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Publié par Saoudi Abdelaziz

2300 compatriotes exilés en Allemagne sont en danger!

Ce dessin honteux de Dilhem, le 1er mars dernier, est un bon témoignage de l'amalgame dans une opinion bcbg, chauffée par un chroniqueur algérien converti au métier d'anthropologue.

L'Etat algérien est-il donc si fragile qu'il accepte de mette sa police au service d'un puissant Etat occidental contre ses propres citoyens? Selon Le Quotidien d'Oran ce matin, 2300 dossiers d'expulsion de compatriotes ont été soumis au général Hamel, le chef de la DGSN pour qu'il envoie des policiers algériens à la Bundespolizei allemande.

Violeurs, terroristes, malfaiteurs. On a essayé toutes les étiquette pour salir l'ensemble des harraga algériens et maghrébins installés en Allemagne pour faire accepter leur expulsion massive. L'Etat allemand a sans doute fait ses choix, ciblant sans doute les étrangers les moins dociles sur le marché du travail...

Faut-il que les Algériens du bled avalent les mensonges servant à faire passer cette décision. Dans notre pays, l'opinion bcbg a semblé avoir avalé la couleuvre, chauffée par un chroniqueur algérien converti au métier d'anthropologue. Au lendemain de Cologne, même le premier ministre Sellal en visite en Allemagne se croit obligé de déclarer que s'il se confirme que des Algériens ont participé aux violences du Nouvel An contre des femmes, "alors je peux vous assurer en tant qu'Algérien que ce serait inacceptable".

Mais, la montagne a finalement accouché d'une souris. Les poursuites et enquêtes engagées après les évènement de Cologne n'ont pas confirmé la propagande ethnologique anti-algérienne. Quant au terrorisme, les descentes anti-algériennes musclées ont été infructueuses.  "Les résultats mêmes des perquisitions, certaines ciblant symboliquement des centres d'accueil, n'ont rien donné trahissant par là l'aspect éminemment politique de l'action policière", précise Moncef Ouafi dans le Quotidien d'Oran.

Faute d'arguments pour criminaliser nos compatriotes, Merkel a décerné la palme de "pays sûrs" aux maghrébins et obtenu de Sellal que la DGSN aide à établir l'identité de nos harragas, qui ont choisi l'anonymat leur permettant, selon les lois allemandes, d'éviter l'expulsion. L'Etat algérien est-il donc si fragile qu'il se sente obligé de mette sa police au service d'un autre Etat contre ses propres citoyens? Nous remettons en ligne l'article publié sur le blog lors de la visite du chef de la police allemande en Algérie à la fin de février dernier.

 

La police algérienne au service de l'Etat allemand

Par Saoudi Abdelaziz, 2 mars 2016

Va-t-on envoyer en Allemagne, des équipes de policiers algériens pour traquer l'identité de nos compatriotes placés dans les centres de rétention, dont le silence enraye le processus d'expulsion 

"500 Algériens dans les prisons allemandes" C'est l'énorme titre à la une du quotidien Liberté ce matin. 500? D'où provient ce scoop dont on ne trouve aucune trace dans tous les journaux allemands et européens réuni, ni même dans les organes de l'Extrême droite ? Lyès Menacer mentionne "une source diplomatique, sous le couvert de l'anonymat" qui  précise que parmi les Algériens en situation irrégulière en Allemagne, il y a au moins 500 personnes qui seraient incarcérées actuellement pour diverses raisons".

"Diverses raisons" ? Les fameux 500 Algériens, ne sont pas des délinquants. ils sont "incarcérés" dans des centres de rétention, parce qu'ils ont refusé d'aider les autorités à les expulser en leur donnant des indications sur leurs identités. Selon la loi allemande, l'expulsion n'est pas possible si l'étranger en situation irrégulière refuse d'aider les autorités à établir son identité. C'est le seul moyen pour les étrangers menacés d'enrayer le processus d'expulsion. C'est pour obtenir la collaboration de la police algérienne à cette identification, que le ministre allemand est venu à Alger. Va-t-on envoyer des équipes de  policiers algérie pour traquer les identités. C'est ce que laisse entendre les sources de Liberté qui participe à la campagne de discrédit contre nos harraga.

Laissez les vivre!

Certes, dans le centre de rétention les étrangers sont enfermé comme dans une prison, mais si après ces dix huit mois le détenu ne joue pas le jeu, il n'existe pas  la moindre perspective d'exécuter l'arrêté d'expulsion. L'issue trouvée par les tortueuses lois allemandes est de décrêter une curieuse illégalité : les étrangers sont relâchés du centre de rétention et on leur délivre un étrange document qui indique le caractère irrégulier de leur séjour en Allemagne mais ne leur permet évidemment pas d'entrer dans un autre pays. L'étranger dispose alors d'une possibilité de pratiquer une stratégie de survie, le marché du travail allemand étant flexible. Un condition essentielle: il faut éviter les contrôles de police car le  document qu'on leur a donné ne les protège pas contre une nouvelle arrestation pour séjour irrégulier et donc, à terme, contre un retour au même centre de rétention... 

 

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