceux qui veulent empêcher la jonction des salariés et des couches populaires avec les forces les plus aguerris du mouvement syndical et social.

Ces couches populaires ne semblent plus se satisfaire de l'exercice de cette influence diffuse et inorganisée qui leur a malgré tout permis d'imposer un minimum de justice sociale. Permettant à notre pays d'occuper une place honorable dans que ce l'ONU appelle le développement humain. Elles peuvent penser que le moment est venu de sortir de l'anonymat, d'être plus présentes dans l'espace public. Car l'influence diffuse ne suffit plus en ces temps où l'esprit de justice sociale du Premier novembre est gravement menacé.

La rage est le sentiment dominant: en ces temps de restriction, les privilégiés de l'allégeance au système s'enrichissent sans vergogne, sans même une contrepartie fiscale. Pendant que l'Etat est ailleurs: les institutions judiciaires par exemple semblent placées hors de la décence commune algérienne.

Pendant les deux premières décennies de l'Indépendance, la "réussite" économique individuelle était surveillée par les services secrets de l'Armée. L'infitah économique chadliste, a permis à la recherche individuelle de l'argent facile de commencer à pervertir les mécanismes de surveillance eux-mêmes.

Ce tournant a mis à profit l'absence de contrôle par la société algérienne et ses représentants. Cette absence s'est aggravée depuis la démocratisation fallacieuse issue de l'infitah politique qui a suivi octobre 1988. La décennie noire a amplifié considérablement la mise à l'écart de la participation citoyenne, permettant la prédation sur une plus large échelle.

Depuis quelques années, mettant à profit l'échec historique inévitable du monopole du contrôle policier sur l'économie, l'argent facile réussit de plus en plus à subvertir les institutions. L'accumulation primitive du capital échappe dorénavant au contrôle politique policier qui lui avait permis de prospérer dans une première étape.

L'argent facile ne veut surtout pas des règles alternatives proposées par diverses forces patriotiques pour faire enfin respecter l'Etat de droit dans l'économie.

Aujourd'hui, les forces de la prédation sont devenues très politisées, elles pensent qu'il leur est possible de protéger leur expansion en contrôlant démocratiquement les institutions parlementaires. Et en misant sur leurs réseaux pour y parvenir.

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