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Publié par Saoudi Abdelaziz

La question des frais de scolarité est actuellemment un des thème centraux de la campagne électorale aux Etat-Unis. C'est dans notre pays, le nouveau dada de l'écrivain vedette Kamel Daoud qui recueille avec ferveur dans sa dernière chronique sur impact24  les propos suivants d'un "homme d'affaire" :«Est-ce qu’un étudiant sait combien coûte son cursus universitaire ? Participer aux frais d’un cursus universitaire équivaut à le valoriser et non pas à mettre fin au principe de la gratuité de l’école en Algérie». 

Question de principe?

Si c'est une question de principe, allons voir dans quelques pays où est appliqué ce principe de faire payer les étudiants. Si en France les étudiants boursiers venant de couches sociales modestes sont exonérés des frais d'inscription (et des droits de sécurité sociale), au Royaume-Unis, les frais d'inscription sont fixés à 9000 livres par an soit 12 000 euros, environ quatre vingt fois plus qu'en France, pour la licence. Mais aux Royaume-uni les banques  prêtent volontiers. Selon une étude réalisée par l’Institute for Fiscal Studies en 2014, l’étudiant britannique moyen quitte l’université endetté à hauteur de 44 000 livres, soit environ 59 000 euros.

Les frais de scolarité furent un des thème centraux des élections de mai dernier, où le Labour party proposait de les diminuer de moitié. Porté à la tête du parti travailliste quatre mois plus tard Jeremy Corbyn veut aller plus loin et promet de mettre carrément fin aux frais de scolarité, qu'il veut financer en taxant les entreprises.

Aux Etats-Unis, en 2012, le volume total de la dette étudiante dépassait 1000 milliards de dollars. Et les diplômés ne sont pas des débiteurs comme les autres : si le droit étasunien autorise à se déclarer en faillite pour se défaire d’un prêt immobilier, au prix de la saisie de son logement, impossible de rendre son diplôme… Il n’y a pas d’échappatoire au remboursement de la dette étudiante, même en cas de crise, comme depuis 2008.

Si Bernie Sanders, l'a emporté sur Hillary Clinton dans la primaire démocrate du New Hampshire, c'est notamment grâce aux aux 84% de suffrages recueillis parmi les électeurs âgés de 17 à 29 ans. Les raisons les plus fréquemment citées : sa volonté de fournir une scolarité universitaire publique gratuite. Les fais de scolarité  de l'université du New Hampshire avoisinent 17.000 dollars par an... 

Toujours sur le continent américain, rappelons-nous aussi la fameuse grève des étudiants québécois de 2012, la plus longue et la plus massive de l'histoire du Québec et du Canada, imposant, après huit mois de lutte, l'annulation par décret de la hausse des frais de scolarité adoptée précédemment par le parlement.

Privatisons carrément?

En Tunisie, lors de la grève générale des étudiants du 13 novembre dernier, Ahmed Dhaoudi, membre du bureau exécutif de l’Uniongénéral des étudiant tunisien (UGET) avait fustigé le projet de réforme du système de l’enseignement supérieur qui préconise "une orientation vers la cession des établissements universitaires au profit du secteur privé". Il a vivement dénoncé l’exclusion des étudiants et du corps enseignant de l’élaboration du projet de réforme. "Ce projet n’émane pas d’une volonté nationale. Il s’agit d’une réforme dictée par la Banque mondiale dont la finalité ultime est de transformer les universités en un fonds de commerce où les prestations universitaires sont fournies moyennant une contrepartie financière"

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Djamal Amran 12/02/2016 15:41

K. Daoud aurait-il jamais pu étudier à l'université, si il avait dû payer ses études ? Sa récente notoriété littéraire lui monte sans doute à la tête et lui inspire - qui sait ? - des ambitions politiques. Pour cela, quoi de mieux en Algérie que d'accrocher son wagon, comme l'a fait l'autre journaliste-écrivaillon devenu ministre garde-chiourme de la publicité de presse. La harka reste un métier d'avenir.