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Publié par Saoudi Abdelaziz

 

Les observateurs s'étonnent de la distance non passionnelle prise par les Algériens ordinaires à l'égard de la question de la santé du président de la République. (Par le terme commode d'Algériens ordinaires le blogueur a en vue cette majorité des gens politisés, évoluant à l'extérieur des partis et cercles politiques).

Cette prudence repose bien sûr sur le fonds libertaire algérien traditionnel, mais elle est surdéterminée par les expérience successives du monolithisme politique puis de la fitna, où Il vaut mieux se tenir à l'écart des injonctions des uns et des autres.

Mais il y a aussi la leçon du vécu. Les choses vont comme elles vont, il n'y pas encore la perception physique d'une impasse nationale . Le système continue de tourner, par une sorte de force cinétique. En Algérie, le pouvoir ne se résume pas au corps physique et à la pensée d'un chef de l'Etat omniprésent.

Bouteflika a réussi à amorcer la réhabilitation de l'institution présidentielle pour en faire, selon ses engagements, le noyau de l'Etat de droit. Il a notamment amorcé le desserrement de l'emprise des services secrets sur les rouages de l'Etat.

Au fur et à mesure de l'aggravation de l'état de santé du chef de l'Etat, on assiste à une revanche du Chadlisme où le "système" alors à son apogée pouvait quasiment se passer d'un Président-fainéant, occupé à ses menues satisfactions. Avec alors, comme aujourd'hui, "des profiteurs au sommet, cependant tenus en laisse par la Sécurité militaire.

Mais l'histoire ne se répète pas, sinon sous la forme de farce. Car, si l'on veut revenir à ces temps bénis du systèmisme triomphant, il faudrait restituer au DRS son hégémonie sur l'Etat et sur les clans-conglomérats. Tout cela à l'écart du peuple. Ce n'est plus possible.

Les temps changent et avec eux les Algériens ordinaires qui pensent à d'autres ambitions pour le redressement de leur pays que de remplacer Bouteflika par d'anciens Premiers ministres sur le retour. Il faut de nouvelles règles pour faire fonctionner l'Etat de droit algérien libéré de l'étreinte du business et du poison de la fitna.

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