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Publié par Saoudi Abdelaziz

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"En effet, plusieurs exemples attestent des profonds effets négatifs de la chute de toutes les barrières de protection contre des économies fortes, voraces conduisant à la disparition pure et simple des acteurs économiques nationaux". 

Par Massi M., 13 mars 2016

Les États-Unis ont une nouvelle fois exprimé leur volonté de "soutenir l’Algérie" dans son processus d’adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Quelles sont les dangers auxquels fera face l’Algérie, si le processus venait à aboutir?    

Le secrétaire général du ministère du Commerce, M. Noureddine Zaït, s’est officiellement exprimé à ce sujet, en marge de la 4ème session des discussions algéro-américaines sur l’Accord-cadre sur le commerce et l’investissement (Tifa) tenues à Washington, pour dire que la partie algérienne “a eu un engagement de la partie américaine traduit par un appui et une assistance lors des négociations “.

Il a également fait savoir que l’Algérie avait reçu plus d’une centaine de questions de la part des États-Unis dans le cadre des négociations sur l’accord commercial bilatéral lié au processus d’accession à l’OMC, ajoutant que les réponses à ces questions ont été finalisées.

Une centaine de questions concernant essentiellement des dossiers tels que les interdictions d’importation, notamment des médicaments, ont été adressées aux négociateurs algériens. Les Américains considèrent les mesures prises par notre gouvernement comme étant contraires aux principes du libre-échange, ce à quoi la partie algérienne a répondu en évoquant les impératifs de protection d’une industrie pharmaceutique naissante et encore fragile. Ces arguments n’ont évidemment pas su convaincre la délégation américaine.

Plusieurs autres dossiers, notamment ceux liés à la propriété intellectuelle, ont été au centre des débats, des dossiers marqués par un profond désaccord entre les deux parties, des différends que les USA comptent différer le règlement à une date ultérieure témoignant par là même de l’intérêt porté par les Américains à l’adhésion de l’Algérie à cette organisation. Reste à savoir si l’Algérie va être à la hauteur des enjeux de cette adhésion.

On s’interroge souvent sur le bien-fondé d’une telle démarche, sachant pertinemment que l’économie algérienne est marquée par une totale dépendance des exportations d’hydrocarbures.

En plus d’être une démarche qui s’inscrit sous le signe de l’ouverture vers les autres économies, l’accession à l’OMC est un acte politique. Pour faire partie de “ce club”, «l’Algérie doit satisfaire un cahier des charges qui ne laisse rien au hasard : ouverture totale du marché, mise à niveau effective et non-politicienne de toute la réglementation juridique et administrative. En un mot, soumettre l’économie à la loi des marchés et non à celle des droits humains », écrivait l’ancien professeur de droit, conseiller senior auprès de la Banque Mondiale, M. Mohammed Abdelwahab Bekhechi, dans l’un de ses mémos consacré à ce sujet.

Le choc avec la dynamique concurrentielle de la mondialisation à travers la mise aux normes multilatérales conduirait des économies fragiles, telle que la notre, à une déstructuration du système productif cette thèse n’est pas une supposition non vérifiée, mais une affirmation et un fait.

En effet, plusieurs exemples attestent des profonds effets négatifs de la chute de toutes les barrières de protection contre des économies fortes, voraces conduisant à la disparition pure et simple des acteurs économiques nationaux. Autrement dit, l’intensification de la concurrence internationale est susceptible d’avoir des effets irréversibles en dynamique sur le tissu industriel national.

Dans l’état actuel, une ouverture totale ne profitera nullement à l’économie nationale qui est à un état embryonnaire. La dépendance au pétrole a fait de nous une société consommatrice. L’adhésion à l’OMC ne fera qu’accentuer cet état de fait en absence d’une vraie réforme de l’économie basée sur une stratégie économique adaptée aux attributs et aux atouts de notre pays.

Source: Algérie-focus

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