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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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A l'appel de la gauche radicale et des souverainistes, les Danois ont majoritairement dit "non" au référendum visant à l'intégration du pays dans les mécanismes sécuritaires, frontaliers et économiques de l'Union européenne. Le "oui" était défendu  par la coalition majoritaire social-démocrates-libéraux. Le président du groupe libéral Venstre (pro-européen), Soren Gade, a appelé à un "examen de conscience" dès lors "qu'une grande majorité de formations parlementaires prônent le oui et que les électeurs disent non".

Analyses.

"Le mercredi 3 décembre se tenait, dans la plus grande discrétion de la presse française, un référendum au Danemark portant sur une plus grande intégration à l’Union européenne. Le vote a été sans appel : le « Non » l’a emporté avec 53% des suffrages exprimés. Il faut aussi noter l’importante participation, environ 72% des électeurs ont voté, qui fait de ce référendum le plus important dans l’histoire des différends votes concernant l’UE au Danemark. (...)

L’objet du référendum était de savoir si les danois acceptaient de renoncer aux différentes exemptions qu’ils avaient obtenues, à la suite de précédentes consultations référendaires, aux règles de l’Union européennes. Dans le langage technique dont raffole la bureaucratie bruxelloise cela s’appelle des clauses « d’opting out ». Le gouvernement libéral qui dirige actuellement le Danemark tout comme l’opposition social-démocrate avaient fait campagne pour le « Oui ». Ils ont donc été désavoués. La campagne du « Non » était portée par une alliance de la gauche radicale et du parti populiste et souverainiste, le DPP. Tout comme lors du référendum de 2005 en France sur le projet de Constitution européenne, c’est cette alliance qui a triomphé. (...) Que ce soit dans le domaine de l’économie ou dans celui de la sécurité, que ce soit sur l’Euro ou les contrôles aux frontières, c’est bien à un échec patent de l’intégration que l’on est confronté. Or, la réponse des européistes à cet échec n’est pas de s’interroger sur ses causes mais de demander, encore et toujours, plus d’intégration. En fait, l’intégration européenne est devenue un dogme, une religion. Et celle-ci n’admet aucune critique, ne souffre aucune contradiction. C’est pourquoi les dirigeants poussent à une surenchère mortelle. Mais, c’est aussi pourquoi les peuples, qui bien souvent ne sont pas dupes d’un discours trop formaté pour être honnête, refusent justement cette surenchère et exigent qu’un bilan honnête et objectif de cette intégration soit fait. Ces bilans vont se multiplier, que les dirigeants le veuillent ou non. La Grande-Bretagne votera sur son appartenance à l’Union européenne en 2016 et, n’en doutons pas, on y suit de très près les implications du référendum danois. On votera sans doute sur la question de l’Euro en Finlande, en 2016 ou en 2017. Ce vote aura aussi une importante signification. Mais, surtout, c’est dans sa pratique au jour le jour que l’Union européenne sera confrontée à cette demande de bilan". 

Jacques Sapir: Le "NON" danois à l’Europe. https://russeurope.hypotheses.org

Mais voit-on les choses de cette manière à Bruxelles?

"Une bulle.Une cage dorée. C'est comme cela que les insiders bruxellois, fonctionnaires, politiques, journalistes, lobbyistes appellent Bruxelles dans leurs moments de faiblesse... ou de lucidité. Ce sont aussi les noms que lui donnent les eurosceptiques pour fustiger une règle environnementale tatillonne ou des « diktats » budgétaires inappropriés. Avec quel effet ? À peu près aucun. Le petit peuple de l'« eurosphère » prospère.Si les lamentations ne cessent, les démissions sont rares. Quant aux critiques souverainistes, elles glissent comme une goutte d'eau sur le papier des directives, déplaçant tout juste une virgule ici ou là. Drapée dans sa volonté de construire l'Europe, vibrante de sa vocation de paix et de prospérité, « Bruxelles » persiste dans son être d'usine à broyer des mots et du droit pour jeter un vernis de rationalité et de justice sur l'Union européenne". Florence Autret : "Le monde est entré dans la bulle".

 

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