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Publié par Saoudi Abdelaziz

 Rebrab veut des supporters. Photo DR

Rebrab veut des supporters. Photo DR

Au moment des choses sérieuses, les medias néolibéraux algériens réussiront-ils demain à faire mieux que leurs congénères brésiliens? Dans l'Algérie dite "égalitaire et populiste", leur intense campagne de propagande  a réussi à montrer des citoyens manifestants pour le rachat salvateur par un milliardaire de son nouveau quotidien à fort tirage.

Quelques questions en vrac dans un contexte de chamboulement des repères.

Haddad et Rebrab travaillent-ils au profit de clans, ou bien l'Algérie est-elle en train de virer vers un  nouveau modèle où se déploie la concurrence des conglomérats pour le contrôle de l'Etat? 

Ali Haddad et Issad Rebrab proviennent du petit entreprenariat privée qui dès son stade embryonnaire avait lié son destin à celui du système, via des matrices claniques concurrentes. Un bond en avant a été opéré depuis. Haddad semble aujourd'hui dicter des choix économiques au gouvernement, tandis que Rebrab entre ouvertement en politique, pour une alternance à l'équipe au pouvoir.

Le DRS de Rab-Dzaïr avait ouvert les guichets à Rebrab, qui a ensuite accumulé un capital considérable en combinant  des activités de concessionnaire à l'import à des industries à faible valeur ajoutée.

Il y eu ensuite l'échec de la tentative de mettre en place un nouveau conglomérat moderne ouvert sur la mondialisation heureuse,  mirage en vogue à la fin des années 90. On connaît l'échec du montage Khalifa dû sans doute à l'ingratitude de son héros à l'égard d'un système qui en ces temps-là n'aimait jamais perdre le contrôle sur ses rejetons.

Plus coulant, Ali Haddad a émergé durant les mandats de Bouteflika, qui lui ont ouvert l'accès aux marché publics de BTP. Son influence a été démultipliée parce qu'il a joué un rôle important dans l'organisation de réseaux d'influence en faveur de Bouteflika, qui cherchait à s'émanciper de la tutelle systémique du DRS. Son rôle s'est naturellement accru avec la maladie du chef de l'Etat.

Les années Bouteflika ont été marquées par l'émergence de l'ère des conglomérats, ces groupes multi-secteurs, mêlant concessions à l'importation et activités à bas niveau capitaliste. Une nouvelle étape semble être ouverte avec trois caractéristiques :

1-l'affaiblissement du poids spécifique de l'Etat dans l'élaboration des choix économiques dû à la paralysie du système qui empêche le consensus national réfléchi sur une politique publique cohérente de développement.

2-La montée- par défaut- du rôle politique des conglomérats. Ces derniers, ayant beaucoup accumulé, veulent se déployer sans retenue pour assurer la reproduction élargie de leur capital en s'insérant dans la division capitaliste mondialisée, sous hégémonie occidentale. L'un des indices de cette volonté de puissance  c'est la course pour le contrôle des médias susceptible d'asseoir les bases de leurs influences.

3. La dissolution des repères éthiques. Ainsi, Farouk Ksentini un des avocat du système, appelle les Algériens à abandonner leur attachement à la décence commune. Après  avoir béni Rebrab pour l'achat d'El Khabar, il a lavé hier à la Télé les accumulateurs d'argent noir : "Si des personnes ayant commis des crimes comme le terrorisme ont pu être amnistiées, pourquoi ne pas le faire avec celles qui se sont rendues responsables de faits moins lourds ?»

S'achemine-t-on vers une métamorphose du système?

Métamorphose par inversion des rôles : la barma se retourne sur le kaskass. Les conglomérats joueront-ils les rôles de partageurs de pouvoir de décision dévolu jusqu'ici aux clans de décideurs militaro-sécuritaire-régionaux.

Haddad et Rebrab travaillent-ils au profit de clans, ou bien l'Algérie est-elle en train de virer vers un  modèle se type ukrainien où se déploie la concurrence de conglomérats concurrents pour le contrôle de l'Etat?

Ce système à l'ukrainienne qui assume l'instabilité comme mode de gouvernance sera-t-il bientôt inauguré par un consensus entre les conglomérats autour de la mise à l'écart de l'Etat-nation de la direction du développement économique, au profit de logiques supranationales.

Tout cela est évidemment caricatural, mais la caricature n'est-elle pas souvent utile pour saisir des tendances d'évolution. Tendances aveugles, comme est aveugle aujourd'hui la conduite du monde par les puissances capitalistes.

Comment les sursauts de lucidité nationale pourront-ils converger contre cet aveuglement ? La mobilisation de l'intelligence agente viendra sans doute de tous les côtés, car notre pays mérite une vraie ambition. 

ll faut sans doute accorder une plus grande attention aux propositions du FFS. 

 

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