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Publié par Saoudi Abdelaziz

Awamiya, dans l'est de l'Arabie saoudite, après l'assassinat du Cheikh al-Nimr. Photo DR

Par Mohamed Saadoune, 4 janvier 2016

Depuis plus d'une année, l'Arabie saoudite a reçu une multitude de mise en garde contre les conséquences graves d'une exécution du cheikh saoudien chiite Nimr al-Nimr.En novembre 2014, dans un appel remarqué contre la haine sectaire, l'ancien président Hachemi Rafsadjani a appelé le roi saoudien à "décevoir ceux qui sèment la discorde" en évitant l'exécution.

Le roi s'appelait Abdallah. Il est mort. L'Arabie saoudite a, depuis janvier 2015, un nouveau roi, Salmane ben Abdelaziz dont l'action tranche avec la relative prudence de son prédécesseur. Il s'est engagé dans une hasardeuse bataille pétrolière, dans une guerre à l'issue incertaine, il a lancé une alliance politique et militaire "sunnite" pour officiellement mener la guerre au terrorisme.

Il ne s'agissait pas seulement de montrer patte blanche à des occidentaux qui commencent à découvrir -ou feignent de le faire- qu'El Qaïda, Daech, sont les enfants naturels de l'idéologie officielle en cours en Arabie saoudite.

De l'huile sur le feu

Il s'agissait très clairement de jeter de l'huile sur le feu du poison sectaire qu'ils n'ont eu de cesse à l'allumer depuis la révolution iranienne qui a fait tomber le chah. L'exécution de 47 terroristes présumés parmi lesquels figure cheikh Nimr est un acte sectaire violent.

Les autorités saoudiennes n'ignoraient pas que la décapitation d'un religieux dont le seul tort était de s'exprimer ouvertement sur le statut de sujet de seconde zone réservé aux chiites saoudiens allaient enflammer les esprits.

La décapitation de Cheikh Nimr est une diversion sectaire ultraviolente. Pour le régime saoudien, l'accord sur le nucléaire avec l'Iran est une très mauvaise nouvelle. Il éloigne la perspective d'une guerre américaine contre l'Iran qu'elle souhaitait tout comme Israël.

Sur le théâtre syrien, le régime de Bachar al-Assad n'est pas tombé du fait du soutien de Téhéran et de Moscou. Pire, aux yeux de Ryad, les occidentaux ont cessé de faire du départ du président syrien une priorité et encore moins un préalable. C'est un investissement lourd en ressources qui part en fumée alors qu'en Irak, l'influence iranienne est devenue une réalité politique.

Les actes barbares de Daech, ont rappelé au monde qu'il est porteur d'une vision conforme, à quelques détails près, aux idées produites par la matrice. Face à cette accumulation des déboires quoi de mieux que de provoquer une grande crispation sectaire en "faisant plaisir à ceux qui sèment la discorde" ?

Histoire de pousser les tensions à des niveaux qui amèneraient les Occidentaux à revenir aux "fondamentaux" qui consiste à voir dans l'Iran, l'ennemi principal et l'Arabie saoudite, l'allié central. Ryad compte sur l'émotion, prévisible, provoquée par l'exécution de Nimr.

Dans un Moyen-Orient qui explose de toute part, c'est un jeu d'une extrême dangerosité. Car, l'Arabie saoudite a " réussi" en quelques décennies à rallumer une "fitna qui dort" depuis des siècles.

Cette fitna a quitté le territoire des religieux pour prendre, avec les chaines satellitaires et le net, une dimension de masse. La "menace chiite" est devenue une propagande soutenue même dans les pays où le chiisme n'existe pas.

Aujourd'hui, la diversion sectaire provoquée par l'exécution du cheikh Nimr prend une tournure grave. A Ryad, les docteurs folamours jouent sur de très bas instincts. Ils risquent de réussir à obtenir le pire !

Source : HuffPost-Algérie

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QADDA 05/01/2016 20:46

Que Dieu les aveuglent et qu'ils continuent courir à leur perte; Cette fois ils ont en face d'eux les descendants de l'empire perse .Patients , tenaces,pragmatiques et sérieux les iraniens rendront un grand service à l'humanité en aidant à l'effondrement de cette ignoble et rffroyable machine à fabriquer la barbarie;
Moi qui n'a pas beaucoup de religion je vais utiliser un verset ou un hadithqui di a peu prés ceci
' KANA FI NI3MATIN WA LAM YACHKOR , KHARADJA MINHA WA LAM YACH3OR"