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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le général Benhadid, avril 2014. Photo DR

Le général Benhadid, avril 2014. Photo DR

Le général à la retraite actuellement sous les verrous affirme aujourd'hui : "Je ne suis pas un putchiste". Le blog met en ligne le long texte publié dans les médias, avant la dernière élection présidentielle, dont il demandait l'annulation.

Après avoir exposé longuement un diagnostic sans appel de la situation du pays, il expose une "feuille de route", prévoyant l'élection d'une Constituante au bout de 24 mois d'une transition, avec "Liamine Zeroual, qui aura à charge d’assurer l’intérim à la tête de l’Etat", assisté d'un "Haut Comité pour la Transition". Le général à la retraite explique " le garant de cette feuille de route". ce sont les "institutions sécuritaires tous corps confondus et à leurs tête l’Armée nationale populaire." "C'est elle qui doit trancher" répétera-t-il.

 

EXTRAITS

(...)  Les attaques subies par notre armée ne sont en réalité qu’une stratégie machiavélique pour faire écarter l’armée du champ politique au profit de la maffia politico-financière.

On ne comprend pas pourquoi ils veulent tenir l’armée à l’écart, dans la zone d’ombre, d’où elle n’émerge qu’à l’heure du danger. Par ces attaques frontales, ils veulent influencer l’opinion nationale et internationale à ne reconnaître l’armée qu’en tant qu’ultime recours, autant d’influences qui ont engagé, malheureusement, intellectuels, simple citoyen et même quelques «personnalités» dans la voie de la négativité, du déni de réalité à l’armée et de l’hostilité larvée. Nous ne pouvons nier par contre qu’à travers les attaques dûment médiatisées et planifiées que notre armée se trouve coincée, voire piégée.

Dans les pays qui se respectent et économiquement avancés d’Europe et d’Amérique du Nord, la place privilégiée de l’armée et de son rôle dans le développement sociopolitique et économique est sans équivoque et ne prête à aucune confusion. Dans notre pays, la confusion est totale : au lieu d’incriminer l’institution militaire, au lieu de la marginaliser et  de voir en elle que  ce corps intrus dans le monde politique, il faut, au  contraire, voir cette institution sous un autre angle. 

Posons-nous les questions suivantes : la violence armée est-elle le propre de l’armée ou la caractéristique spécifique de l’appareil de l’Etat ? Est-il possible de concevoir l’actualisation d’un objectif social de quelque importance en dehors de la  mise en œuvre de la violence organisée et rationnelle, c’est-à-dire le maintien de l’ordre ?Il serait erroné de notre part de pouvoir répondre à ces questions. Nous laisserons le soin au peuple d’en décider, d’ouvrir le débat sur cette problématique qui, sous d’autres cieux, ne se pose même pas

Les propos tenus par le premier responsable de l’institution militaire concernant l’élection présidentielle nous révèlent l’hésitation de cette institution quant à son implication directe dans le champ politique. Il serait juste, à notre avis, que ce responsable se montre direct et ferme voire menaçant envers toutes les institutions responsables des futures élections. Il faudrait que ces dernières sachent que l’institution militaire est là et gare à celui qui piétine les lois de la République. Le peuple doute et reste méfiant vis-à-vis de l’armée. Il appartient à l’institution militaire de se monter plus convaincante quant à sa neutralité, plus persuasive et menaçante envers les institutions responsables de l’organisation des élections. Il appartient à l’institution militaire de mettre tout le monde en garde en organisant une conférence de presse en présence de la presse nationale et internationale et pas à coups de communiqués. Car il y va de sa crédibilité en ce moment de doute et de polémique.

Au moment où existe une polémique sur le rôle des forces de sécurité en Algérie préjudiciable au pays, la région euro-méditerranéenne et euro-africaine connaît des bouleversements géostratégiques avec des conflits aux portes de l’Algérie. La sécurité, fondement du développement de l’Algérie, est posée et devrait dépasser les conflits de personnes pour la distribution de la rente et privilégier uniquement les intérêts supérieurs du pays. C’est que les menaces qui pèsent sur les peuples et leurs Etats et les défis collectifs qui leur sont lancés doivent amener l’Algérie à se doter d’une politique de défense, d’une politique extérieure et d’une politique socio-économique globale afin de répondre aux nouveaux enjeux. Dans tout appareil d’Etat, l’armée est bien l’institution dont l’étude et la compréhension relèvent par excellence de l’analyse géopolitique, c’est-à-dire de la démarche qui permet de mieux comprendre les rivalités des pouvoirs sur des territoires.

C’est en effet principalement par leurs armées que les Etats se disputent des contrées ou exercent leur domination à l’extérieur de leurs frontières. Quant à la nation, c’est une idée fondamentalement géopolitique. Cette idée se transforme en fonction des changements géopolitiques et il en est de même pour les rapports de l’armée et de la nation.

L’Algérie se trouve ceinturée de toute part et vit une grande tension géopolitique sur ses frontières où se développent des mouvements intégristes islamistes et des maffias de la drogue et des trafics en tout genre qui prétendent imposer de gré ou de force leur autorité et leurs visées géopolitiques à l’ensemble des Etats du Nord africain et dans tout le Sahel. Il en résulte que le Grand Maghreb et tout particulièrement l’Algérie se trouvent désormais confrontés à des risques graves. Les problèmes de défense se posent en termes absolument nouveaux dans la mesure où il s’agit de combattre des réseaux terroristes qui s’infiltrent insidieusement à travers nos frontières pour faire imploser le pays.

L’évolution de la situation sécuritaire à nos frontières et celle qui prévaut à l’intérieur peuvent conduire l’armée à devoir s’impliquer davantage dans le guêpier des élections, à devoir faire face seule à une puissance intégriste, la maffia politico-financière et surtout l’armée marocaine qui  pourrait prendre à tout moment le contrôle du Sud  et de la façade Ouest et Sud-Ouest. L’Algérie serait alors une des plus exposées et elle n’est pas certaine qu’elle puisse alors compter sur sa cohésion interne ni sur ses partenaires. Avec la crise économique mondiale, aucune assistance ne nous est possible. Il ne faut compter que sur soi-même.

Conclusion :

Précisons enfin que cette phase de transition devra intervenir après le 17 avril et en cas de passage en force du 4e mandat de Abdelaziz Bouteflika. Aujourd’hui, face à ce danger externe et à ce rendez-vous déterminant pour l’avenir de la nation, la présidentielle, l’armée reste encore une fois malgré elle l’arbitre ultime, elle est mise devant ses responsabilités.

La grande muette, comme on l’a toujours qualifiée, devant l’immense danger d’éclatement qui guette aujourd’hui l’Algérie ne peut plus rester muette. C’est elle qui doit trancher. Pourquoi ? Pour éviter de laisser la gangrène qui ronge tous les rouages de l’Etat ne la contamine. L’armée doit rester au-dessus de la mêlée et imposer le seul choix viable pour la pérennité de la nation : la voie de la démocratie et non la pérennisation d’un système qui est en train de mener le pays à sa perte. C’est l’armée qui a fait venir le président Bouteflika. Aujourd’hui, devant l’entêtement de ce dernier et son groupe des «07» à vouloir briguer un quatrième mandat à l’encontre de tout bon sens, c’est donc à l’armée d’ assurer d’une manière directe le bon déroulement des élections et d’assurer la transparence et surtout la neutralité de toutes les institutions avant, pendant et après les élections. L’Armée et le Peuple devront réussir ce rendez-vous et que le(a) meilleur(e) gagne. 
Texte intégral:
El Watan.com
 

 

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