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Publié par Saoudi Abdelaziz

Mahrez Bouiche, enseignant à la Faculté des sciences humaines et sociales de l’université Abderrahmane MIRA Bejaia, Photo DR.

Mahrez Bouiche, enseignant à la Faculté des sciences humaines et sociales de l’université Abderrahmane MIRA Bejaia, Photo DR.

Les Algériens sont-ils génétiquement allergiques à la politique, c'est à dire aux débats et aux décisions qui touchent au fonctionnement de la société à tous les niveaux? L'universitaire Mahrez Bouiche, qui enseigne la philosophie politique à l'université de Béjaïa, commente une enquête de l'institut Arab Barometer, indiquant une forte désaffection des Algériens vis-à-vis de la vie politique, notamment des partis. Il a une approche très nuancée. Quelles sont les causes de ce phénomène? Extraits:

«la question de l'ancrage social des partis politiques demeure la question énigmatique de l'équation politique algérienne. La classe politique algérienne n'a pas un ancrage réel dans la société et ne peut pas mobiliser car, d'une part, elle est otage des pratiques d'un pouvoir autoritaire qui contrôle tout et qui ne permet pas l'émergence de partis mobilisateurs et, d'autre part, parce que ces partis n'arrivent pas à actualiser les programmes politiques autour des revendications portées par la société».

«Les mutations sociales et politiques qu'a connues la société algérienne ont fait que la revendication politique occupe le second plan dans l'imaginaire collectif et plus ou moins dans les revendications sociales; le marasme social et économique, les problèmes du chômage et de logement, la situation de la santé, la dégradation du cadre de vie, etc., où est plongé le pays, ont fait que la société ne s'intéresse plus à la politique dans sa conception classique, mais beaucoup plus à la recherche de celui ou celle qui peut résoudre ses problèmes immédiats".

"Cette situation de la sinistrose sociale provoquée par l'incapacité du pouvoir en place à gérer le pays a constitué la règle majeure pour éloigner la société de tout ce qui est politique".

«La société algérienne n'est pas une société spectatrice mais elle est victime à la fois de ses différentes déceptions de la politique et des images que dégage le personnel politique, (un homme corrompu, opportuniste, incompétent...) ainsi que de faux problèmes et des lugubres rivalités politiques qui ne reflètent en aucun cas ni la véritable action politique, ni la moindre éthique politique».

«La société a horreur du vide politique, mais aussi de 'l'embouteillage'' des politiques, et des idées politiques stériles qui ne font que déchoir davantage le regard de la société à l'égard de la politique.»

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