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Publié par Saoudi Abdelaziz

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L'année 2015 sera celle de l'explosion des énergies renouvelables, notamment des éoliennes, selon les études d'analystes financiers qui indiquent que cette évolution est inéluctable. Autre bonne nouvelle pour les Algériens: selon les experts, à partir de 2025 les panneaux solaires seront devenus moins chers et prendront le pas sur les éoliennes aux Etas-Unis et un peu pus tard en Europe et en Chine. Notre pays ensoleillé devra-t-il rester suiviste dans ce domaine, aussi.

Extraits d'une enquête de Mediapart.

 

L'irrésistible ascension des énergies renouvelables

Par Michel de Pracontal, 10 décembre 2015

(...) D’ici 2040, les deux tiers des investissements mondiaux pour construire de nouvelles centrales électriques, soit 8 000 milliards de dollars, seront placés dans les énergies renouvelables, selon une étude de Bloomberg New Energy Finance (BNEF), branche du groupe Bloomberg spécialisée dans l’énergie.

Les analystes de Goldman Sachs abondent dans le même sens. Ils observent qu’en 2015, la capitalisation boursière des quatre premières compagnies de charbon aux États-Unis a baissé de plus de 90 %. Cette même année, « l’éolien et le solaire photovoltaïque vont pour la première fois dépasser le seuil de 100 gigawatts de nouvelles installations et permettent désormais, d’après nos estimations, d’éviter une gigatonne d’émissions de CO2 par an, écrivent-ils dans un rapport tout récent. Alors que les débats politiques se focalisent souvent sur les prévisions pour 2030 et les objectifs pour 2050, nous prévoyons que les plus grands bouleversements du marché se produiront entre 2015 et 2025 ».

(...)  « D’ici 2020, six sur dix lampes seront des LED et les constructeurs de voitures vont vendre 25 millions d’électriques et hybrides », lit-on dans le rapport de Goldman Sachs. Les mêmes experts prévoient que d’ici 2020, la Chine construira 23 gigawatts de centrales à charbon et 40 gigawatts de centrales au gaz, mais dans le même temps installera 193 gigawatts de solaire et d’éolien. Autrement dit, trois fois plus d’installations utilisant les énergies renouvelables que les combustibles fossiles.

(...)  « La notion que les combustibles fossiles sont bon marché et que les énergies renouvelables sont chères est dépassée, déclare en février 2013 Michael Liebreich, directeur exécutif de BNEF. Le fait que l’énergie du vent soit maintenant moins chère que le charbon et le gaz [en Australie], pays dont les ressources en combustibles fossiles sont parmi les meilleures mondiales, montre que l’énergie propre est capable de changer la donne et de renverser l’économie des systèmes d’énergie. »

 (...) L’Allemagne, elle, a affirmé une forte volonté politique en faveur de l’environnement. Elle a mis en place un programme de transition énergétique très volontariste,« Energiewende », qui a commencé par la sortie du nucléaire, d’où un recours au charbon et des émissions accrues dans une première phase. Mais les émissions sont aujourd’hui redescendues à leur niveau de 2009 et la production éolienne allemande représente désormais 45 % de celle de l’Europe.

En 2040, un tiers de l'électricité européenne sera d'origine solaire

(...) En été, par une journée ensoleillée, le photovoltaïque combiné au vent peut produire jusqu’aux trois quarts de l’électricité allemande. Le 25 juillet dernier, le record de 78 % d’électricité renouvelable a été atteint en cumulant éolien, solaire photovoltaïque, biomasse et hydraulique. Bien sûr, ces performances se produisent de manière ponctuelle, et il y a aussi des jours sans vent ni soleil. Mais au total, l’Allemagne est en passe de franchir le seuil d’un tiers d’électricité renouvelable en 2015, contre 27,4 % en 2014. Et l’objectif de 45 % d’ici 2040 sera sans doute atteint plus tôt que prévu. À terme, le principal obstacle sur la route vers les 100 % d’énergies renouvelables est le caractère fluctuant du vent et de l’ensoleillement, mais les technologies de stockage qui permettront de pallier ce problème progressent rapidement.

Certains pays disposent d’une configuration très favorable qui limite le handicap de l’intermittence. C’est le cas du Danemark, qui a produit 39 % de son électricité par énergie éolienne en 2014. Selon The Guardian, en juillet 2015, les éoliennes danoises ont produit assez de courant pour satisfaire la demande du pays et exporter de l’électricité en Allemagne, Suède et Norvège. Un jour très venteux, les éoliennes danoises ont produit 116 % de la demande du pays, avec un pic de 140 %. L’interconnexion a permis de récupérer 80 % du surplus de courant et de le partager entre l’Allemagne et la Norvège, qui peuvent le stocker par des systèmes hydrauliques. La Suède a bénéficié des 20 % restants (...).

Le Danemark ambitionne de parvenir à 50 % d’électricité renouvelable d’ici 2020. L’énergie du vent produit 20 % de l’électricité au Portugal et 18 % en Espagne. En France, avec 9,285 gigawatts installés fin 2014, on est encore très loin des capacités potentielles, et l'électricité éolienne ne représente qu'environ 3 % de la production du pays, aux trois quarts nucléaires. Mais l'Ademe (Agence nationale de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a conçu un scénario d'électricité produite à 100 % par des énergies renouvelables à l'horizon 2050.

Aux États-Unis, les éoliennes terrestres représentent 31 % des nouvelles capacités de production d’électricité installées de 2008 à 2014. L’électricité d’origine éolienne a atteint son prix le plus bas en 2014 et continue de diminuer, de même que le photovoltaïque solaire qui progresse rapidement. Les deux combinés produisent environ 5 % de l’électricité aux États-Unis, ce qui est une petite fraction, mais un cercle vertueux est en train de se mettre en place et la part de production par les renouvelables augmente exponentiellement.

En tenant compte des aides gouvernementales, l’électricité éolienne est devenue la moins chère aux États-Unis en 2014, et le sera sans subventions avant dix ans. La situation est similaire pour le solaire, avec un décalage de cinq à dix ans. Mais les experts de BNEF pensent qu’à partir de 2025 environ, les panneaux solaires seront devenus moins chers et prendront le pas sur les éoliennes aux États-Unis, et un peu plus tard en Europe et en Chine.

En 2040, selon les prévisions de BNEF, l’Europe dans son ensemble aura suivi l’exemple de l’Allemagne et du Danemark : un tiers de l’électricité européenne devrait être produite par des panneaux solaires et un cinquième par des éoliennes, tandis que la part des combustibles fossiles ne serait plus que d’un sixième environ, et celle du nucléaire d’un vingtième. Les États-Unis, la Chine et l’Inde devraient recourir davantage aux combustibles fossiles. Pour la planète entière, la prévision est que la part des combustibles fossiles sera encore de 44 %, contre deux tiers aujourd’hui. De ce fait, les analystes de BNEF pronostiquent que les émissions de CO2 n’atteindront pas leur pic avant 2029 et vont rester élevées jusqu’à 2040.

Leurs collègues de Goldman Sachs pensent, eux, que le pic pourrait survenir dès 2020. Ils prévoient un déploiement rapide des éoliennes terrestres et des panneaux solaires, remplaçant le charbon et le gaz à proportions égales. En associant leurs projections à une forte volonté politique, il semble plausible de parvenir à un scénario à 100 % d'énergie renouvelable dans plusieurs pays d'Europe d'ici 2030 ou 2040. Le scénario de l'Ademe pour la France, qui vise le milieu du siècle, apparaît relativement prudent.

(...) Pour aller plus loin et plus vite, il faut tabler sur des politiques incitatrices et volontaristes, à l'image de celles de l'Allemagne ou du Danemark. Les analystes soulignent que les techniques bas carbone dont ils prévoient l’essor – éolien, photovoltaïques, LED et véhicules hybrides ou électriques – ne sont pas le seul moyen de réduire les émissions. Remplacer le charbon par du gaz ou économiser l’énergie est aussi efficace, et peut être moins coûteux. Et si l’on veut vraiment rester sous les 2 °C, il faut une stratégie agressive de remplacement du charbon.

(...) Seule une politique très volontariste peut conduire à réduire rapidement l’utilisation du charbon, et plus généralement des combustibles fossiles. Or, globalement, plus de la moitié des actifs des combustibles fossiles appartiennent à des gouvernements, ou sont contrôlés par eux. Autrement dit, si le développement des renouvelables est irrésistible et va réduire les émissions par une logique économique inéluctable, les décisions à l’échelle nationale des différents pays vont continuer de jouer un grand rôle. Car ces décisions vont peser lourdement sur la vitesse à laquelle on se débarrassera des énergies fossiles (...).

Source: Mediapart

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Electricien Paris 1 22/12/2015 20:49

Je pense qu'il faut accorder plus de budget pour encourager l’investissement dans ce domaine vital. Merci pour l'article.