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Publié par Saoudi Abdelaziz

Mustapha Mekideche, économiste est vice-président du Conseil national économique et social (Cnes). Photo DR

Mustapha Mekideche, économiste est vice-président du Conseil national économique et social (Cnes). Photo DR

La Banque mondiale prévoit une baisse des réserves de change de l’Algérie à 60 milliards de dinars à l’horizon 2018. La Banque d’Algérie estime que ces prévisions sont alarmistes. Êtes-vous d’accord ?

Mustapha Mekideche. Je pense qu’il s’agit d’un faux débat. Nous avons deux scénarios. Le premier est celui de la Banque mondiale qui est pessimiste. Le deuxième est celui de la banque d’Algérie qui est, à mon avis, réaliste parce qu’il est, peut-être, basé sur des données qui ne sont peut-être pas encore publiées. Est-ce que la Banque mondiale a adopté une posture pour amener les autorités algériennes à engager des réformes structurelles ? Je ne sais pas. En tout cas, la réponse qui a été faite par la Banque d’Algérie est la fois équilibrée, sourcée et réaliste. Le niveau des Réserves de change algériennes sera au-dessus des 60 milliards de dollars (à l’horizon 2018).

La Banque d’Algérie n’a pas avancé de chiffres…

Je pense que le chiffre de 60 milliards est tout de même assez pessimiste. Mais dans tous les cas, le problème reste entier. Nous sommes dans une situation où notre résilience s’estompe progressivement. Et cela ne va pas durer longtemps si d’autres moteurs de la croissance ne sont pas allumés et s’il n’y a pas de rationalisation budgétaire sérieuse et non pas symbolique. Dans sa réponse, la Banque d’Algérie rappelle que Sonatrach a pu stabiliser puis redresser progressivement sa production après la baisse enregistrée avant le début de la crise. Elle ne parle pas, cependant, de la possibilité d’une augmentation des exportations hors hydrocarbures qui peut être une source de desserrement de la contrainte sur la balance des paiements. Et c’est le plus important.

Vous avez parlé d’un déficit budgétaire de 30 milliards de dollars pour 2016. Est-ce que des déficits budgétaires de 31 milliards de dollars en 2017 et en 2018 sont vraiment un scénario pessimiste ?

D’une part, la Banque d’Algérie a des hypothèses d’une réduction significative du déficit budgétaire. D’autre part, la Banque mondiale fait une reconduction de la tendance observée en 2016 dans ses prévisions. Je pense qu’il y a une certaine incertitude. Il faut attendre la Loi de finances 2017 pour voir s’il y a des mesures importantes qui sont prises pour pouvoir diminuer de façon significative le déficit qui sera probablement de 30 milliards, comme je l’ai dit, en 2016. Il faut également voir comment trouver les sources de financement de ce déficit budgétaire.

Est-ce qu’une remontée des prix du pétrole est justement indispensable pour le financement de l’équilibre budgétaire ?

La remontée des prix est indispensable si on est dans l’ancien paradigme d’un financement de notre économie par les seules recettes provenant du secteur des hydrocarbures. Ce serait un jeu dangereux parce que les prix ne reviendront pas au niveau où ils étaient avant juin 2014. Revenir vers des prix autour de 100 dollars est totalement exclu. Les observateurs et l’Agence internationale de l’énergie tablent sur un baril autour des 70 dollars à partir de 2019. Cela serait, de toute manière, insuffisant pour pouvoir continuer sur le même modèle. C’est pour ça que les deux priorités de la gouvernance économique de l’Algérie doivent être la rationalisation budgétaire qui est incontournable et la réactivation véritable des autres moteurs de la croissance.

Source : TSA-Algérie

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