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Publié par Saoudi Abdelaziz

Thomas Mair  meurtrier présumé de la députée Jo Cox. Photo DR

Thomas Mair meurtrier présumé de la députée Jo Cox. Photo DR

En se revendiquant du patriotisme, Thomas Mair semble avoir réussi à dresser les secteurs hésitants de l'opinion contre le souverainisme britannique. Le personnage est dépourvu de sens logique selon la presse britannique, voire déséquilibré. Mais n'est-ce pas la définition du terroriste du 21è siècle: un être irrationnel qui sert à desservir la cause au nom de laquelle il agit. Ici les valeurs patriotiques, là l'Islam ?

Des sondages publiés ces derniers 48h donnent le vote en faveur du maintien dans l'Union européenne en tête, alors que l'échéance du référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE se rapproche.

Les médias suivent cette évolution de l'opinion. The Times, jusqu'ici plus ou moins neutre, prend parti contre le Brexit. Ce quotidien influent fait pourtant partie du groupe de médias appartenant à Rupert Murdoch, dont le tabloïd The Sun, l'un des plus vendus dans le pays, s'est déclaré partisan d'un Brexit.

"Depuis cet horrible meurtre, je sens que le vent a tourné. Les gens vont se ressaisir", affirme ce matin le journaliste britannique pro-européen Alex Taylor qui explique au Parisien: "Alors que les derniers sondages prédisent une victoire du non à l’UE, son assassinat par un militant pro-Brexit peut-il changer la donne ? Oui, c’est possible .Quand vous prenez les différentes enquêtes d’opinion, environ 10 % des sondés sont encore indécis. Si ces gens-là comprennent que le camp du Brexit remue des peurs infondées (...) ils seront peut-être tentés de choisir la solution de la raison. Je suis redevenu optimiste".

La bourse aussi. Le pétrole reprend du poil de la bête sur fond de probabilité moindre d'un Brexit titre le site Prix du baril.

Terrorisme act

Thomas Mair a été inculpé pour homicide, a annoncé aujourd'hui samedi 18 juin la police britannique. Pour quel mobile? Elle ne l'a pas précisé. Le meurtrier présumé a "Britain first !" ("La Grande-Bretagne d'abord !"), et a confirmé le caractère politique de son acte. "Mort aux traîtres, liberté pour le Royaume-Uni", a-t-il lancé lors de sa première comparution devant le tribunal de Westminster.

Au Royaume-Uni, selon le Terrorism Act de 2000, un acte doit, pour être qualifié comme terroriste, « viser à influencer le gouvernement ou à intimider la population ou une partie de la population dans le but de faire avancer une cause politique, religieuse ou idéologique ».

S'il en s'en tient à cette définition, le meurtrier lié à la mouvance d'extrême droite a réussi à dresser l'opinion contre le souverainisme britannique qui a motivé son acte. Le personnage semble dépourvu de sens logique selon la presse britannique, voire déséquilibré. Mais n'est-ce pas le propre du terroriste du 21è siècle: un être irrationnel qui sert à desservir la cause au nom de laquelle il agit. Ici les valeurs patriotiques, là l'Islam ?

L'homme des banques européennes, le ministre français Macron lance ce matin aux électeurs Britanniques : « On est dedans ou dehors. Le jour après la sortie, il n’y aura plus de passeport financier pour les établissements britanniques. Le Conseil européen devra lancer un ultimatum aux Britanniques". l'ineffable Macron veut-il être crédité du futur recul du souverainisme britannique, espéré lors du référendum ? Mais on peut aussi supposer que cette menace fort maladroite émanant du terrorisme bancaire aurait sur le Britannique moyen l'effet inverse de celui recherché.

 

 

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