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Publié par Saoudi Abdelaziz

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"Nous prenons à témoins nos compatriotes qu’un parti politique engagé pour la construction démocratique d’un état de droit n’a pas  vocation à jouer au pompier pour les incendies qu’allume un pouvoir que l’histoire a déjà condamné. Notre combat est celui de la construction d’un consensus national pour une sortie pacifique et ordonnée de la crise. Nous allons continuer à le porter. Mais tout le monde doit savoir que désormais le temps est compté pour le pays. La crise a trop duré. A chacun de prendre ses responsabilités".

Une déclaration de Mohamed Nebbou Nebbou, responsable du FFS

Nous traversons, nous algériens, et notre seul pays, l’Algérie, des moments particulièrement pénibles.

Des rives de la Méditerranée aux confins du Sahara, chaque jour des algériens se lèvent et protestent contre leurs conditions de vie. Contre la pauvreté, contre le chômage, contre la hogra, contre l’absence de justice, contre la corruption, contre le mépris. Parfois ces protestations font la une des médias, parfois elles ne font que quelques lignes, parfois elles ne sont même pas signalées.

Indice particulièrement alarmant, la colère oppose de plus en plus souvent des algériens entre eux,  au point de remettre en cause des siècles de vivre ensemble. Au point que des militaires sont nécessaires aujourd’hui, comme à Ghardaia, pour veiller à ce que des algériens se réclamant de communautés différentes ne s’entretuent pas ! Cette situation inacceptable ne trouble pourtant pas le sommeil du gouvernement ni la prospérité de nos hommes d’affaires.

Cette banalisation des troubles, des violences, des intolérances doit nous interpeller au plus haut point. Elle est l’indice que les pouvoirs publics et les élites dirigeantes ne sont plus en mesure d’apporter les solutions aux dysfonctionnements sociaux.

Cette situation est l’indice d’une crise politique majeure.nAucun pays au monde ne peut assurer sa sécurité seulement en faisant appel à l’armée pour éteindre les incendies ! Nous tous, tous les algériens souffrons de l’état dans lequel se trouve notre pays. Un pays dont la révolution a fait l’admiration des peuples du monde. Mais l’Algérie d’aujourd’hui quand elle fait la une des médias c’est à cause des scandales de corruption ! Et cela dure depuis des années. Après avoir fait la Une des médias du monde entier à cause du terrorisme et des violences pendant la décennie 90.

Jusqu’où les autorités du pays pensent-elles aller à ce rythme ? Jusqu’à quand allons- nous continuer à ouvrir le journal du matin sur un scandale et celui du soir sur un scandale plus grand ? Notre pays dont la libération a coûté si cher, un prix payé par le peuple algérien tout au long de la colonisation puis pendant la guerre de libération nationale. Ce pays admirable est en train d’être gangrené de l’intérieur. Par la banalisation du crime et du scandale. Il y a une génération d’algériens qui ne connait de son pays qu’une succession de violences et de scandales ! Ce pays de 40 millions d’hommes et de femmes est aujourd’hui livré en pâture à l’incompétence, à la gabegie, à la corruption, à la dilapidation de ses richesses matérielles et violemment attaqué dans ses richesses morales et symboliques.

 Cette crise est une crise politique et morale d’abord. Crise économique, sociale et culturelle ensuite. C’est la crise politique et morale qui a généré la dictature, le mépris, le clientélisme, la corruption, la criminalité sous toutes ses formes. Quand la corruption et la gabegie se chiffrent en milliards de dollars chaque année c’est d’abord un problème politique !!

Quand le citoyen est agressé quotidiennement par des scandales de corruption et que Rien n’est fait pour mettre un terme de manière RADICALE à ces crimes économiques ce n’est pas un problème d’autonomie de la justice qui est posé, c’est l’existence même de l’état qui remise en cause !

La banalisation des crimes économiques est un problème politique majeur ! C’est une agression majeure d’abord contre l’Etat et ses institutions, une agression exécutée par des forces agissant à partir des institutions contre les institutions ! C’est dans ce contexte de déliquescence générale qu’il faut replacer l’apparition d’un mouvement séparatiste en Kabylie. C’est un mouvement jusque là minoritaire, mais la déliquescence de l’Etat, l’absence de projet de développement, l’obstruction des perspectives d’avenir pour une jeunesse privée du droit au travail, à l’exercice de ses libertés, à son épanouissement social, politique et culturel…

Toutes ces raisons poussent les jeunes de Kabylie à protester et à reprendre des mots d’ordre séparatistes qui faisait rire les gens il ya quelques temps.

Au FFS, notre combat et notre attachement à L’UNITE NATIONALE et à l’intégrité territoriale de l’Algérie sont indéfectibles. Ils sont étroitement liés à notre identité politique tout comme notre engagement pour Tamazight et les autres composantes de la personnalité Algérienne et de l’identité nationale. 

Tous les gens sérieux savent que la revendication de Tamazight est indissociable de la démocratie. Tamazigh est inconcevable sans la liberté. Et la liberté comme la démocratie est NATIONALE. La colère et le désarroi des jeunes de Kabylie sont semblables à ceux des jeunes de toutes les régions d’Algérie. On ne peut pas imaginer le destin et l’avenir de la Kabylie en dehors du destin national commun de toute l’Algérie. Le destin de la Kabylie est lié au destin de toutes les régions d’Algérie.

Certains intérêts particuliers entendent instrumentaliser la région et la colère légitime de la jeunesse pour se replacer sur la scène politique. Au sein du pouvoir il y a des forces qui poussent au pourrissement, qui multiplient les provocations et qui ne savent gérer les problèmes qu’avec la répression.

Il ya aussi une jonction qui se fait, sur le dos de la jeunesse, entre des intérêts particuliers qui ont définitivement rompu avec le sens de l’intérêt national et qui travaillent au démantèlement de l’Etat qu’ils ont participé à dépouiller.

Il n’existe pas de patriotisme là où prolifère la corruption à grande échelle. Ceux qui ont volé des milliards sont prêts à pousser les algériens à s’entretuer pour faire oublier leurs crimes. Il suffit de regarder bruler des pays entiers pour voir où des pouvoirs incompétents et corrompus peuvent conduire leur pays. 

Cela fait des années que nous proposons au pouvoir d’ouvrir un processus de sortie de crise AVEC les algériens, en s’appuyant sur ce que ce peuple généreux et imaginatif peut donner de plus positif ! Cela fait des années que nous disons au pouvoir : N’ayez pas peur de votre peuple ! Allons vers la construction d’un consensus national qui redonne un nouveau souffle à cette Algérie meurtrie ! Nous allons continuer à faire le tour du pays, commune par commune s’il le faut, pour parler avec nos compatriotes, entendre d’eux ce qu’ils ont à nous dire et partager avec eux nos craintes et nos espoirs.

Mais, nous prenons à témoins nos compatriotes qu’un parti politique engagé pour la construction démocratique d’un état de droit n’a pas  vocation à jouer au pompier pour les incendies qu’allume un pouvoir que l’histoire a déjà condamné. Notre combat est celui de la construction d’un consensus national pour une sortie pacifique et ordonnée de la crise. Nous allons continuer à le porter. Mais tout le monde doit savoir que désormais le temps est compté pour le pays. La crise a trop duré. A chacun de prendre ses responsabilités.

* Prononcée à Oum-El-Bouaghi, à l’occasion de la célébration du 36éme anniversaire du printemps amazigh .

Source : http://www.ffs-dz.net

 

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Safiya 24/04/2016 23:13

On ne peut qu'approuver cette déclaration... Quant à ceux et celles qui ont répondu à l'appel du MAK et à celui du RCD, l'ont-ils fait parce qu'ils-elles adhèrent aux thèses des partis sus-cités ou par réaction aux "autorités" qui s'en sont mêlées allant jusqu'à leur demander de ne pas marcher ? Le doute, pour moi, restera.