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Publié par Saoudi Abdelaziz

11 janvier 2016

Les uns après les autres, des anciens de la haute hiérarchie militaire étalent leur égo de préséances contrariées, sans d'ailleurs rien clarifier sur le bilan de leur commandement dans les moment cruciaux de notre histoire qui ont décidé de notre sort. Les médias jouent sans vergogne ce jeu de l'insignifiance spectaculaire.

Les patrons de presse semblent visiblement partie prenante dans ce qu'un écrivain chroniqueur  désigne ce matin comme "jeu de scène dérivatif", empêchant "une meilleure intelligence de ce qui se passe".

En tout cas, ce déballage n'empêche pas que se poursuive l'évaluation de la stratégie économique néolibérale, jusqu'ici perdante, mais qu'on veut reconduire sur une plus vaste échelle... par la fenêtre.

Cela n'empêche pas des syndicats " d’interpeller publiquement les instances nationales et internationales sur la gravité de la situation des libertés syndicales, les licenciements abusifs en particulier”.

Cela n'empêche pas la volonté d'inscrire les questions de constitution dans le vécu national des Algériens, lesquels aspirent plus fortement encore en ce début d'année, à assainir l'espace public en le libérant du brouillard systémique. Ils ont anonymement indiqué cette résolution dans leur réaction silencieuse et réfléchie au décès de Hocine Aït Ahmed. En dépit du brouillage qui a mobilisé la nomenklatura et diverses "personnalités" périphériques du système.

Bilan. Les privatisations "ont stoppé net" la stratégie de développement

C'est ce que dit l’économiste statisticien Ahmed Mokaddem. Son propos est recueillis par Samira Imadalou dans El Watan et extrait de son enquête intitulée "Des partenariats «gagnant-gagnant» dites-vous"?

«Sans tirer les leçons des erreurs des années passées et dans un contexte de libéralisme épidémique, le dogme en vogue que seule la privatisation des entreprises publiques était la bonne politique a arrêté net la stratégie de développement de l’industrie nationale. A cette époque (ndlr, des privatisations), ces nouvelles entreprises mixtes à capital public minoritaire se sont caractérisées essentiellement par l’absence d’investissements de renouvellement des équipements et d’extension, de disparition de l’engineering, de recherche-développement et de formation des personnels"

«les prises de participation de certains partenaires étrangers dans nos entreprises nationales sont autant de témoignages d’expériences malheureuses où l’intérêt national et la stratégie du partenaire étranger étaient antagonistes».

L'enjeu : une meilleure intelligence de ce qui se passe.

C'est la question que pose la chronique de Kamel Daoud dans le quotidien d'Oran qui a pour titre ce matin "Sellal et sérail". Il écrit notamment après avoir posé que les luttes de clan détruisent le régime "de l'intérieur" :

"Question inattendue ou même superflue du point de vue de l'actualité: Sellal survivra-t-il aux terribles concurrences internes qui se déchaînent depuis l'affaiblissement chronique de Bouteflika ? Il conclut: "Sellal est-il la vertu de ce régime ? Non ou peut-être, aux yeux de certains observateurs. Mais dans le jeu de survie et de dominos, il reste le choix le moins dangereux et son employeur le sait, par intuition. Sa fin signera, discrètement, le coup d'Etat parfait, en mode interne et la victoire d'une prédation encore plus féroce, affichée. Car ceux qui veulent le remplacer ne cachent même plus le recours à « la sale besogne » et ont fait éclater au grand jour leurs ambitions. Le bonhomme est pris entre ceux qui jettent les pierres, dehors, et ceux qui les fabriquent et les ramassent, à l'intérieur du régime. A suivre donc. C'est plus concret que le jeu de scène dérivatif que l'on nous impose : l'enjeu est celui d'une meilleure intelligence de ce qui se passe, pour comprendre ce qui suivra."

 

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