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Publié par Saoudi Abdelaziz

Commentaires contradictoires dans la presse, à propos du Conseil des ministres d’hier

INCREDULES

« Mais selon certains observateurs, la convocation de cette réunion n’est qu’un subterfuge pour permettre au président Bouteflika de faire une apparition publique, après plus d’un mois d’absence. Sa dernière activité remonte au 31 mai avec la tenue d’un Conseil des ministres. Toujours affaibli par sa maladie, le président Bouteflika a, au moins, profité de cette rencontre pour montrer à l’opinion qu’il travaille en ce mois de jeûne ». C’est la conclusion dans El Watan, du commentaire de Madjid Makedhi. Conclusion analogue, mais sous un autre angle, dans l’éditorial de Liberte.  Omar Ouali reconnait d’abord : « Il serait pour le moins naïf de faire peu de cas de la menace, car avec les dangers potentiels au niveau des frontières … le risque zéro n’existe pas ». Puis il ajoute :

« Toutefois, on se demande si cette menace sécuritaire, objet de cet énième conseil restreint, n’est pas un peu surjouée à des fins de politique intérieure. Voire même à des fins de diversion. Il y a, en effet, comme des présomptions que le pouvoir veuille monter en épingle l’enjeu de la sécurité aux frontières pour créer une sorte d’union sacrée autour de lui et, du coup, désamorcer en amont les velléités de frondes sociales qui sont annoncées ici et là. D’où un devoir de lucidité pour faire la part des choses. » 

FANTASSIN

L’Expression n’a pas de réserves.  Bon fantassin,  Brahim Takheroubt tire sur tout ce qui bouge : « Dans un contexte économique fragile l'étincelle peut partir d'un fait banal comme cela a été le cas du vendeur à la sauvette El Bouazizi en Tunisie. Deux jours après Annaba, un autre foyer de tension éclate à Aïn Arnat, à Sétif. L'objet du mécontentement est le logement. Un secteur d'une extrême sensibilité et où il est très facile d'enflammer les foules. C'est ce qui expliquerait, peut-être, la présence pour la première fois à ce conseil ministériel restreint, du ministre de l'Habitat, Abdelmadjid Tebboune. Les hautes autorités du pays ont-elles reçu des rapports signifiant qu'il y a des plans de déstabilisation? En tout cas, les motifs n'ont pas manqué ces derniers mois, notamment depuis la grève des enseignants contractuels jusqu'à la fuite organisée de l'examen du baccalauréat. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a carrément qualifié la fraude d' «atteinte à la sécurité nationale».

VIEUX ROUTIER

L’analyse de Kharroubi Habib un vieux routier, dans le Quotidien d’Oran est plus équilibrée :

« La situation sécuritaire dans le sud du pays a assurément de quoi inquiéter les autorités et leur faire mobiliser tous les moyens à même d'en juguler les conséquences pour la région sud et l'ensemble de l'Algérie. Elle suscite d'autant leur attention qu'elles savent la région sud du pays en proie à une ébullition sociale ayant pour cause les frustrations ressenties par ses populations d'avoir été les oubliées de la distribution de la rente procurée au pays par la ressource pétro-gazière tirée du sous-sol sudiste. 
La réponse à la menace qui enfle à nos frontières sud doit être par conséquent à la fois sécuritaire (ce dont l'ANP et les forces sécuritaires se chargent avec une efficacité qui se démontre au quotidien) et politico-économique et sociale dans le même temps. Ce sur quoi ont dû probablement phosphorer les hauts responsables réunis mardi par le président et dont il faut espérer qu'ils sont parvenus à des décisions qui ne seront pas simples effets d'annonce destinés à donner de faux espoirs aux populations du sud du pays que menace une grave tourmente autant sécuritaire que sociale

Post scriptum

Bon signal des juges de la Cour d’appel de Bouira qui ont allégé hier les peines infligées en avril dernier, aux émeutiers d’El Esnam, lourdement condamnés en première instance après les manifestations contre le comportement indigne d’une grande brutalité de deux policiers, que leur hiérarchie refusait de sanctionner. 

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