Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Hoax de propagande policière contre Kasserine. Photo DR

Hoax de propagande policière contre Kasserine. Photo DR

Lorsque le mouvement social pour l'emploi parti de Kasserine, a commencé à se répandre en Tunisie, les services policiers ont organisé la désinformation en utilisant sans vergogne leurs hoax sur les réseaux sociaux. Cependant, les institutions tunisiennes sont contrainte de pencher vers le social ces derniers jours.

Le patronat privé accepte de lâcher du lest sur les salaires et les primes, alors que le thème du chômage est au centre des débats au parlement. Le Chef du gouvernement, Habib Essid, s'engage : « Nous allons traiter du dossier du chômage dans chaque conseil ministériel. Nous devons mettre en place un dialogue national relatif au chômage, dans lequel participeront toutes les parties concernées. Cela dit, avant que ce dialogue n’ait lieu, nous devons prendre des mesures urgentes pour donner de l’espoir aux jeunes ». Le premier ministre annonce donc des embauches dans le secteur public, lève l'exigence de cautionnement pour l'accès au crédit bancaire en faveur de jeunes diplômés de l’enseignement supérieur désireux de créer leur entreprise.  La presse tunisienne ne manque pas de rappeler que "les mesures annoncées viennent suite à des protestations qui ont été déclenchées dans le gouvernorat de Kasserine avant de faire tache d’huile dans plusieurs gouvernorats".

L'infoguerre-éclair contre le mouvement social

Sur le site progressiste Nawaat.org, Sofiane Bel Haj est l'auteur d'une enquête remarquable paru hier sur le site nawaat.org. Il décrit le tournant pris au cours de la journée du jeudi 21 janvier, avec l'offensive de grande envergure sur le net pour défigurer et salir le mouvement social. "A partir de vendredi, changement de style dans beaucoup de rédactions. Les termes de casseurs, voleurs, bandits viennent à remplacer ceux qu’on qualifiait au départ de contestataires", observe le journaliste tunisien" qui répond dans son enquête à cette question: "Face à la légitimité des contestations, reconnue par une grande majorité au départ, qui était donc aux commandes des adversaires de la contestation?" Il a notamment pisté "le Hoax, mensonge créé de toutes pièces, circulant sur Internet, conçu pour apparaitre crédible" et qui "fait partie de l’artillerie de l’infoguerre".

EXTRAIT

Jeudi 21 janvier, la contestation gagnait de nouveaux foyers, tels que Fériana, Siliana, Sidi Bouzid, Jendouba, Gafsa, Kébili… Les médias qualifiaient encore le mouvement en terme de “manifestation”, “troubles”, “colère”, “contestation”… Ce jour-là, sur le web, circulait déjà un premier hoax qui allait changer la perception des événements. Il a été mis en ligne la veille, peu après le décès du jeune policier durant la dispersion d’une manifestation à Kasserine, creuset de la contestation.

Un Hoax est un mensonge créé de toutes pièces, circulant sur Internet, conçu pour apparaitre crédible. Il fait partie de l’artillerie de l’infoguerre. Cette dernière désigne les méthodes et faits ayant pour but de créer des dommages à l’adversaire et ou se garantir une supériorité. Dans le contexte de l’infoguerre, un hoax est exclusivement malveillant.

Le premier Hoax est une photo d’une jeune femme au visage tuméfié, postée avec comme texte accompagnateur : "J’habite à Kasserine. Des garçons m’ont violentée. Je passais et me suis retrouvée dans les jets de pierres et de Gaz lacrymogène. Je suis tombée et me suis étouffée. Des garçons m’ont amené et m’ont agressé sexuellement, l’un d’entre eux m’a lacéré avec un couteau".(...)

Reportage intégral sur nawaat.org

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article