Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

Photo DR

Assiste-t-on au transfert du rôle d'impulsion économique (absent) de l'Etat vers les "conglomérats" ces groupes multi-activités qui ont émergé du coeur du système durant les trois dernières décennies, en combinant bénéfices des marchés publics et concessions d'importation? 

Selon la définition habituelle, "un conglomérat est un groupe constitué d'entreprises aux activités très différentes, ce qui permet de diversifier les risques : les pertes de certaines activités pourront être compensées par les profits d'autres activités". Depuis une années, l'exigence d'un rôle d'impulsion pour les conglomérats a été relancée par Ali Haddad qui pratique un véritable blitzgieg conceptuel. Depuis sa désignation controversée, le personnage a réussi à unifier les grands patrons autour d'une plateforme en vue d'influer de manière décisive sur les orientations économiques et sociales du pays.

Diversification sans limites

Premier pas en avant : la reconnaissance du principe de diversification sans limites des activités des conglomérats. Dans un article du 2 mars dernier intitulé Le blanchiment industriel de l'argent sale est-il possible en Algérie? le blogueur notait d'abord : "C'est le nouveau pari ultime, après trois décennies d'incohérence néolibérale. Le secteur privé peut tout faire en Algérie, annonce Ali Haddad. Le président du FCE qui, dit-on, est au coeur du système de décision, précise : "Seule la Défense devra demeurer comme secteur stratégique". Cette percée stratégique a été activement soutenue par l'ensemble des chefs de files des conglomérats algériens. A propos du secteur économique de la Défense nationale Ali Haddad réaffirmera lundi dernier au cours d'une conférence de presse : "On ne touchera pas au secteur militaire". Mais il ajoute comme pour enfoncer un coin "mais si le service militaire ou l’industrie militaire a besoin de nous, on n’hésitera pas à l’aider".

Percées financières

Ce développement diversifié des conglomérats a besoin d'être nourri financièrement, en ces temps de baisse du baril. On sait que les conglomérats unis autour de Rebrab et Haddad ont réussi à obtenir la possibilité d'exporter des devises pour financer leur "développement à l'international". Ils enregistrent aujourd'hui une nouvelle victoire: une ordonnance présidentielle facilite l'ouverture de comptes bancaires aux détenteurs de capitaux noirs accumulé frauduleusement. Cette mesure, précisée hier par le ministre des Finances, est selon Mustapha Mekideche le chroniqueur du quotidien Liberté "une percée inédite et la plus significative". "Mais ajoute-t-il nous ne savons pas encore le montant du ticket d’entrée de ces capitaux gris dans la sphère bancaire et les premières réactions de leurs titulaires. Affaire à suivre".

Au cours de la conférence de presse de lundi dernier, le patron du groupe Amor Benamor a rassuré les aspirants titulaires : cette décision "ne vise pas à renflouer les caisses mais à remettre cette trésorerie dormante estimée à 40 milliards de dollars dans le circuit économique. Il permettra à ses détenteurs, une fois blanchis aux yeux du fisc, d’entreprendre une "activité productive". Les nouveaux investisseurs" bancarisés seront sans doute tenté de placer leurs fonds dans le business des conglomérats ayant pignon sur rue et "couverts" par l'Etat. La conséquence principale serait pêut-être de foncer la teinte grisâtre naturelle des conglomérats algériens.

Le modèle sud-coréen

M. Haddad et ses confrères conglomérés qui demandent patriotiquement de "protéger la production nationale" se sentent-ils vraiment capables de rééditer l'histoire de ces fameux "chaebols" de Corée du sud -dont Samsung est le modèle- qui avaient réussi, il y a plus d'un demi siècle, à bâtir leur large pouvoir économique, sous la protection de la dictature. Ces conglomérats avaient "légalisé" l'abondant argent sale noir accumulé au lendemain de la deuxième guerre mondiale, grâce à la revente des produits importés du pays vainqueur, les Etats-Unis. 

Le système en place a t-il opté pour la consécration de l' incapacité de la puissance publique à élaborer et mettre en oeuvre une authentique ambition de developpement national. Sur cette ambition de copier le modèle sud-coréen, le blogueur notait au début de l'année : "Mais l'Histoire repasse-t-elle les plats? Karl Marx disait oui, l'histoire se répéte, mais "la seconde fois comme farce".

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article