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Publié par Saoudi Abdelaziz

Paris. Slogan peint en 2011 sur le Pont des Arts.Photo DR

Paris. Slogan peint en 2011 sur le Pont des Arts.Photo DR

Extrait de l'étique en toc,

roman de Didier Daeninckx publié en avril 2000

« Pendant plus de trente ans, on n’a comptabilisé que trois morts, dont un Européen, lors des massacres d’octobre 1961, dans les rues de Paris. Le préfet Papon a pu dormir sur ses deux oreilles, personne ne lui rappelait les cris des suppliciés. Le long temps d’une génération, pas un historien n’a relevé ses lustrines pour se plonger les mains dans le cambouis de la raison d’Etat. Il a fallu que ce soient des francs tireurs, écrivains, éducateurs, des incontrôlables qui s’y collent… Sous la pression, les « officiels » sont montés à trente morts, et peut-être qu’à la fin du premier siècle du troisième millénaire, quand nos os blanchiront au soleil froid des cimetières, on ajoutera le zéro qui manque au bilan de la tragédie… Je sais ce que tu vas me dire : qu’une exception ne fonde pas la règle… Une exception le 17 octobre ? Silence dans les rangs sur tous les Ouradour d’Afrique, d’Indochine… Silence sur Madagascar, silence sur Sétif, silence sur les corvées de bois, silence sur les crevettes-Bigeard, silence sur l’exécution d’Eloi Machoro ! Il a fallu attendre quatre-vingt ans pour que le Premier ministre exprime sa compréhension pour le geste des soldats mutinés d’avril 1917. Quatre-vingt ans ! Pendant tout ce temps, des historiens ont occupé le terrain pour nous dire que, d’après les documents, il n’y aurait eu que quelques dizaines de fusillés pour l’exemple, que la rumeur avait fortement amplifié l’impact des refus d’obéissance. Comme si les assassins des poilus flingués dans le dos parce qu’ils ne voulaient aller se faire tuer comme des lapins avaient dressé un procès-verbal en bonne et due forme de leur forfait ! »

Didier Daeninckx. Ethique en toc, p 83. Collection Le Poulpe, Librio noir, 2000.

 

Dans la nuit du 17 au 18 octobre, le préfet de police Maurice Papon publie un communiqué annonçant que la police a dispersé une manifestation à laquelle la grande masse des Algériens avait dû participer sous la contrainte du FLN et que « des coups de feu avaient été tirés sur les forces de police qui avaient répliqué », faisant deux morts et plusieurs blessés. Dans la nuit du 18, lors d'une session de l'Assemblée Nationale, le ministre de l'Intérieur Roger Frey présente une version similaire (Wikipedia)

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