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Publié par Saoudi Abdelaziz

La percée néolibérale voulue dans la Loi des finances passe difficilement. L'enjeu est de taille: la dynamisation du secteur publique industriel, prenant appui sur le grand capital humain et technique accumulé pendant des décennies, ou bien sa liquidation-privatisation. Les concepteurs de la loi des finances 2016 ont choisi cette dernière option. La privatisation fut appliquée à la sidérurgie durant les années 2000 et s'est avérée un "échec" patent de l'aveu de Temmar, son principal concepteur. De nombreuses voix patriotiques dénoncent le risque d'une "nouvelle fuite en avant". Le pouvoir semble hésiter sur la marche à suivre.

Après la levée de masse des ouvriers de la SNVI de Rouiba et les premières protestations, qui émergeaient de l'opinion contre cette nouvelle mise à l'encan du patrimoine public, Ahmed Ouyahia avait jeudi dernier donné la consigne d'améliorer la communication: “Cette privatisation ne concerne pas les étrangers, ni les grandes entreprises publiques et certainement pas Sonatrach". Trois jours plus tard, le ministre des finances applique la consigne devant les sénateurs : "Sonatrach Sonelgaz, Algérie Télécoms" ne sont pas concernés. Pas un mot , ni de Ouyahia ni du ministre porte-parole de l'Exécutif pour rassurer sur le sort des autres grandes entreprises publiques, notamment du secteur industriel. S'agit-il d'une application de la tactique du réactif consistant à produire un effet de soulagement en mettant le danger très haut pour pouvoir mieux passer en dessous? Sonatrach est sauvé du nauffrage!

"Nous ferons mieux que le gouvernement actuel"

Il est probable que nous pourrons bientôt lire les commentaires des politologues néolibéraux contre la "mauvaise gouvernance" du pouvoir, sur son "incohérence". Si leurs amis avaient les rennes du pouvoir, ils privatiseront en faisant mieux passer la pilule. L'éditorialiste du quotidien Liberté qui applique la ligne de son propriétaire Rebrab, hostile à l'existence d'un secteur public dans le secteur industriel, donne le ton ce matin. Titrant sur "Le temps de la privatisation", Abrous Outoudert écrit narquoisement : "Pour atténuer le coup de semonce, il est fait recours à une lapalissade qui consiste à rassurer sur la non-privatisation des secteurs stratégiques. Comme si cela était d’actualité avec les textes régissant ces domaines d’activités. En revanche, la menace est plus claire pour les autres entreprises publiques". Et il ajoute l'argument habituel : "dont la majorité est en difficulté financière malgré les sommes astronomiques qui leur ont été versées dans l’urgence".

La duplicité de l'Exécutif

Devant la représentation nationale, le ministre des finances, représentant de l'Exécutif n'a pris aucun engagement concernant le maintien dans le secteur public des grandes entreprises industrielles stratégiques. Parallèlement une opération de communication agressive est engagée par le ministre de l'industrie sur le thème : les entreprises publiques industrielle, on s'en occupe. Il annonce quelques milliards par ci par là. Devant la détermination des milliers de travailleurs de la SNVI soutenus par la redoutable zone industrielle de Rouiba, le ministre de l'industrie annonce l’affectation d’une enveloppe d’un milliard de dollars pour la modernisation et l’acquisition des équipements nécessaires à cette entreprise. Le chiffre est joliment rond. Mais, avertit le ministre, «Il reste à déterminer le mécanisme qui donnera forme à ce soutien». Cela ne mange pas de pain, disent les Français à propos des promesses... Abandonnant pendant une journée sa sucette du crédit à la consommation, Sidi Saïd le chef de l'administration syndicale est allé à Rouiba prêter main-forte à l'opération de communication du ministre RND. “Ni la SNVI ni aucune grande entreprise publique ne seront privatisées” assure-t-il. Sans bien sûr évoquer le sabotage institutionnel délibéré de la production du complexe, il soutient la demande d'une "enveloppe" pour alimenter le budget de fonctionnement de l’entreprise". De quoi payer les salariés et les calmer pendant que la SNVI continue de couler et que les vautours attendent ?

 

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