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Publié par Saoudi Abdelaziz

Rassemblement, consensus, et même "front intérieur". Lorsque les choses se gâtent dans notre environnement international, la classe politique remet à la mode la référence unitaire. Les politiciens savent que derrière les atavismes schismatiques du tempérament algérien, la pulsion unitaire reste dominante. Quelques bonnes paroles patriotiques et ils continuent à s'étriper.

Apartheid politique

Qui souffre d'apartheid en Algérie? la population ou la classe politique qui parle en son nom? Dans une tribune parue il y a deux ans, le député FFS de Béjaïa Arezki Derguini écrivait : "La population n'a pas confiance en ses partis politiques parce qu'ils n'ont pas partagé ses croyances ordinaires. Parce que leurs visions et leurs divisions sont allogènes. Parce que les partis et les élites ne partagent pas les croyances ordinaires des gens, ne travaillent pas sur elles, ils ne peuvent les transformer, et de ce fait, leur développement a été séparé. Ils n'ont donc pas accès à leur expérience ordinaire, à leurs croyances, à leurs attentes et ne peuvent les transformer".

Actuellement, la population ordinaire s'efforce de faire le tri entre la sincérité et la duplicité des uns et des autres. Le besoin de sauvegarde de l'Etat algérien sera sans doute le premier critère d'appréciation à l'égard des partis et forces politiques, car l'exigence concrète venue à maturité, c'est le respect par l'Etat de la décence commune lorsqu'il traite les intérêts des uns et des autres.

Stratégies du choc

Pour l'observateur, la classe politique semble être mue par des ressorts obscurs, masquant des motivations inaccessibles, comme si elles relevaient d'une sorte de culture séparée. Une évidence : dans le pouvoir comme dans l'opposition, les paroles les plus hostiles à un consensus national de longue durée semblent les plus médiatisées.

On a l'impression que deux stratégies du choc s'affrontent. Saadani et Benflis préconisent dans leurs "camps" respectifs la surenchère hégémoniste sans concession. Ils secrétent délibérément dans le paysage politique le venin du tout ou rien. Pourtant, dans ces deux "camps", on enregistre des voix contestant ces lignes qui ne mènent qu'à l'impasse nationale. Programmer "l'après Bouteflika" comme une épreuve de force dans le système semble être le moteur de ces stratégies. Avec les conglomérats économiques nationaux et les soutiens extérieurs qui vont avec.

C'est la pulsion de sauvegarde nationale qui a permis à notre pays de sortir de l'ornière de la fitna. Par quels mécanismes complexes cet instinct de survie a-t-il pu s'imposer, et comment s'imposera-t-il de nouveau? Affaire à suivre...

POST-SCRIPTUM

"L'Algérie va plus loin"

(...) Si dans une dictature on poursuit les opposants et militants, l’Algérie va plus loin, puisque ce sont les défenseurs des militants et des opposants eux-mêmes qui sont poursuivis, à l’image de toutes les ligues et associations des droits de l’homme, premières cibles du régime. Mais pour ne prendre qu’un seul exemple, que pense le nouveau directeur des libertés de la condamnation à des peines de prison ferme pour des membres du Comité national de défense des droits des chômeurs à Tamanrasset, Batna, Oum El Bouaghi, Tébessa, Ouargla et Laghouat, pour avoir exercé leur droit de manifester pacifiquement comme  reconnu dans la Constitution ? On ne sait pas, mais selon des indiscrétions, le directeur des libertés n’aurait pas la liberté de s’exprimer sur ce sujet. Chawki Amari

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