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Publié par Saoudi Abdelaziz

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Nouvelles révélations.

Usage judicieux des paradis fiscaux, plus privilèges accordés par Rab Dzaïr et consorts: la combinaison a permis à Rebrab de réaliser méthodiquement cette accumulation du capital, dont il exige dorénavant la reproduction élargie. Et pour cela un pouvoir néolibéral plus ouvertement et "sans complexe" mondialisé, comme le suggèrait hier encore à Alger le secrétaire d'Etat américain :  "L'Algérie doit rendre le climat des affaires plus attractif".

Bedjaoui c'est la deuxième facette mondialisée du Système : celle de rejetons voraces, nageant sans vision dans la jet-set, sans combinaisons de longue durée.

Rebrab, Bédjaoui, deux personnages parmi une croustillante galerie de personnages balzaciens de la Comédie humaine du système algérien. Nos écrivains font mine d'ignorer ce filon, tout occupés qu'ils sont à titiller leurs états d'âmes identitaires ou à pourchasser les fantômes de leurs ancêtres.

 

«Panama Papers»: Le feuilleton algérien continue

par Yazid Alilat, 27 juillet 2016

Nouvelles révélations des «Panama Papers». Issad Rebrab, l'industriel et homme d'affaires algérien est cité comme étant parmi les plus anciens clients du cabinet d'affaires panaméen «Mossack Fonseca», impliqué dans le scandale des «Panama Papers», et dont la spécialité est la création et la gestion de sociétés offshore domiciliées dans les paradis fiscaux.

C'est ce que vient de révéler le journal français «Le Monde» dans son édition de mardi, citant le journal allemand ‘Süddeutsche Zeitung' et les documents obtenus par le Consortium international des journalistes d'investigation. Les documents de «Mossack Fonseca», dépouillés et transcrits par le CIJI montrent qu'Issad Rebrab a débuté, dans les années 1990, par l‘importation de fer et rond à béton. L'ascension dans le monde des affaires et de la finance, via la mise en place d'un vaste réseau de collecte et de vente, à l'international de déchets ferreux commence en 1992. C'est en juin 1992, qu'Issad Rebrab, importateur du rond à béton, à l'époque, a recouru au service de ‘Mossack Fonseca' pour créer une société offshore, ‘Dicoma Entreprises Ltd', selon les documents fuités des «Panama Papers». Domiciliée aux îles Vierges britanniques, elle était destinée à gérer un portefeuille placé chez l'Union de banques suisses (UBS), à Genève. Rebrab, était le seul bénéficiaire de cette société, au capital de 50.000 dollars, qui sera dissoute, en mars 1996, à sa demande. «Je soussigné, M. Issad Rebrab, actionnaire unique de la société ‘Dicoma Entreprises Ltd'., vous prie de bien vouloir procéder à la liquidation de cette dernière, après paiement des frais», a-t-il demandé dans un courrier adressé, en date du 15 décembre 1995, à l'antenne genevoise de ‘Mossack Fonseca'. Mais, dans les faits, ‘Mossack Fonseca' a transféré les activités – en particulier la gestion du compte bancaire à l'UBS – de la société dissoute à une autre structure offshore, ‘Anilson Management Ltd'., domiciliée dans un autre paradis fiscal, l'île de Niue, dans le Pacifique sud.


Du rond à béton à l'agroalimentaire
En 1998, Rebrab crée son groupe industriel, Cevital, qui est devenu un géant de l'import-export, dont le sucre, mais également, dans l'industrie des corps gras et le BTP. Selon les documents fuités des «Panama Papers», il a bénéficié, dès le début, à la fin des années 1980 «de monopoles sur les importations de produits de grande consommation.» Le compte suisse, mis au jour dans le scandale des «Panama Papers» a été alimenté par l'activité d'import-export, dont le rond à béton, le sucre et l'huile. «L'argent provisionnant ce compte proviendrait de l'importation de rond à béton d'Italie et de l'exportation de rond à béton de l'usine de Metal Sider vers le Maroc et de déchets ferreux vers la Russie», selon le quotidien français. Ce flux d'argent a, également, permis à l'homme d'affaires algérien de monter une fructueuse activité dans l'agroalimentaire, en France (Délice Mondial et Isla Mondial) où il s'est installé, après le sabotage de l'usine de Metal Sider d'Ouled Moussa (banlieue algéroise, Ndlr) par un groupe armé, au milieu des années 1990. Et de financer les importations du sucre, à son retour en Algérie, 3 ans plus tard, en 1993.»

Mais, l'envol de Rebrab, dans le monde des affaires, se fera en réalité du temps du gouvernement Hamrouche, au début des années 1990. «En 1991, la SACE, organisme italien de couverture des exportations, a mis à la disposition de l'Algérie une ligne de crédit de 300 millions de dollars pour l'exportation de rond à béton italien vers l'Algérie, que le gouvernement Hamrouche avait réparti sur cinq banques. Metal Sider a obtenu, à elle seule, deux quotas pour 100 millions de dollars. Les trois autres quotas ont bénéficié aux entreprises publiques SNS (60 millions) et Cosider ainsi que le privé Koninef», l'autre groupe privé algérien, dont une des activités est liée à la réalisation du Métro d'Alger. Et, à cette époque, la société privée de Rebrab a eu un quota, plus important, que les sociétés publiques, et, surtout qu'il achetait, moins cher son quota, par le biais d'un trader algérien installé, en Italie, dont la société s'appelle ‘Prodeco', et d'importer de l'acier ukrainien transitant par la Péninsule. En parallèle, Metal Sider a réalisé quelques opérations d'exportation de rond à béton, vers le Maroc, en 1993, pour la SONASID, appartenant à la société nationale d'investissements (SNI), un groupe appartenant à la famille royale, héritier de l'ex ONA (Omnium nord-africain).
Mais, le commerce du rond à béton n'était pas la seule activité de Rebrab à cette époque, puisqu'il collectait et exportait les déchets ferreux, qu'il achetait pour les transformer en rond à béton, mais «les quantités drainées dépassaient les capacités de l'usine, et donc une bonne partie de ces déchets était exportée.» Dés lors, «Issad Rebrab s'est retrouvé en situation de monopole, aussi bien pour la récupération de ces déchets que pour leur exportation, car il bénéficiait d'une dérogation», écrit, encore, le quotidien français. «Le Monde», pour avoir des éclaircissements, avait tenté de joindre le «magnat» algérien, en vain. «Contacté par son secrétariat, et aussi directement par téléphone, Issad Rebrab n'a pas souhaité commenter l'information. Jointe par téléphone, sa chargée de communication, Soraya Djermoun, a nié l'existence de cette société : M. Rebrab vous dit qu'il n'a jamais eu de société aux îles Vierges britanniques.»


Encore Farid Bedjaoui
Le Monde est revenu dans son édition d'hier, sur le cas de Farid Bedjaoui. La justice italienne a ouvert une seconde procédure dans cette affaire de pots-de-vin, dans le sillage des commissions rogatoires envoyées par l'Algérie. «Cette fois, les pistes mènent à Farid Bedjaoui, en fuite et aperçu pour la dernière fois, à Dubaï, et à l'entourage du ministre de l'Energie de l'époque, Chakib Khelil.» Les magistrats italiens accusent Bedjaoui d'avoir touché de la ‘Saipem' l'équivalent de 205 millions de dollars, par l'intermédiaire de la compagnie ‘Pearl Partners Ltd', domiciliée à Hong Kong et le soupçonnent d'avoir arrosé de nombreux responsables algériens, afin de faciliter l'obtention, par la ‘Saipem', de huit contrats entre 2006 et 2009, pour 10 milliards de dollars : des centaines de kilomètres de pipelines et plusieurs usines de traitement. «Le rôle d'intermédiaire joué par Farid Bedjaoui dans le schéma corruptif (…) aurait été imposé à ‘Saipem' par le ministre Khelil. (…) Les magistrats algériens ont identifié des versements qui ont profité à Najat Arafat, épouse de Chakib Khelil», indique le Tribunal pénal fédéral, le 14 janvier 2015, sollicité par une demande algérienne d'entraide judiciaire», écrit «Le Monde». «La quasi-totalité des montages offshore, ayant servi de lessiveuse à ces commissions et rétro-commissions, ont été lancés par la fiduciaire suisse ‘Multi Group Finance', à Lausanne, pour le compte de Farid Bedjaoui et exécutés, entre 2007 et 2010, par le cabinet d'avocats panaméen ‘Mossack Fonseca'», indiquent les documents fuités des «Panama Papers», épluchés et décryptés par le Consortium international des journalistes d'investigation et le journal allemand ‘Süddeutsche Zeitung'. Ces documents révèlent les ramifications de ce réseau que les magistrats italiens tentent d'élucider. Selon ces documents cités par «Le Monde», «Farid Bedjaoui, surnommé «M. 3 %», avait ainsi un mandat de gestion sur ‘Girnwood International Engineering Ltd'. et ‘Cardell Capital S.A'., qui disposent de comptes domiciliés à la Banque Edmond de Rothschild à Nassau (Bahamas). Il a fait constituer ‘Sorung Associates Inc'. pour gérer des portefeuilles placés à la Banque Mirabaud, en Suisse et à Dubaï. ‘Justin Invest Developments SA' gère pour lui un portefeuille placé en 2008 à la Banque genevoise ‘BLOM Bank'. Il a aussi hérité des pouvoirs de Pietro Varone, ancien directeur des opérations de ‘Saipem', également cité dans l'affaire Sonatrach, sur la société ‘Farnworth Consultants Inc.', laquelle a servi à l'achat d'un bateau.» Ce n'est pas tout : «c'est lorsqu'elle a engagé Farid Bedjaoui comme consultant, en 2003, que ‘Saipem' a réussi une ascension fulgurante, décrochant quantité de contrats, en quelques années. Les magistrats italiens sont convaincus que les prix de ces contrats, entre Sonatrach et Saipem, ont été majorés d'un commun accord afin de pouvoir dégager des marges au profit des responsables des deux compagnies.»

C'est en 2002 que Farid Bedjaoui, qui a fait entre-temps connaissance avec Chakib Khelil, par l'intermédiaire de Habour, recourt, pour la première fois, aux services du cabinet ‘Mossack Fonseca'. ‘Il s'agissait d'ouvrir un compte suisse pour sa société de courtage ‘Rayan Asset Maangement' par l'intermédiaire de son gestionnaire de fortune, Ludovic Guignet, de la fiduciaire suisse ‘Multi Group Finance', basée à Lausanne. C'est ce même homme qui aura à gérer la frénésie d'achats de compagnies offshore préexistantes qui s'empare de Farid Bedjaoui, à partir de 2006 avec la création d'une myriade de sociétés domiciliées au Panama et aux Iles Vierges britanniques.

Source : Le Quotidien d'Oran

 

 

 

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