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Publié par Saoudi Abdelaziz

Qui sont ces détenteurs de la double-nationalité placés au centre de l'actualité? Les banlieusards semblent à l'écart de la controverse.

J'avais effectué, en 1986, deux années après mon arrivée en France*, une enquête sur un phénomène qui m'avait frappé lors de mes promenades parisiennes: le rachat par des algériens de nombreuses brasseries et autres hôtels dans la capitale française. C'était un mouvement de transactions considérable. Jacques Chirac, alors maire de Paris, facilitait ces opérations qui ramenait de l'argent frais. C'était l'époque où le celèbre Gachouche, intime de responsables l'ambassade, blanchissait l'argent de la prédation algérienne, en rachetant entre autre la brasserie La Gentillhommière à Saint-Michel, et une grande brasserie à fruit de mer, place de la République.

Loin des banlieues ouvrières

Au début des années 70, en pleine crise avec Alger due à la nationalisation du pétrole, le pouvoir français avait décrété la fin de la liberté d'immigration pour les ouvriers algériens. Dix ans après, dès le début des années 80 de l'infitah qui a suivi la mort de Boumediene, les autorités françaises autorisent l'arrivée d'une nouvelle vague d'immigration algérienne, non ouvrière. Les nouveaux venus, prolongement des couches favorisées du système algérien, s'installent essentiellement dans le commerce et les services, où les autorisations de séjour et les naturalisation utilitaires sont encouragée par les autorités en faveur de ceux qui investissaient l'argent du pétrole...

Ce mouvement n'a pas cessé de s'amplifier depuis, loin des HLM des banlieues.

Cette nouvelle immigration est en effet sociologiquement distincte des vagues précédentes, essentiellement ouvrières, implantées dans les banlieues. Ici, la priorité était la bataille pour la reconnaissance des droits à l'emploi et à la citoyenneté et dont la jeunesse organisait la marche des beurs de 1983, superbement ignorée par l'administration chadliste, alors en pleine lune de miel avec celle de François Mitterrand. Leur algérianité est plongée dans la saga héroïque du mouvement pour l'Indépendance. Elle est et reste viscérale.

De son côté, la nouvelle vague non ouvrière sera considérablement  augmentée dans les années 90, par un grand afflux de membres de professions libérales aspirant, durant et après la décennie noire, à un environnement professionnel plus favorable à leur carrières et leurs conditions de vie. 

 

*J'ai quitté l'Algérie pour la France en mars 1984, alors que la "vie meilleure" chadliste battait son plein. C'était une émigration forcée, contrepartie du jugement du tribunal militaire de Blida annulant ma condamnation par contumace prononcée en 1971, et qui m'avait forcé à vivre en Algérie pendant 12 ans dans l'appareil clandestin du PAGS. Journaliste dans la presse locale en France, j'ai essayé de me réimplanter au bled, dans ma bonne vielle ville de Jijel en y fondant Jijel-Infos, un hébdomadaire local, en 2001, après que les troupes de Madani Merzrag soient descendues du maquis. Ce fut un échec par asphyxie financière(lire l'article sur sa disparition.).

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