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Publié par Saoudi Abdelaziz

Chawki Amari. Photo DR

Chawki Amari. Photo DR

C'est la question que pose ce matin Chawki Amari, le chroniqueur d'El Watan. En effet, après celle d'Arzew, c'est l'unité d'ammoniac Fertial de Annaba qui ferme pour absence d'autorisation d'exportation. Le chroniqueur Chawki Amari essaie de pénétrer ce nouveau sécret du système algérien.

Les nouveaux dieux de l’ammoniac

Par Chawki Amari, 29 mars 2016

Il y a quelque temps, l’usine Fertial d’Arzew qui produit de l’ammoniac fermait pour absence d’autorisation d’exportation. La suite est arrivée, c’est au tour de l’usine Fertial de Annaba de fermer pour la même raison absurde, alors que la société n’est pas en difficulté et gagne suffisamment d’argent pour dégager des bénéfices et faire vivre ses 1300 employés. Mais doit faire face à des baisses de livraison de méthane à bas prix et des capacités de stockage saturées par une production qui ne s’écoule pas.

Occasion pour rappeler ce qu’est l’ammoniac, du NH3 utilisé pour la fabrication d’engrais, le terme lui-même venant d’Ammon, divinité d'où est tirée la racine amn (aman, iman, amin), l’antique dieu des dieux libyques et égyptiens à tête de bélier, d’où provient d’ailleurs le sacrifice de cet animal. L’ammoniac représente donc ces sels recueillis autour du temple d’Ammon, autrefois centre religieux de l’oasis berbérophone de Siwa dans l’Ouest égyptien.

Pour revenir à l’Algérie, pourquoi fermer Fertial ? L’inspecteur Colombo aurait d’abord noté qu’Ammon signifie «le caché» en égyptien ancien. Il aurait ensuite immédiatement vérifié qui est le producteur, en gros qui est le nouveau dieu de l’ammoniac. Car ce domaine est très complexe, en dehors de Fertial qui détenait une grosse part de marché, d’autres contrats ont été signés sous l’ère de Chakib Khelil avec des sociétés égyptiennes et omanaises pour produire de l’ammoniac, et même la fameuse Saïpem a été choisie pour exporter les stocks. Pourquoi pas, puisque les ventes à l’étranger ont doublé depuis. Sauf qu’en 2014, KBR, ex-partenaire de Sonatrach à travers la sulfureuse BRC, avait obtenu un juteux contrat de modernisation sur 10 ans des usines Fertial, dont Sonatrach est d’ailleurs actionnaire.

Pourquoi investir dans des usines pour les fermer ? Un mystère que seul Ammon, «le caché», dévoilera peut-être.

Source : El Watan

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Djamal Amran 29/03/2016 13:51

Un ministre de l'industrie qui refuse de signer l'autorisation d'exporter l'ammoniac produit par une société dont l'état détient une partie du capital à travers SH, cela a quel sens si ce n'est que le gouvernement travaille contre les intérêts de l'état, que les détenteurs du pouvoir n'hésiterons pas à ruiner complètement l'Algérie pour favoriser leurs généreux amis étrangers. Si ce n'est pas de la trahison, de la haute trahison !...