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Publié par Saoudi Abdelaziz

John R. MacArthur, président et éditeur du Harper’s Magazine. Photo DR

John R. MacArthur, président et éditeur du Harper’s Magazine. Photo DR

Qu'y a-t-il de commun entre François Hollande et Georges Bush? Ce sont tous deux des "petits hommes" aspirant à la grandeur, selon John R. MacArthur qui explique aussi pourquoi le New-York Times s'est subitement décidé à faire feu de tout bois contre le candidat de gauche: "Sanders est un virus ; le couple clinton est le système immunitaire du parti démocrate et des médias conformistes". John R. MacArthur*, président et éditeur du célèbre Harper’s Magazine, y publie une chronique le premier lundi du mois.

Les tentations de Hollande

 MacArthur lui consacre sa chronique de février intitulée "La guerre du président". Extraits:

"En tant que citoyen binational de la France et des États-Unis, je suis offensé par le projet français de révision constitutionnelle sur la déchéance de nationalité (bien que le dernier texte présenté promeuve l’illusion que les binationaux ne sont pas ciblés). Non, je n’ai pas de sympathie pour les terroristes condamnés. Mais, en quelque sorte, peut-être en ai-je encore moins pour les hypocrites de mon milieu cosmopolite intello de gauche, comme le président François Hollande".

MacArthur compare les personnalités de Hollande et Bush :

"Comme Hollande auparavant, Bush avant l’attaque sur les tours jumelles était plutôt considéré comme bon enfant, un homme gentil, loin d’être agressif. Au moment des attentats du 11-Septembre, il lisait The Pet Goat à de jeunes écoliers. Mais poussé par Dick Cheney et d’autres hommes violents, Bush fut emporté par son amour-propre, jusqu’à croire à son image de défenseur de la civilisation. Cela a permis des actes barbares — à Guantánamo, dans la prison d’Abou Ghraïb, et dans les sites noirs de la CIA. Pense-t-on vraiment que Hollande, encouragé par Manuel Valls (« la sécurité est la première des libertés »), ne pourrait pas être séduit par les mêmes tentations ? (...). Qu’est-ce qui va suivre ? Les petits hommes peuvent soudainement se croire très grands. "

Le New York Times  terrifié par le "virus"

En mars, c'est le New-York Times qui intéresse le féroce John R. MacArthur, dans une chronique intitulée "Virus". Il commente le retournement du New-York Times contre Bernie Sanders le candidat de "gauche", jugé "rafraichissant" dans un premier temps : "Peut-être était-il trop menaçant, notre Bernie si poli, si sincère, surtout après sa victoire écrasante sur Hillary dans le New Hampshire", explique-t-il en ajoutant: "Sanders est un virus ; le couple Clinton est le système immunitaire du Parti démocrate et des médias conformistes". Extrait:

"Après la victoire serrée de Clinton dans les caucus du Nevada, la rédaction du Times s’est montrée beaucoup plus que satisfaite, voire joyeuse. « Soulevée par l’appui enthousiaste des électeurs des minorités et les ouvriers des casinos, Hillary Clinton a vaincu le sénateur Bernie Sanders… contrecarrant son élan et prouvant au Parti démocrate anxieux qu’elle pouvait rassembler une grande coalition qui la porterait à l’élection générale. »

Dans cette coalition, on retrouvait un groupe baptisé « Hookers 4 Hillary », dont 500 ouvriers de l’industrie du sexe basés à Carson City. L’aspect cocasse du ralliement de ce groupe au couple Clinton — lequel, il y a longtemps, s’est carrément vendu aux pouvoirs financiers de New York, Los Angeles, Chicago (et Las Vegas) — aura échappé au Times.

 « L’équipe de Mme Clinton, rapporta le journal, a poussé un soupir de soulagement. » En fait, c’est au quartier général du Times, dans la 8e avenue de Manhattan (ainsi que dans la rue K de Washington, demeure du pouvoir non élu de la capitale) que l’on put entendre de véritables soupirs de soulagement. Le statu quo de Wall Street était préservé ; le consensus militariste sur la politique étrangère, protégé ; les pots-de-vin et la corruption du congrès, sécurisés. Soulagement d’une oligarchie qui rejette toute réforme et tous les réformateurs comme s’ils étaient des virus. Sanders est un virus ; le couple Clinton est le système immunitaire du Parti démocrate et des médias conformistes".

Les chroniques de MacArthur sont publiées chaque mois en Français par Le Devoir-Canada

 

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