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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Kharroubi Habib, 18 juin 2016

Jeudi, il va y avoir du spectacle dans l'hémicycle de l'Assemblée populaire nationale (APN) quand les députés seront appelés à voter sur le projet de loi portant régime électoral de l'après-révision de la Constitution. Décidés à tout faire pour bloquer l'adoption de ce projet de loi, les députés de l'opposition promettent une démonstration de force en vue de faire entendre et prendre en compte leur rejet de ses dispositions.

Depuis que le projet de loi a atterri à l'APN, les élus de l'opposition tous bords confondus ont promis qu'ils ne vont pas laisser le pouvoir procéder à son passage en force. Mais pour aussi houleuse que s'annonce la séance parlementaire et que sera forte la voix contestatrice des députés de l'opposition, le pouvoir ne fera certainement pas marche arrière. Il mettra ses détracteurs devant le fait accompli car disposant d'une majorité dans l'APN qui est à ses ordres et sachant que l'opposition qui rejette le projet de loi est dans l'incapacité d'organiser une contestation populaire en prolongement et soutien à celle que ses élus ont exprimée dans l'enceinte parlementaire.

Il ne faut pas se voiler la face, l'opinion publique est quasi indifférente à la controverse qui a lieu dans le microcosme politico-partisan suscitée par les amendements apportés par le pouvoir à la loi sur le régime électoral.

A tort ou à raison, pour la grande majorité des citoyens ces amendements que l'opposition décrie en tant que dispositions allant mettre fin au « multipartisme et aux acquis démocratiques » seraient au contraire susceptibles de permettre l'émergence d'une opposition véritable dont les rangs seront débarrassés de la présence discréditante d'acteurs politiques folkloriques sans consistance ayant pollué dès sa naissance le multipartisme.

Il est vrai que le pouvoir qui a opté pour entreprendre cet élagage du champ partisan est responsable que celui-ci a été investi par un foisonnement de formations politiques qui n'ont dans leur grande majorité qu'une existence factice dont les citoyens n'en prennent conscience qu'à l'occasion des compétitions électorales.

Il a ce faisant noyé l'opposition véritable dans celle virtuelle dont la consistance s'est réduite à des sigles et à des acteurs prêts à se vendre contre avantages et prébendes.

Il est clair que l'opposition réelle va devoir maintenant affirmer sa présence non plus simplement par le tapage médiatique et l'agitation organique se résumant à des réunions et rencontres d'états-majors, mais en démontrant qu'elle a un enracinement populaire. Ce que certaines de ses composantes ont bien compris, comme le prouve le changement qualitatif des stratégies qu'elles ont mis en œuvre et leur valent d'enregistrer du répondant dans l'opinion publique.

Pour sa part, le pouvoir qui sait que la contestation de ses projets de loi sur le régime électoral va finir par s'éteindre, faute pour l'opposition de faire autre chose que protester, a instruit les formations qui lui sont inféodées d'occuper le terrain pour faire obstacle à son redéploiement. Raison de plus pour que cette opposition se décide à aller au contact des citoyens pour les convaincre que leurs revendications qu'elles soient politique ou sociales n'ont de chance d'être entendues et prises en compte qu'avec l'existence et les pressions d'une opposition créditée par leurs soutiens qui doivent s'exprimer et faire barrage aux manœuvres que le pouvoir entreprend contre elle.

Source Quotidien d Oran, Kharroubi Habib

 

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