Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Les ouvriers de la SNVI de Rouiba dans la rue, le 1er décembre 2015. Photo DR

Les ouvriers de la SNVI de Rouiba dans la rue, le 1er décembre 2015. Photo DR

Par Saoudi Abdelaziz, 2 décembre 2015

"Les travailleurs de la SNVI en colère" titre sur 8 colonnes à la une Liberté. Frissons... la une affiche une grosse photo de face à face spectaculaire -évoquant la place Tian'an men- entre un ouvrier solitaire et des forces anti émeute ultra équipées.

 “C’est la première fois dans l’histoire de la SNVI que les gendarmes pénètrent dans l’usine, cela ne s’est pas produit même lors des événements du 5 Octobre 1988”, rapporte Madjid T  dont le reportage indique que le complexe est poussée inexorablement à une liquidation par le vide :

"caisses d’exploitation vide, 13 milliards de stock véhicules bloqués à la livraison pour de petites pièces non commandées", etc...

De son côté, le correspondant d'El Watan Kebbabi Ramdane énumère les constats faits par les ouvriers :

"Nos pièces ont été bloquées au du port durant 18 mois exprès pour saboter la SNVI et préparer le terrain pour sa privatisation».«Nos bus et nos camions sont très demandés sur le marché, mais si on n’a pas de pneus ou de pièces, on ne peut rien fabriquer». "L’entreprise Tahkout, s’est accaparée de grandes surfaces de terrain de la SNVI «avec la complicité de certains responsables».

La duplicité  de Liberté 

Le travail des journalistes reporters qui rendent compte de ce qui se passe sur le terrain, révèle la menace de liquidation de la SNVI que font peser les institutions de l'Etat. Cela ne semble pas inspirer les commentateurs du journal. L'éditorialiste Omar Ouali brode sur le thème de la ligne éditoriale néolibérale : l'industrie ne peut fonctionner en secteur public. Le journaliste oublie la photo et le titre de une et se retourne contre les ouvriers:

"la SNVI est plus connue pour ses poussées de fièvre syndicale que pour la marque de ses véhicules". Il absout les pouvoirs publics : "Pourtant, on ne peut accuser l’État de n’avoir rien fait, puisque les gouvernements successifs ont eu à mettre en place plusieurs plans de refinancement, à coups de milliards de dinars". Et de conclure :"Une chose est néanmoins sûre : ce mastodonte qu’est la SNVI est dans une situation ingérable de l’avis même de ses cadres".

Dans son analyse du Quotidien d'Oran Kharroubi Habib conteste ce diagnostic néolibéral : "L'on sait le collectif de cette entreprise très combatif quand il pressent que des gestions menacent sa pérennité. Si leur entreprise en arrive à « rater » l'opportunité de son redressement malgré les aides et autres soutiens accordés par l'Etat, cela est confirmation pour ses travailleurs que sa disqualification en tant qu'entreprise publique performante est toujours d'actualité pour les tenants de l'économie ultralibérale auxquels cette gestion aléatoire qui y règne donne prétexte pour faire valoir qu'il n'y a rien à attendre de concluant de cette entité industrielle tant qu'elle sera sous statut publique".

Kharroubi ajoute : "Quand Rouiba bouge, cela a toujours été mauvais signe pour les gouvernants en place. Le coup de colère des travailleurs de la SNVI pourrait bien être le déclencheur d'une protesta d'une autre envergure. Les autorités ne s'y sont pas trompées et ont dépêché d'impressionnantes forces de sécurité sur les lieux".

 

Première mise ligne : 2 décembre 2015

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article