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Publié par Saoudi Abdelaziz

Les jeunes loups du think tank Nabni ont l'art de trouver des slogans pour faire passer la pilule d'un néolibéralisme sans effusion de sang. Ce matin, le think tank conseille à Sellal de se doter d'une"unité d’élite" composée d'experts  placée auprès du Premier ministère et chargé pointer et de lever les blocages aux réformes.

Démocratie à l'Algérienne. Le paysage politique démocratique est incapable de mûrir -dans le débat et le compromis- les consensus pour les options concrètes de l'action publique. Par contre, pour notre habillage démocratique, nous sommes dotés d'une presse "indépendante", "la plus libre du monde arabe". Et, pour compléter la façade, nous disposons aussi de nombreux experts "indépendants et libres".

Très présents sur les médias, ils ont -souvent à la minute-, réponse à tout. Certains sont réunis dans des think tank. Nabni est le plus populaire, parce que son néolibéralisme se veut consensuel et sans douleur et qu'il est prolixe en "plans de sauvetage".  Un vrai think tank politique. Ce matin dans El Watan Abdelkrim Boudra, son porte-parole, s'interroge : " le gouvernement est-il suffisamment doté en ressources pour coordonner des réformes et en faciliter la mise en oeuvre ? " Non", répond-il à l'évidence, puisqu'il propose à Sellal de se doter, "comme Tony Blair", d'une delivery-unit. Ce nom anodin camoufle les fonctions décisives définies par le think tank: "une  delivery unit est une structure, une unité d’élite chargée de faciliter la mise en œuvre des réformes et travailler sur les points de blocage". L'expert précise :

"L’idée, c’est qu’à côté des institutions conventionnelles, des équipes plus souples, composées de compétences de très haut niveau, sont mises en place pour identifier les problèmes et poser les solutions, pour mâcher en quelque sorte le travail et aider la primature à faire des arbitrages".

Mais, qui va nous délivrer des experts? Dans les pays capitalistes, les priorités de l'intervention de l'Etat dans la gestion économique, sont historiquement la résultante de rapports de forces entre les intérêts contradictoires et souvent antagoniques des classes et groupes sociaux, par le biais de leurs actions politiques. La crise du système financier déclenchée en 2007, a accéléré la montée au sein des structures décisives de l'Etat, des experts issu du système financier.

C'est une idée très en vogue parmi les élites mondialisées. En France, cette tendance est illustrée par l'ambitieux Macron, le ministre des Finances ramené d'une des principales banques du monde et qui, aujourd'hui, est poussé vers le poste de président de la république.

Le mesmar est planté.

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