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Publié par Saoudi Abdelaziz

Youcef Aouchiche, 1er sécrétaire par intérim du FFS. Photo DR

Youcef Aouchiche, 1er sécrétaire par intérim du FFS. Photo DR

"La célébration de la journée des luttes des travailleurs se tient, cette année encore, dans un contexte national et international marqué par la détermination des prédateurs économiques du néo-libéralisme globaliste à maintenir leur hégémonie sur les peuples et les économies du monde. Une hégémonie qui, aujourd’hui comme hier, fait de la guerre et du chaos un instrument de destruction des états, de spoliation des richesses et de clochardisation des peuples transformés en hordes de migrants"

 

Discours de Youcef Aouchiche, 1er secrétaire par intérim, à l'occasion de la fête des travailleurs, journée mondiale de la liberté de la presse

Paru sur le site du FFS le 3 mai 2016

 

Nous sommes réunis aujourd’hui pour célébrer deux dates, deux symboles majeurs et déterminants dans la lutte des peuples pour leur liberté et leur émancipation: la fête internationale des travailleurs et la journée mondiale de la liberté de la presse.

Ces deux dimensions, en dehors du caractère folklorique qu’on leur colle souvent, sont synonymes de luttes pour la liberté, l’égalité, la solidarité et la justice sociale. Nous devons s’y inspirer pour alimenter note combat de tous les jours contre l’oppression, l’injustice... et la Hogra

La célébration de la journée des luttes des travailleurs se tient, cette année encore, dans un contexte national et international marqué par la détermination des prédateurs économiques du néo-libéralisme globaliste à maintenir leur hégémonie sur les peuples et les économies du monde. Une hégémonie qui, aujourd’hui comme hier, fait de la guerre et du chaos un instrument de destruction des états, de spoliation des richesses et de clochardisation des peuples transformés en hordes de migrants.

Des peuples jetés sur les routes de la mort physique ou morale. Des peuples qui n’ont plus comme ambition que de survivre. Des peuples promis à tous les esclavages au nom de l’assistance humanitaire. C’est ce à quoi nous assistons autour de nous : En Libye, en Irak, en Syrie, au Yémen, au Mali, au Nigéria, au Congo...Partout où le regard se porte l’offensive néo-libérale est à l’œuvre.

Cette offensive contre les peuples et les états qu’ils ont conquis de haute lutte ne doit pas nous faire perdre de vue qu’une telle offensive a été facilitée par des facteurs internes.

Ces facteurs internes sont multiples et complexes. On peut en citer quelques uns dont l’action fût déterminante : D’abord, une oligarchie compradore embusquée au sein même des institutions pour pomper les revenus de la rente au profit d’une caste parasitaire et antinationale. Ensuite, une partie de la technostructure de l’état séduite par l’idéologie néo-libérale, désintéressée du destin national ou en régression par rapport aux avancées du mouvement national au point de s’investir dans des stratégies révisionnistes et régionalistes dont elle devrait pourtant savoir qu’elles signeraient l’effondrement de l’état et le basculement dans le chaos.

Face à cette détermination prédatrice, les travailleurs résistent malgré la multiplication des formes de la répression, malgré la précarité organisée en arme de chantage redoutable.

Malgré les fausses pistes et les illusions médiatiques et politiques qui donnent le choix entre la soumission au néo-colonialisme et la soumission au néo-khalifa d’obédience Othomane (dawla othmania) ou saoudienne !!

Au FFS nous sommes pour l’Algérie du 1er Novembre 54 et de la plateforme de la Soummam qui ont été l’œuvre de libération majeure réalisée par le peuple algérien uni dans ses frontières et dans son projet émancipateur de réalisation d’un ETAT Démocratique et social souverain !! Aucune lutte partielle ne peut s’inscrire dans l’indifférence ou en opposition à ce projet et être dans l’intérêt des travailleurs.

Les travailleurs résistent partout où ils arrivent à redonner à leur syndicalisme la consistance et l’éthique d’organisations véritablement démocratiques. Des organisations portées par la conscience des travailleurs que leur lutte est au service d’une conception saine de leur combat et du travail. Et non détournée par un activisme sans vision. Et donc manipulable et destructible.

Les travailleurs et les syndicalistes algériens qui ont en mémoire le détournement et la domestication de la bureaucratie du syndicat unique (UGTA) ont également en mémoire le détournement et la division des travailleurs par un courant à prétention hégémonique dans les années 90 (SIT).

Aujourd’hui, les travailleurs sont confrontés à la complexité croissante des méthodes d’infiltration et de détournement de leurs luttes. Des méthodes qui visent à affaiblir les travailleurs, à les diviser, à les enfermer dans une conception corporatiste de plus en plus étroite, coupée de son insertion dans une problématique syndicale plus large et une vigilance citoyenne plus affirmée.

Si nous insistons encore sur l’impératif de retisser les liens entre les différentes segments de la vie nationale; entre le politique, le syndical, l’associatif ... c’est parce que nous demeurons convaincus que la jonction entre la société politique et la société civile est en mesure de mobiliser nos concitoyens autour d’un projet commun et susciter des dynamiques de changement dans le pays. Nous continuerons à privilégier cette approche, nous continuerons à chercher ce renouveau dans la notion de la lutte et à militer avec et auprès de toutes celles et tous ceux qui s’attachent au projet patriotique et démocratique. Ensemble, dans la solidarité et l’engagement nous poursuivrons notre quête pour la réalisation des promesses de novembre et de la Soummam.

Les travailleurs algériens peuvent compter sur un formidable capital de luttes syndicales et sur la solidarité qui anime notre société pour amorcer cette dynamique.

Les travailleurs sont aujourd’hui la principale force potentiellement capable de transformer la crise née de la rente et de la spéculation paresseuse en une économie productrice de richesses.

Mais pour y arriver il faut mettre en œuvre des politiques économiques soucieuses de la justice sociale et s’engager pour que des politiques respectueuses de la souveraineté nationale se mènent dans la solidarité. L’Etat doit agir pour préserver en premier lieux les couches les plus défavorisées de la société, il doit assurer les droits moraux et matériels des travailleurs et défendre les intérêts nationaux ; c’est cela l’essence même d’un Etat régulateur.

Malheureusement, le pouvoir en place campe sur ses positions et continue de gérer d’une façon unilatérale et autoritaire les affaires du pays. L’absence d’une volonté nationale pour amorcer un véritable changement dans le pays ne fait que nous précipiter vers l’inconnu. La crise multidimensionnelle qui frappe notre pays s’accentue de plus en plus. Ses effets deviennent de plus visibles et se font sentir chez nos compatriotes, désormais, accablés par le chômage, l’érosion du pouvoir d’achat, la cherté de la vie, la pauvreté...etc

Au FFS, faut-il encore le rappeler, nous avons dit non aux politiques d’austérité élaborées dans l’opacité et dont les retombées ébranlent les couches les plus défavorisées de la société. Croire que les méthodes et les moyens qu’utilisent le pouvoir actuellement seront en mesure de juguler la crise serait une grave erreur.

Les mesures mises en œuvre par les autorités jusqu’ici pour parer à la situation de crise de même que pour atténuer une réaction sociale violente ; maintenant qu’il lui est de plus en plus difficile d’acheter la paix sociale, révèlent des échecs à répétition.

L’expérience de ces dernières décennies, dans le pays comme ailleurs dans le monde, montre qu’aucun développement économique, aucun plan, aucune mesure visant à faire face à la crise n’est « solvable » en l’absence de préalables politiques et de la réalisation d’un consensus fort et admis par l’ensemble des acteurs politiques, sociaux et économiques et bien agencer et de ne pas se tromper de priorités.

Notre militantisme en faveur de la liberté d’expression en général et en faveur de la liberté de la presse en particulier est étroitement lié à notre identité politique. Notre militantisme a fait de la liberté d’expression une question centrale dans la lutte pour la consécration de la DEMOCRATIE dans le pays.Nous disons bien la DEMOCRATIE. Car la liberté de la presse n’est pas une revendication isolée des autres revendications démocratiques.

Au FFS, nous sommes pour une presse plurielle, libre et indépendante, une presse au service de la démocratie, une presse au service de l’Algérie et des Algériens et non pas le contraire. On ne peut pas parler de démocratie dans un pays où la presse est bâillonnée comme on ne peut pas prétendre avoir une presse Libre et autonome dans un Etat autoritaire, plein de verrous.

La démocratie politique et l’Etat de droit sont les seuls garants d’un développement économique durable, d’un pluralisme syndical effectif, d’une presse, plurielle, libre et indépendante.

C’est pour ces raisons que nous tenons à le redire encore une fois, le combat en faveur des droits des travailleurs, des libertés syndicales, de la liberté d’expression est

indissociable de la recherche d’une solution globale à la crise multidimensionnelle qui frappe notre pays et notre société.

Et la solution ne peut venir que de la reconstruction d’un consensus national qui consacrera la démocratie et l’Etat de droit dans le pays.

Source : http://www.ffs-dz.net

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