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Publié par Saoudi Abdelaziz

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"Et comme l’a si bien dit le Premier ministre algérien, le modèle économique actuel ne peut plus durer et qu’il est nécessaire de trouver un autre modèle". Ce bon point vient de l’ambassadeur des Etats-Unis Joan A. Polaschik dont le charme qachra oua toupi a fait admettre à la longue au pouvoir et aux médias algériens le caractère naturel de l'immixtion ouverte des puissances étrangères dans le débat interne algérien.

Après avoir affirmé sa volonté de "ne pas faire de commentaires sur les affaires internes du gouvernement algérien", elle s'autorise, "en tant que grande amie de l’Algérie", de nous donner ce conseil :  "Le changement de la règle 51/49 sera une bonne chose pour l’économie algérienne. Les restrictions sur l’investissement étranger freinent la croissance économique". Rassurez-vous, madame, de ce 49/51, Il n'en sera plus question d'ici quelques courtes années. Si l'article 66 de la loi des finances est appliqué jusqu'au bout, dans les grandes entreprises industrielles le 100% pourrait tomber à 0% avant cinq ans...

Se débarrasser du fardeau par anticipation?

La Privatisation? La presse y revient ce matin sur le mode de l'anticipation. Tewfik Abdelbari note dans TSA-Algérie. "Ainsi, le gouvernement semble se préparer à une période difficile. Car si la privatisation n’est pas un mal en soi, cette volonté soudaine de privatiser des entreprises publiques révèle surtout une volonté de se débarrasser d’un fardeau (...). Dans tous les cas, les exemples algériens de privatisation réussie se comptent sur les doigts de la main. La perspective de ventes massives d’actifs publics ne présage donc rien de bon. Par la passé, les choix de partenaires se sont révélés mauvais, voire catastrophiques. Y compris dans le cadre de la règle 51/49% sur le partenariat avec l’étranger. Les exemples comme ArcelorMittal El Hadjar  sont, à ce titre, éloquents".

Cela semble rejoindre  l'analyse de Kharroubi Habib dans Le Quotidien d'Oran, intitulée "L'article 66, un gage d'anticipation à destination du FMI ?". Il écrit notamment :

"Il est légitime en Algérie que s'exprime le refus d'une nouvelle vague de privatisations d'entreprises publiques, même si la nécessité économique l'exige. Pour la raison que l'opération de même nature qui a été menée s'est soldée par un fiasco aux conséquences désastreuses pour le pays dont le tissu industriel et les infrastructures économiques ont été en l'occurrence démantelés et bradés au profit d'une faune de prétendus entrepreneurs économiques dont la contribution au relèvement économique du pays s'est avérée n'être qu'une escroquerie sans pareille. Comment alors convaincre qu'une nouvelle opération de privatisation ne verra pas la récidive de ce à quoi a donné la précédente ? D'autant qu'à tort ou à raison, les pourfendeurs de l'article 66 de la loi de finances ouvrant la voie à d'éventuelles privatisations présentent le gouvernement qui en a eu l'initiative comme inféodé à cette faune de prétendus entrepreneurs économiques dont l'unique but est d'être bénéficiaire de la prédation redoutée.
Alors que se profilait la menace de la crise financière dans laquelle le pays est maintenant plongé, du côté officiel il a été martelé que l'Algérie ne sera jamais réduite à la situation de la Grèce que sa faillite a contraint de passer par les fourches caudines de la «troïka» et forcée de se séparer de ses «bijoux» de famille que sont ses principales entreprises et infrastructures nationales. Ce même côté officiel donne l'impression que tout en continuant à user du discours rassurant, il a anticipé le fait que l'Algérie va inexorablement être dans la situation grecque et met en place, par touches successives, les dispositions règlementaires qui permettront à l'Etat de faire de même que celui de la Grèce".

 

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Djamal Amran 21/12/2015 19:16

On a envie, bien sur de dire à Mme l'ambassadrice de s'occuper de donner des conseils à son pays, dont la dette publique représente trois fois au moins son PIB annuel, de sortir de la dèche les 40 millions d'Américains vivant sous le seuil de pauvreté, à la rue et à la soupe populaire. Mais contentons nous de prier notre ministre des AE, de lui signifier discrètement de bien vouloir fermer son clapet.