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Publié par Saoudi Abdelaziz

Le général Abderrezak Maïza a changé d'avis

En 2011 le général contestait fortement la doctrine militaire anti-terrroriste dans El Watan où il contestait «L’amnistie au profit des terroristes, le sort réservé aux patriotes et GLD après leur désarmement et, enfin, la mise à l’écart de nombreux acteurs de la lutte antiterroriste" 

A la question posée aujourd'hui par Le Soir d'Algérie "Comment appréciez-vous la situation sécuritaire qui prévaut aujourd’hui à travers le pays ?" Le général Abderrezak Maïza, ancien chef d’état-major de la 1re Région militaire répond aujourd'hui:

"Je peux dire d’emblée que je suis optimiste. J’estime que la situation sécuritaire actuelle est excellente. Ce que nous avons vécu dans les années 90 n’existe plus. Je crois que l’ancien chef de l’état-major de l’armée l’avait déjà dit, le terrorisme algérien a été vaincu.

Ce que nous avons aujourd’hui comme terroristes ne sont plus algériens, ce sont des mercenaires qui travaillent au profit d’organisations internationales.

Auparavant, nous avions affaire au GIA, aujourd’hui il s’agit d’Al Qaïda qui n’est pas une organisation algérienne et donc tous ceux qui y sont affiliés, Algériens ou étrangers, Mauritaniens, Maliens, Tunisiens, ne sont que des mercenaires.

Ce n’est plus du terrorisme tel que nous l’avons vécu, car nous avions en face de nous des Algériens, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Voilà le premier élément. Mais cela ne veut pas dire que l’intégrisme a disparu, il existe toujours, il a pignon sur rue. Il représente encore un mouvement idéologique et politique qui cherche encore à installer le califat en Algérie, qui cherche toujours à remplacer la Constitution par la Chariaa. Mais le terrorisme en tant que tel n’existe plus.

Il y a près de cinq ans, le général à retraite avait un point de vue diamétralement opposé, dans l'entretien avec Salima Tlemçani, dont avait rendu compte notre blog ( Entretien Salima Tlemçani. El Watan, 4 septembre 2011):

EXTRAIT

"L’ancien chef d’état-major de la 1re Région militaire, qui englobe les régions du centre du pays, et ex-commandant du secteur militaire d’Alger, le général à la retraite Abderrazak Maïza, explique la recrudescence des attentats terroristes par un ensemble d’événements qui se sont succédé depuis 2006.

«L’amnistie au profit des terroristes, le sort réservé aux patriotes et GLD après leur désarmement et, enfin, la mise à l’écart de nombreux acteurs de la lutte antiterroriste qui cumulent une assez longue expérience en la matière et maîtrisent parfaitement le terrain. Quelques années plus tard, le sentiment de victoire sur le terrorisme a laissé apparaître des réflexes de routine et de laisser-aller chez les forces de sécurité et la population, ce qui a permis aux groupes terroristes de se redéployer sur la scène avec des éléments plus aguerris qui profitent de toutes les brèches», explique-t-il. Selon le général, au cours des années 1990, «lorsque les patriotes et les GLD avaient été armés, c’était avec l’idée qu’ils étaient nos yeux et nos oreilles dans les régions chaudes".

Le blogueur commentait alors ainsi les propos du général : "C’est une première. Le général à la retraite Abdelrezak Maïza conteste ouvertement la doctrine militaire anti-terroriste actuellement appliquée. Ce général s’inscrit, comme le quotidien qui lui donne sa tribune, dans le courant éradicateur. Il remet en cause la ligne d’apaisement suivie jusqu’ici par l’ANP et par son Etat-major. Cette ligne, approuvée par le peuple algérien, a conduit à un recul décisif du terrorisme dans notre pays depuis le début des années 2000, à l’apaisement des relations entre les Algériens ordinaires et rend possible les luttes pacifiques actuelles et à venir pour le déploiement de l’alternance démocratique dans notre pays". Le blogueur mettait en garde : "En Algérie, comme d’ailleurs dans la plupart des pays démocratiques, il n’y a pas de précédents à ce type de contestation ouverte, voire même de mise en cause frontale, de la doctrine militaire, à un si haut niveau de la hiérarchie. Les Algériens demandent de leur armée un minimum de discipline républicaine à l’égard du peuple. Un général retraité de haut niveau est, comme on le sait, assujetti comme les actifs, à des obligations statutaires contraignantes de réserve. Sauf bien entendu s’il y va du salut de la nation. Est-ce le cas ? " 

 

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