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Publié par Saoudi Abdelaziz

"En Algérie on transforme des sites archéologiques en gravats. Quel environnement peut-il vraiment émerger d'une telle gouvernance environnementale?" Photo DR

"En Algérie on transforme des sites archéologiques en gravats. Quel environnement peut-il vraiment émerger d'une telle gouvernance environnementale?" Photo DR

Le blogueur écologiste Karim Tedjani donne son avis à propos de la "contribution  provisoire" de l’Algérie à la prochaine Conférence mondiale sur le Climat qui se tiendra bientôt à Paris.

Extrait de la première partie de cet avis.

 

"(...) La posture de notre pays semble  y être, de plus,  trop souvent celle  d’une nation du Tiers Monde, quémandant au Nord une  assistance massive.  Et non  l’attitude d’un pays qui aurait dû prendre le chemin de l’émergence depuis au moins quelques années.  « La  contribution provisoire de l’Algérie est donc soumise sous conditions de l’accès aux ressources financières extérieures nouvelles tant auprès de ses partenaires bilatéraux que multilatéraux ainsi que du transfert de technologies propres en des termes concessionnels et préférentiels et du renforcement de ses capacités techniques. »

Le style est pudique, mais l’intention est presque indécente. Pour un pays qui  a disposé de fonds colossaux durant ces  dernières « dix glorieuses ». Certes  pour une  large partie de privilégiés et d'aventuriers de tous poils.  Qui ont précédés un lourd tribut payé par le sang, une décennie noire  des plus traumatisantes pour l’ensemble de la société algérienne contemporaine. Comment l’Algérie n’ose-t-elle pas avouer  qu'elle  n’a rien fait de concret pour anticiper ces changements climatiques;  alors que sa diplomatie est au fait et active dans  cet enjeu de développement majeur ? Depuis plus d’une quinzaine d’années  déjà...

L'Algérie a été un pays pionnier, en Afrique, dans une implication multilatérale de la protection, conservation, et préservation de l'environnement. Mais il me semble que cela n'est plus vraiment le cas en lisant cet exposé insipide, qui veut dire surtout:" je n'ai rien fait...ce n'est pas de ma faute...aidez-moi à me rattraper oh bonnes gens! " Un discours un peu adolescent qui ne fait pas honneur à la sagesse ancestrale de nos ancêtres les plus lointains et communs...De nature,  les Algériens , homme ou femme,    ont  horreur de  demander   l'aumône à  leurs voisins; surtout lointains. Ils préfèrent donner plutôt que  de recevoir, quand ils en ont les moyens.  Et comme  est peut-être un principe de base pour eux , ils s'arrangent toujours pour avoir un plan B en cas de coups dur...

On  oublie d’insister catégoriquement  sur la nécessité d’une lutte sans merci contre la déforestation criminelle qui fait rage dans ce pays,  d’une véritable application de ses lois environnementales revues à la hausse en matière de pénalisation, d’une politique agricole basée sur des procédés non chimiques. On ne parle et se plaint que de la fragilité de notre couverture végétale sans admettre qu’elle est surtout devenue le produit d’une gestion environnementale calamiteuse ; systémique au sein de la grande majorité de la société algérienne. De bas en haut, comme de haut en bas, le bât blesse toujours et la proue penche le plus souvent du côté de l’abîme écologique et des plus bas intérêts.

Comment, de plus, un pays peut-il affirmer qu’il n’a aucune responsabilité historique, quand il importe depuis sa création la majorité de ce qu’il consomme ? Quel est le véritable bilan CO2 et  ainsi que l’empreinte écologique d’une nation dont les ports et les aéroports, mais aussi  les autoroutes sont gorgées de produits en provenance de pays lointains ? Elle ne se mesure pas en Algérie, mais pèse il me semble , tout de même,  sur l’ensemble du système d’émissions mondiales de CO2.

Elle est moindre, certes, que les pires...elle pourrait  cependant devenir  très vite conséquente et préoccupante sans de véritables évolutions sociétales, plus que des transitions "vertes" . C'est du moins ce que mon simple instinct me suggère. Juste un avis...celui de l'hôte et de l'invité; d'un fils d'immigré qui a décidé de connaitre son pays d'origine en profondeur. Il y a tant de choses valables à l'échelle globale, dans le l'égo-système Algérie; il faut parfois sorti de la bulle algérienne pour que de nouvelles perspectives  nous apparaissent. Mais cela seulement au prix d'une immersion longue et récurrente dans les profondeurs apparentes de cet aquarium social qu'est en train de devenir mon cher pays. responsabilité donc; historique déjà... 

Que dire de tous ces chantiers pharaoniques, régulièrement prétextes à des gâchis d’énergies, d’eau et de ressources naturelles ? Tous ces vices de forme qui ont coûté des tonnes considérables d’émissions de gaz à effet de serre à l’économie algérienne ? Combien de substances toxiques, polluantes et coupables de polluer notre atmosphère nationale ont été accomplis sans une réelle entrave de la part des autorités locales ou nationales ? Que va peser l’introduction du gaz de schiste dans ce bilan carbone, mais surtout  la santé écologique de l’Algérie et celle des Algériens ? Quelles ressources hydriques, quels sols seront préservées quand on parle de céder à l’agriculture industrielle  américaine un immense terrain d’expérimentation ? Pour quoi ne pas développer une autre façon de concevoir la nourriture; d'abord inspirée par un savoir faire local; soutenue par d'autres algériens vivant en dehors de leur pays d'origine et de cœur. 

Cette responsabilité climatique  est non seulement chronologique, mais elle n’ira qu’en croissant ; à mesure que les pollueurs, les affairistes ainsi que les prédateurs en tous genres n’auront aucune éthique environnementale, donc aucun vrai patriotisme pour inspirer leurs entreprises de développement  seulement individuels. Elle est donc réelle et elle le deviendra encore plus à l’avenir. Nos enfants en payerons le prix...Nous aussi...Mais pas tout le monde...

 Quid de toute cette absence de promotion de l’université, des sciences des climats, de l’écologie négligée? Comment devenir un jour souverain face à une gouvernance climatique mondiale de plus en plus contraignante dans ses ambitions ? Quelle vision algérienne se dégage de ce texte d'introduction, est-elle  fondée sur une synthèse de nos traditions variées ; poussée vers la modernité par une expertise algérienne locale et migrante?  Qui doivent impérativement trouver dans leur pays tous les moyens pour développer ce volet à l’échelle locale ; et non seulement globale...

Qu’est-ce qui nous  prouvera que ces objectifs seront vraiment réalisés en toute bonne foi et sincérité ?  Quand on sait toute la lenteur, l’immobilisme  ainsi que  la corruption qui gangrène  certains  organismes  clefs  chargés d’environnement en Algérie ? Qu’ils soient étatiques, civiles ou privé ?

Pourquoi n’insiste-t-on pas non plus  sur l’impuissance des politiciens et des médias algériens conventionnels à stimuler une émulation nationale, ainsi qu’une approche environnementale où la société algérienne serait enfin  réconciliée avec ses espaces naturels et publiques ?

Il n’y aucune vision, aucune originalité, aucune critique constructive dans ce préambule indigeste  qui dessert surtout de réelles propositions pertinentes. Car si j’ai été si dur avec ce début de projet ; je ne pourrais être aussi intransigeant dans ses objectifs. Du moins si l’on accepte que la question du CO2 doive primer sur toutes les autres prérogatives écologiques. Ce qui n’est pas tout à fait mon cas, et celui de beaucoup d’entre nous....

 Mais, il faut également préciser, à la décharge de ce document qu'il s'appuie sur le RAPPORT DE 2007 du GIEC; espérons que l'Algérie va revoir sa copie maintenant que le dernier rapport a été publié."

Source: Nouara-algerie.com

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