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Publié par Saoudi Abdelaziz

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L'actuel Code du travail est mis aux oubliettes. Mais aussi la nouvelle Constitution. Sidi Saïd, responsable de l'UGTA et les organisations patronales ont signé une "convention" pour l'installation, dans le secteur privé, de syndicats, dont  les "droits et devoirs" sont définis. Quel est le contenu exact de cette "convention" de toute évidence anticonstitutionnelle. Une sorte de loi organique de statut privé?

Certe, les syndicats et les organisations patronales peuvent doivent encourager l'adoption de conventions collectives, régissant dans les branches et les entreprises les grilles de salaires et autres rémunérationsainsi que les conditions spécifiques de travail. Mais elles n'ont pas la prérogatives de codifier globalement "les droits et devoirs des syndicats", qui relèvent de llibertés citoyennes codifiées par la Constitution et le Code du travail. De surcroît, l'unicité de représentation syndicale par l'UGTA n'est pas reconnue dans textes fondamentaux.

Le patronat veut contrôler la syndicalisation devenue ineluctable dans la période actuelle marquée par la montée inévitable des revendications salariales et de respect de la dignité. Le patronat veut utiliser l'administration de l'UGTA pour encadrer et museler l'action syndicale, tandis que Sidi Saïd veut couper la route aux tendances internes dans l'UGTA et aux syndicats concurrents hostiles à la ligne attentiste de "paix sociale" qui est la mission que lui a confiée le régime.

Mais, la vie fera sans doute que les résultats ce calcul seront contraires au but recherché. Un politologue affirme par ailleurs: "le puissant sentiment de justice" qui anime les Algériens empêche "la mainmise totale de l'argent" sur le pays.

 

Sidi Saïd chargé de la police sociale dans le secteur privé?

Le Code du travail imposant les libertés syndicales n'est pas encore appliquée dans la pluparts des grandes entreprises privées. La centrale syndicale ne s'est jamais vraiment préoccupé d'aider les salariés du secteur privé livré à l'arbitraire patronal. Sidi Saïd a annoncé triomphalement hier : «je saisis cette journée mémorable pour annoncer devant vous la signature prochaine d'une convention avec les organisations patronales consacrant les droits, les devoirs et la représentation syndicale des travailleurs salariés dans le secteur économique privé». Ce droit est déjà consacré dans le Code du travail et la jurisprudence. Que cache cette convention?  L'extension au secteur privé du rôle de police de la paix sociale contre le droit de grève, substituant à l'inévitable lutte des classes, ce que Sidi Saïd appelle "l'harmonie entre l'économique et le social»?
 

"Force pensée égalitaire" contre "main mise de l'argent"

"Il ne faudrait pas s'y tromper. L'Algérie est habitée par une forte pensée égalitaire. Héritage du mouvement national, ce puissant sentiment de justice joue un rôle central dans les rapports politiques et sociaux. Certes, il génère rente et assistanat, mais il est là. Vouloir passer outre, c'est mener délibérément le pays à l'affrontement. 

Ceci explique, au moins, en partie, l'incapacité de l'argent à asseoir une mainmise totale sur le pays. Il recherche donc, continuellement, des alliances pour s'imposer. Il est prêt à accepter la couverture d'un système autoritaire, peu importe qu'il porte képi ou barbe-kamis. 

Mais là, encore, ce ne serait qu'illusion. Un système autoritaire, quel que soit son habit, ne peut tenir le pays. Il ne constituera qu'une étape vers autre chose. Vers le pire : ce sera la meilleure passerelle vers le système de tribus, alors qu'il semble si facile d'emprunter d'autres chemins, pour construire un système dont tout le monde rêve."
 Abed Charef 

POST-SCRIPTUM

Kamel Daoud doit continuer à faire du  (vrai) journaliste 

"Après la polémique engendrée par son article à propos des agressions de femmes à Cologne, Kamel Daoud vient d'annoncer qu'il se retire du débat public et qu'il envisage d'abandonner le journalisme. Je n'entrerai pas dans la discussion à propos du papier incriminé même si je tiens à préciser qu'il ne m'a guère convaincu et qu'il a même généré un malaise certain. Il se trouve que des universitaires et des chercheurs ont pris la plume (ou le clavier) et mis en cause l'article de Daoud. C'est leur droit le plus absolu. Leurs arguments peuvent être acceptés ou rejetés mais il ne s'agit en aucun cas d'une « opinion » ou d'un « trollage ». Autrement dit, leur texte est le bienvenu parce qu'il alimente le débat. Parce qu'il ne se nourrit pas des anathèmes habituels que véhiculent les trolls et les experts autoproclamés. 

Ces experts, osons le mot, ont le droit de réagir au texte de Kamel Daoud et de le « challenger ». A lui de répondre (ce qu'il a fait) ou pas. Mais décider de se retirer du débat public, en partie à cause de cette réaction écrite, ne me semble pas être la bonne chose. Il faudrait pouvoir continuer à débattre quitte à voir son aura être écornée. On ne peut pas plaire à tout le monde. On ne peut pas être applaudi par tous. Mieux, si l'on est célébré « ici », il faut s'attendre à être déboulonné « là-bas ». C'est la règle du jeu : qui écrit, s'expose. Ou, plus exactement : qui écrit, doit accepter de s'exposer à ses pairs.

Mais je peux comprendre la réaction de mon confrère. Il dit qu'il abandonne le journalisme. Je l'inciterai plutôt à faire le contraire. A pencher vers le « vrai » ou « un autre » journalisme. Autrement dit à prendre le temps d'aller à la rencontre des gens, d'enquêter et de restituer un rendu qui ira au-delà de ses propres convictions. Akram Belkaïd

 

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