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Publié par Saoudi Abdelaziz

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Dans une économie encore dominée par les rapports inégaux entre l'Algérie et l'Union européenne, la rumeur de nouveaux investissements chinois dans notre pays  fait crier au "péril jaune", certains médias libéraux, comme Liberté ce matin qui titre : recours de l'Algérie aux fonds d'investissement chinois, un endettement à haut risque" 

Il y a quatre ans, notre blog mettait en ligne un article de la journaliste écologiste Audrey Garric du journal Le Monde sur la supériorité de la Chine dans le secteur de l'énergie solaire. Bienvenue à la Chine pour ce secteur prioritaire de la notre économie!

Comment la Chine domine-t-elle le marché du solaire?

Par Audrey Garric. 7 octobre 2011

Elle est connue comme "l’usine solaire du monde". La Chine a beau être l’une des économies les plus polluantes de la planète, engloutissant des barils de pétrole et carburant aux centrales à charbon, elle conforte aussi chaque jour davantage sa position dominante dans le secteur de l’énergie solaire.

 Pékin, c’est le premier producteur mondial de panneaux photovoltaïques, avec désormais 70 % des parts de marché du secteur. Huit des douze plus gros fabricants mondiaux de cellules photovoltaïques, comme Suntech Power, JA Solar ou Yingli Green Energy, sont en effet originaires de Chine ou de Taiwan.

Une performance obtenue en moins de dix ans, grâce essentiellement à une tarification très agressive. Les prix des panneaux solaires chinois ont ainsi récemment chuté à 1,2 dollar par watt généré, contre 1,7 dollar l'an dernier, soit un coût nettement plus faible que la moyenne mondiale, qui s’élevait à environ 2 dollars en 2010. Les entreprises chinoises peuvent en effet compter sur le soutien de Pékin, en obtenant des prêts intéressants auprès des banques d'Etat. Le pays, qui vient d’inscrire les énergies renouvelables dans son nouveau plan quinquennal, a par ailleurs mis en place des subventions pour les grandes installations solaires, couvrant ainsi une partie de leurs coûts d’installation.

 Le boom du photovoltaïque est tel que dans de nombreuses régions, comme dans le Qinghai, à l'ouest du pays, le bassin d'emploi local a été asséché par les développeurs de projets solaires qui se bousculent pour obtenir davantage de travailleurs. China Power Investment Corp a par exemple demandé l'aide de l'armée, employant deux mille soldats pour installer des panneaux solaires.

Conséquence : les entreprises chinoises sont parvenues à écarter un à un leurs principaux concurrents étrangers. Ces derniers mois, ce sont encore trois grosses entreprises américaines qui ont fait faillite, victimes de la guerre des prix dans le solaire : le fabricant de panneaux Solyndra – qui avait pourtant lui aussi profité d’une aide d’Etat, avec le plan de relance de l'administration Obama en 2009 - Evergreen Solar, qui a été coté au Nasdaq, et SpectraWatt.

  Mais en réalité, cette politique des bas coûts qu’elle a initiée, la Chine en paye aussi le prix. Nombre d’entreprises chinoises peinent à dégager des marges de profit, tant les prix sont tirés vers le bas et l’écoulement des stocks rendu difficile par l’âpreté de la concurrence. D’autant que Pékin est confronté à un affaiblissement de la demande, alors que l’Italie, la France ou d’autres pays européens, qui achetaient jusqu’à présent près de 80 % des panneaux solaires chinois, ont décidé de moins subventionner ces énergies renouvelables encore coûteuses à l’achat.

Pour soutenir son industrie, Pékin a alors mis en place des garanties gouvernementales aux prix d'acquisition pour les équipements électriques fonctionnant au solaire. La Chine, qui jusqu’alors exportait 95 % de la production à l'étranger, est en train de devenir un important consommateur de sa propre énergie solaire. Le marché du photovoltaïque domestique double ainsi chaque année et on estime qu’une maison sur dix est pourvue d’eau chaude solaire dans le pays. Le pays, qui compte pour l’instant une puissance installée de "seulement" 1 GW, vise 10 GW en 2020.

Par ces mesures, la Chine cherche aussi à réduire l’intense pollution qui touche ses villes ainsi que sa dépendance au charbon, pétrole et gaz, d’autant plus que, depuis l’accident nucléaire de Fukushima, elle ne souhaite plus investir massivement dans le nucléaire.

Le secteur du solaire devrait donc croître encore très rapidement dans les années à venir. Seul risque, selon les analystes : que le réseau électrique, encore peu développé, ne suive pas le rythme des raccordements, comme cela avait été le cas lors du boom de l’éolien, il y a trois ans.

Source :  Ecologie.blog

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