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Publié par Saoudi Abdelaziz

En l'absence de communication officielle, les médias  s'efforcent de nous expliquer pourquoi trois généraux responsables de secteurs sécuritaires sensibles ont été limogés. Sont concernées : la Direction de Sécurité intérieure (DSI), la Garde républicaine et la Garde présidentielle.

El Watan consacre son "Repère" d'hier à l'évènement. Omar Berbiche écrit d'emblée "qu'Il a dû se passer sans doute quelque chose de grave" pour que le président Bouteflika "limoge sans autre forme de procès " les chefs de trois "corps sensibles" sécuritaire. Le Répère d'El Watan s'efforce de rassurer les fans du général Tewfik et du DRS-canal historique. Il explique : "Les rapports entre le président de la République et le patron du DRS sont si complexes qu’ils ne peuvent pas pâtir d’événements qui pourraient remettre en cause le deal et le fragile équilibre qui lient ces deux pôles du pouvoir. C’est l’hypothèse la plus plausible car, en tant que patron suprême des services de renseignement, le général Toufik est le chef hiérarchique des responsables des patrons des services limogés, notamment du chef du Département du renseignement et de la sécurité intérieure. Il a, à ce titre, une responsabilité organique sur le fonctionnement de ces structures". D'autant plus, ajoute Berbiche à propos des responsables limogés que "leur fidélité et loyauté à Bouteflika sont connues de tous".

"Que se passe-t-il au sommet de l'État" ? titre Liberté dont l'analyse semble très différente. Lyas Hallas note : "C’est une véritable purge au sein du DRS qui est presque dissous avec le rattachement de la DGSPP et son Groupe d’intervention spécial (GIS) à l’état-major de l’armée. Une seconde restructuration après celle de septembre 2013 rattachant la Direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA) à l’état-major". Contrairement à son confrère d'El Watan, l'analyste de Liberté pense que ce changement "met désormais Mohamed Toufik Mediene sur la sellette. Désormais, il ne donne ni ordre ni ne signe quoi que ce soit concernant la présidence de la République et les personnels de l’armée. Il n’exercera plus aucune influence sur des pans entiers de l’État qui, jadis, étaient sous son contrôle direct".

De l'autre côté de la scène médiatique, le site El Erg echergui rapporte une information assortie d'une vidéo. On y apprend que le capitaine Ahmed Chouchane, celèbre officier dissident opposé à la conduite de la lutte anti-terroriste dans les année 90, apporte "pour la première fois" un soutien l' état-major de l’ANP et "demande au peuple, aux partis et aux troupes de lui témoigner une solidarité sans faille". Le site explique ce "revirement historique" par "la série des dernières nominations officielles intervenues à la tête de différents services de sécurité".

Post-scriptum

Ce matin l'éditorial d'El Watan intitulé "Changement dans l'immobilisme", se termine par cette phrase : "Ces changements pris dans un tel contexte nous rappellent les propos du prince Salina du roman Le Guépard, affirmant d’un ton péremptoire face aux turbulences de l’Italie de la révolution de Garibaldi et se voulant rassurant à l’égard des privilégiés dont il faisait partie : «Pour que tout reste tel quel, il faut que les choses changent.»

Comme les lecteurs du chef d'oeuvre de Lampesuda le savent ce n'est pas le prince Salina qui a prononcé cette phrase abondamment utilisée. C'est le neveu et pupille du prince, le jeune Tancredi Falconeri (qui est interprété par Alain Delon dans l'adaptation cinématographique de Visconti) qui explique à son oncle dépassé par les événements pourquoi, lui jeune noble, il participe à la révolution garibaldienne puis rejoint l'armée régulière. Selon Tancredi, « pour que tout reste comme avant, il faut que tout change », c'est ce qui l'amènera à participer à la révolution afin de conserver les avantages de sa classe.

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