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Publié par Saoudi Abdelaziz

" Si l’anti-impérialisme se définit comme la volonté de réduire la puissance des Etats-Unis, alors les BRICS représentent sans nul doute une force anti-impérialiste" C'est ce qu'écrivait le chercheur américain Immanuel Wallerstein, en 2013, dans un article intitulé A qui servent les Brics. Mais, prudemment, le sociologue de la longue durée concluait: "La crise structurelle du système-monde évolue trop vite, et de façon trop incertaine, pour garantir une stabilité relative suffisante permettant aux BRICS de continuer de jouer un rôle particulier, tant sur le plan géopolitique qu’économique. Comme le concept de mondialisation lui-même, les BRICS pourraient en définitive se révéler n’être qu’un phénomène passager".

Trois années plus tard sous le titre  Les BRICS : une fable de notre temps, le chercheur américain analyse pays par pays les raisons pour lesquelles "dans les années 2010, la puissance économique des BRICS connut un décrochage brutal. Non pas que les pays du G7 aient repris l’avantage en termes de croissance : c’est bien les performances des BRICS qui étaient en recul. Leur élan semblait brisé". La chercheur américain conclut ainsi sa nécrologie : "Quant aux aspirations géopolitiques des BRICS, qui peut dire ce qu’il en reste ?". N'est-ce pas une conclusion hâtive pour un sociologue de la longue durée.

La filiation progressiste américaine

Ce désenchantement à l'égard des Brics n'est-il pas un peu outré? Est-il une réaction de préférence progressiste nationale au moment où émerge la nouvelle espérance américaine, révélée notamment par l'accueil des électeurs américains, notamment des jeunes, réservé à la candidature du vieux Bernie Sander, qui se démarque nettement de l'establishment sur presque tous les sujets cruciaux : salaires, enseignement, santé, système carcéral, et hier production du gaz de schiste.

Les Etats-Unis, siège de l'Empire, abritera-t-il le nouveau pôle mondial du progressisme. De nombreux progressistes américains semblent tendue vers l'émergence de cette tendance, dans laquelle semble s'inscrire "L'Invasion américaine", le récent documentaire de Michael Moore, présentant son pays, vu de l'étranger, comme le berceau des grandes idées progressistes auxquelles l'Amérique a ensuite tourné le dos : travail des enfants, durée du travail, rôle du mouvement syndical, système carcéral, éducation et protection sociale. Et même la célébration la journée du travail du 1er mai : «Le point de départ dit-il en est la manifestation de Haymarket Square à Chicago en 1886! Ce sont les syndicats américains qui se sont battus contre le travail des enfants, pour la journée de huit heures. Il s’agit d’idéaux américains initiés par un philosophe allemand, dont le nom commence par un “M” [Karl Marx, ndlr], d’idéaux défendus par les syndicats américains. Les Européens ont ensuite repris ces concepts.»

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