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Publié par Saoudi Abdelaziz

©Yahia/Liberté

©Yahia/Liberté

"C’était initialement un projet de Farès Yessad, alias Serdas, qui a commencé par son quartier à Amizour où il avait réalisé une fresque. Le concept consiste à embellir un quartier populaire avec l’aide des habitants qui, eux,  nous fournissent la peinture, l’échafaudage, etc.  Avec Chafik Hamidi, alias El Panchow, nous avons rejoint Farès au mois de Ramadhan dernier. Nous avons pu réaliser alors une seconde fresque à Amizour  intitulée “Babour El louh”  puis une autre “Le marchand des masques”. Bref,  le projet n’en est qu’à ses débuts."

Propos recueillis par Yasmine Azzouz, Liberté, 4 août 2016

Originaire de Azzaba dans la wilaya de Skikda, Slimane Sayoud est un véritable touche-à-tout. Diplômé des Beaux-Arts,  il est, tour à tour, sculpteur, peintre, graphiste, caricaturiste… Il a déjà à son actif non seulement plusieurs expositions, mais il reste résolument engagé dans l’embellissement des façades des quartiers populaires avec l’aide d’autres artistes et la collaboration de la population. Dans cet entretien accordé à Liberté, il est revenu sur son parcours, ses inspirations, son message à travers ses œuvres ainsi que ses futurs projets.

D’abord,  racontez-nous vos débuts. D’où (ou de qui)  tenez-vous votre vocation artistique ?    
Mes parents étaient artistes-peintres. J’étais pour ainsi dire, dans le bain, dès mon plus jeune âge. Après quelques années d’études en biologie, je me suis tourné vers le domaine artistique en entrant à l’École nationale supérieure des Beaux-arts d’Alger. C’est à partir de là que j’ai commencé à toucher à la peinture. Je suis sculpteur de formation, mais je fais aussi du street-art, de la peinture, de la caricature…

Quels sont les thèmes abordés dans vos œuvres ?
Je dois dire que ma démarche a commencé à avoir du sens précisément l’année dernière lorsque j’ai présenté à la galerie Ezzou’art ma première exposition individuelle “Soldes” où j’ai traité le sujet complexe  de la société de consommation et de la commercialisation de l’art. Je continue en ce moment même ce  travail. Et pour vous dire franchement, je continue  à y dénoncer le capitalisme sauvage !

La femme orientale avec sa touche de sensualité proverbiale est très présente dans vos tableaux. Avez-vous une explication à ce sujet ?
On va dire que c’est un drame personnel (rires). J’essaye à travers mes tableaux de montrer la sensibilité et tout ce que la femme représente. Je suis néanmoins contre le féminisme capitaliste et ses dérives. Cela ne veut pas dire que je suis contre la femme, bien au contraire !

Comment élaborez-vous vos tableaux ?
Je peins beaucoup la nuit. Pour moi, une œuvre, c’est souvent le fruit d’un débat. Récemment,  j’ai peins après une discussion avec mes amis artistes comme Farès Yessad et l’homme jaune (Yasser Amer) qui m’ont d’ailleurs beaucoup aidé dans le domaine de la peinture, et avec lesquels je parle de différents sujets, comme la situation de l’Algérie, de l’art, de la condition féminine, etc.

Vous avez initié un très beau projet à Béjaïa récemment, avec un groupe d’artistes. Vous avez repeint des façades d’immeubles avec la collaboration des habitants. Comment s’est concrétisée cette idée ?
C’était initialement un projet de Farès Yessad, alias Serdas, qui a commencé par son quartier à Amizour où il avait réalisé une fresque. Le concept consiste à embellir un quartier populaire avec l’aide des habitants qui, eux,  nous fournissent la peinture, l’échafaudage, etc.  Avec Chafik Hamidi, alias El Panchow, nous avons rejoint Farès au mois de Ramadhan dernier. Nous avons pu réaliser alors une seconde fresque à Amizour  intitulée “Babour El louh”  puis une autre “Le marchand des masques”. Bref,  le projet n’en est qu’à ses débuts.

Quel est l’artiste avec qui vous aimeriez collaborer ?
Mon idole,  c'est Guy Denning, un artiste anglais autodidacte. Je suis fasciné par son travail !  J’aime beaucoup la démarche et le travail technique  de  ce spécialiste, très doué,  du street art.

Quels sont vos projets ?
Je travaille actuellement sur un livre à paraître prochainement. C’est le fruit  d'une collaboration avec  la photographe Leila Boutamine-Ould Ali. Il s’agit d’un livre d'art consacré à la fantasia. J'ai été graphiste sur ce projet alors que Morsi Bousebah en était le calligraphe. C'est un livre que je trouve intéressant et que je vous conseille d’ailleurs vivement, d’ores et déjà. Il sera disponible en deux versions, arabe et français.  Par ailleurs, je me rendrai en Chine le 14 août dans le cadre d'une résidence artistique. Je serai, à ce titre,  le seul sculpteur algérien.  Après cela, on ira avec un groupe d'artistes algériens au Maroc pour réaliser d’autres projets artistiques.

Source : Liberté.algerie.com

 

 

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