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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Ils se désintéressent des campagnes électorales, de l'activité  des partis et des débats proposés. Est-ce un refus de citoyenneté ou l'absention à l'égard d'un terrain politique jugé sans intérêt ?

El Watan rend compte d'une enquête sociologique de l'Afrobaromètre dont le rapport a été rendu public avant-hier. Rien de bien nouveau par rapport à ce que chacun constate empiriquement . Deux constats très contradictoires retiennent l'attention du blogueur. D'une part, l'immense majorité (90%) des jeunes Algériens de 18-29 ans est hostile à la violence politique, ce qui indique l'existence d'un terreau très favorable à l'activité politique citoyenne. D'autre part,  seuls 50% d'entre eux s'intéressent aux affaires publiques, loin derrière leurs congénères du Maroc (55%), de Tunisie (67%) et d’Egypte (78%).

El Watan titre de manière abrupte :"Les jeunes Algériens de plus en plus dépolitisés". Plus nuancé, le HuffPost-algérie, qui a interrogé un politologue, titre sur une question intéressante: "les jeunes Algériens "dépolitisés" ou méfiants à l'égard des politiques?".

A propos du rejet de l'usage de la force en politique par 90% des jeunes, le politologue interrogé par Mehdi Alioui explique : "C'est un "enseignement positif" qui semble avoir été tiré de la plongée dans les violences dans les années 90". Autres propos du politologue anonyme:

"Ce ne sont pas les jeunes - et les Algériens - qui sont dépolitisés, c'est "l'offre politique" existante qui ne fonctionne pas et n'attire pas les gens. Pour lui, le début d'engagement politique de la jeunesse algérienne après les émeutes d'Octobre 1988 a été brutalement interrompu par l'échec du processus démocratique, "le printemps algérien" et la plongée du pays dans les violences à partir de 1992. Les constats Afrobarometer ne sont pas les signes d'une "dépolitisation" mais d'une "méfiance généralisée" à l'égard de la politique qui fait partie des "effets durables de la guerre civile des années 1990". C'est cette même méfiance qui explique l'échec des tentatives lancées en 2011, notamment par Said Sadi, d'accrocher l'Algérie au mouvement révolutionnaire en Tunisie. Les jeunes sont restés "indifférents" et souvent "hostile" aux appels de Saïd Sadi et des autres opposants".

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