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Publié par Saoudi Abdelaziz

Pourquoi Paris et Washington fabulent sur la situation sécuritaire en Algérie ?

Les discours hypocritement élogieux et amicaux qui sont débités par les représentants de ces deux pays à l'occasion de leurs visites en Algérie ou de rencontres avec ses responsables sont le paravent à leurs froides manigances

Une analyse de Kharroubi Habib, 17 août 2016. Le Quotidien d'Oran

Les Etats-Unis et la France voudraient empêcher que l'Algérie qui a opéré des réformes et innovations dans sa législation économique devienne attractive pour les milieux d'affaires et les investisseurs étrangers qu'ils ne s'y prendraient pas autrement qu'ils le font en noircissant à l'extrême la présentation de sa situation sécuritaire et les dangers qui en découleraient pour les ressortissants étrangers qui s'y rendent.

Fin juillet, le ministère français des Affaires étrangères a fait paraître sur son site une note avertissant ses nationaux que sauf nécessité il leur est déconseillé de se rendre dans les régions nord de l'Algérie et de s'abstenir impérativement d'aller dans celles du Sud. Ce qui sous-entend que Paris considère que l'Algérie est confrontée à une situation sécuritaire à haut risque alors que les faits démontrent le contraire. S'il est vrai que des îlots existent encore où la menace terroriste se fait ressentir épisodiquement, le pays n'a pas eu depuis près de trois années à connaître les affres d'actions terroristes. Ce qui infirme le caractère de dangerosité que le Quai d'Orsay attribue à sa situation sécuritaire, qui plus est les autorités françaises sont parfaitement renseignées des résultats de l'efficace traque que l'armée algérienne mène aux groupes armés terroristes qui subsistent dans le pays qui outre qu'ils subissent de sévères pertes en sont réduits à se terrer pour survivre.

L'on ne peut que s'étonner que le sachant ces autorités françaises ont publié une note aussi alarmiste sur la situation sécuritaire de l'Algérie. Washington n'a pas été en reste dans la falsification de la réalité sécuritaire prévalant dans le pays. Le secrétaire d'Etat américain rend publiques lui aussi des notes d'avertissement de la même veine alarmiste que celle émanant du Quai d'Orsay. Du côté américain, l'on a même corsé récemment l'optique alarmiste sur la situation sécuritaire en Algérie puisque des médias états-uniens ont publié une carte dont ils attribuent l'établissement aux services de renseignement de leur pays sur laquelle figurent les Etats de la planète où l'organisation terroriste Daech est censée être implantée de façon plus ou moins inquiétante pour leur sécurité nationale. L'Algérie en ferait évidemment partie pour ces services américains et qui plus est parmi ceux qui en seraient les plus gravement gangrénés.

Un tel degré d'affabulation ne relève pas du manque de sérieux des services de renseignement français et américains mais d'une volonté politique des gouvernants de leurs pays de parasiter l'image redorée que donne d'elle-même l'Algérie par ses succès dans la lutte antiterroriste. Leur objectif commun à ces deux puissances est de contrer la stratégie de diversification de son économie et de ses partenariats en la matière pour laquelle l'Algérie a opté avec pour ambition de mettre fin à sa dépendance aux ressources énergétiques qui a eu pour elle le corollaire de l'exposer au chantage économique et financier dont ces deux Etats sont coutumiers à l'encontre d'un Etat subissant une telle situation. Ce à quoi s'ajoute que ces deux puissances cherchent assurément à brider l'émergence de l'Algérie en tant qu'acteur régional d'envergure et en capacité de faire prévaloir sa vision et ses positions sur les problèmes se posant dans la région où il estime son intérêt national et sa sécurité concernés.

Les discours hypocritement élogieux et amicaux qui sont débités par les représentants de ces deux pays à l'occasion de leurs visites en Algérie ou de rencontres avec ses responsables sont le paravent à leurs froides manigances. Ce qui doit faire prendre conscience à ces derniers que les Etats et surtout les grandes puissances n'ont pas d'amis mais que des intérêts qui les font agir sans état d'âme.

Source : Le Quotidien d'Oran

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