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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Par B. Girard, 16 janvier 2016

… mais seulement pour les Noirs et les Arabes, du moins pour l’instant.

L’acquittement du policier qui avait abattu Amine Bentousi d’une balle dans le dos ne surprend personne : non pas qu’on croie un seul instant à la thèse de la légitime défense avancée par l’accusé (le policier, pas Bentousi qui n’est plus là pour se faire traîner en justice) mais tout simplement qu’on n’a encore jamais vu en France un policier condamné pour ce genre de faits.

Alors que le gouvernement veut faire rentrer dans la loi la présomption de légitime défense pour les policiers (une des dernières revendications de l’extrême-droite que le PS n’avait pas jusque là reprises à son compte), ces derniers n’ont jamais attendu pour faire usage de leurs armes comme bon leur semble. Le problème est que, dans ces circonstances, le policier est toujours un blanc, la victime toujours un noir ou un Arabe, jamais le contraire. Une coïncidence qui ne semble pas le moins du monde troubler les jurés d’assises, bien plus prompts à voler au secours des policiers et des puissants qu’à protéger la veuve et l’orphelin, bien plus sensibles au pedigree ou à la couleur de peau des protagonistes qu’à la réalité des faits. A Caen, il y a quelques semaines, un lycéen de 18 ans était condamné à trois ans de prison dont deux ferme pour apologie de terrorisme – quelle idée aussi, de s’appeler Samir ? – la « justice » confirmant ainsi sa curieuse conception de la justice.

Derrière tout cela, le racisme ordinaire, non seulement celui des braves gens mais celui des institutions, au service d’un ordre social et politique toujours plus brutal. La police, notamment, dont les membres votent FN à 75 %, qui a toujours fait son sale boulot dans la déstabilisation du droit et des libertés publiques. Après tout, les policiers qui raflaient les Juifs autour du Vel’d’Hiv’, avaient déjà fait leur classe sous le régime précédent, comme ils continueront à servir quelques années plus tard en noyant les Arabes dans la Seine. Pas tous, assurément, mais jamais sanctionnés et  en tout cas suffisamment nombreux et influents pour imposer leur volonté aux autorités politiques et à la société. A moins également – c’est une hypothèse plausible – que la société, par sa complaisance jamais démentie, n’encourage ce genre de dérive.

Les valeurs de la république, c’est surtout bon pour faire la morale aux enfants des écoles.

 Source: Journal d’école. Chronique aléatoire d’un prof d’histoire.

 

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