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Publié par Saoudi Abdelaziz

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"Il n’y aura pas d’implosion sociale à court terme". A la veille de la rentrée sociale, la phase est abondamment reprise dans la presse. Son auteur est le prolifique et médiatique Abderrahmane Mebtoul. Après avoir énuméré les "quatre raisons" qui étayent son pronostic, l'expert termine par la mise en garde : "L’Algérie a un répit seulement de trois ans pour changer de cap".

L'économiste -"indépendant" mais proche des cercles de décideurs- continue donc de mettre son "expertise" au service des "tournants réformateurs", depuis sa participation à la vague désastreuse de privatisations du début des années 2000. Aujourd'hui, il écrit :  "sans réformes structurelles, évitant les replâtrages et les discours populistes, l’implosion sociale est inévitable à l’horizon 2018-2020". Dans ce programme anti-populisme, l'expert épargne du saccage médité "deux produits essentiels pour les plus pauvres, à savoir le pain et le lait".

Dans une interview récente, Mahmoud Rechidi, le porte parole du parti socialiste des travailleurs (PST), met les pieds dans le plat: "Le programme du libéralisme économique qu’on veut imposer aux travailleurs et aux masses populaires, préconisé régulièrement par le FMI et la Banque mondiale, vise la remise en cause de nos acquis sociaux, de notre souveraineté sur nos richesses et de notre indépendance nationale. L’offensive libérale, qui se décline sous forme d’une transformation radicale de l’édifice juridique actuel, est en réalité une tentative sans précédent du pouvoir pour imposer les intérêts du patronat et de l’oligarchie contre ceux de la classe ouvrière et des masses populaires".

Nota-bene. En physique, l'implosion est un ensemble d'explosions combinées de façon à faire sentir leurs effets vers un centre. Au figuré, le terme implosion est utilisé pour désigner la désagrégation, l'effondrement interne d'un système.

POST-SCRIPTUM

La crise politique que traverse le pays permet-elle ces réformes ?
Question à Mustapha Mekideche, vice-président du CNES.

"Vous parlez de crise politique ou de crise pour la prise du pouvoir ? Une crise politique vient lorsqu’il y a des programmes alternatifs à proposer pour la gestion du pays. Personnellement, et sur la crise dont on parle, je n’ai pas vu beaucoup de programmes proposés au sein de la classe politique. Peut-être que cela a été sous-estimé ; d’ailleurs, les pouvoirs publics aussi l’ont sous-estimée… Si nous avions une culture démocratique d’alternance quant aux solutions proposées pour sortir de la crise et faire émerger une économie performante, ce serait mieux et c’est autour de cela que les clivages peuvent se faire. Or, nous sommes sur des lignes de clivage qui ne sont pas essentielles."

Source: Le Soir d'Algérie

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