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Publié par Saoudi Abdelaziz

 ©M. Mehenni/Liberté

©M. Mehenni/Liberté

Arrêté sur mandat d'arrêt du procureur de la République, Kamel Eddine Fekhar est un ancien dirigeant local du FFS à Ghardaïa, dont il sera exclu après qu'il se soit prononcé pour l’autonomie du Mzab. Son arrestation très médiatisée est au diapason de l'interprétation donnée par Ahmed Ouyahia aux affrontements meurtriers qui ont profondément traumatisé les Algériens. Fekhar est-il le bouc émissaire masquant des calculs de régression politique autrement plus dangereux pour la cohésion nationale?

"Figure politique diabolisée, bête noire des salafistes et des médias proche de l’appareil sécuritaire, Fekhar est le «parfait émissaire» De Ghardaïa, Mohand Aziri rapporte dans El Watan des réactions à son arrestation. Pour Slimane, retraité d’une banque, Fekhar «est devenu le coupable idéal qu’on charge de tous les crimes commis et non commis (…) c’est une façon de nous dire : dénoncez-vous, vous les Mozabites, dites que vous êtes les responsables de vos morts et de la destruction qu’il y a eus et on vous f…la paix». Mohamed Tounsi du conseil des notables de Melika estime que l’arrestation de Fekhar dont «l’influence est marginale» au sein de la communauté ait des «objectifs inavoués» et va dans le sens de la provocation d’une réaction des Mozabites qui légitimerait une plus grande répression. A Hamou Mesbah, fédéral du FFS, cette arrestation et sa mise en scène inspirent de l’ironie : «C’est comme s’ils avaient capturé Al Baghdadi (calife de Daech) en personne ou Mokhtar Belmokhtar.» «C’est un militant politique, rappelle-t-il, avec qui nous ne sommes pas d’accord, un militant des droits de l’homme et qui ne s’est rendu responsable d’aucune incitation à la haine ni d’aucun crime".

"L'arrestation de ce militant pacifiste étonne lit-on dans Le matin-dz. "Il est clair que les services de sécurité semblent lui reprocher la médiatisation des tragiques affrontements du M'zab, à travers ses différentes interventions et appels sur les réseaux sociaux. Cette opération coup de poing dans une mosquée mozabite interroge. Qui est le plus dangeureux : ce militant qui active à visage découvert ou ces nervis intégristes armés qui ont tué plus de 20 Mozabites et blessé des dizaines d'autres en deux jours de pillages et de traques dans les rues de Ghardaia ?"

"Certains, redoutant ou appréhendant les conséquences de cette arrestation (Reporters-dz) en ce moment précis de grande tension, s’interrogent : « Et maintenant que va-t-il se passer ? Est-ce que cette arrestation va permettre de résoudre les problèmes de cohabitation qui se sont accumulés depuis des années et qui sont, hélas, arrivés à un point de haine et des pics de violence jamais égalés », alors que d’autres « saluent cette arrestation », mais restent convaincus « qu’elle n’est pas suffisante si elle n’est pas accompagnée d’autres mesures, telle la sévérité des jugements contre tous ceux ayant commis des actes de violence ou incité à la violence, et parallèlement consolider le développement de la région par des programmes tous azimuts, notamment dans les domaines de l’habitat, de l’emploi, de l’agriculture, de la santé et de la culture ». Pour d’autres, « cette arrestation ne fera qu’envenimer une situation déjà au bord de l’explosion. Elle ne participera en rien au retour au calme. Bien au contraire, elle attisera le feu de la fitna en présentant Kamel Eddine Fekhar comme une victime du système et du régime qu’il n’a cessé de dénoncer ». C’est dire que cette arrestation a eu un écho tel qu’elle est différemment accueillie par les deux communautés.

"Depuis plusieurs années, ce vibrion tente de créer une rupture fatale dans l’harmonie sociale de la vallée du M’zab, écrit El Erg echergui, un blogueur de l'opposition radicale. Chassé du FFS pour agissement compromettant, il se rapproche des extrémistes berbéristes dont il s’abreuve de leur idéologie haineuse. A chaque trouble entre les M’zabi et la police ou leurs voisins les Chaamba, s’il n’est pas l’auteur direct du trouble, il en attise la tension en jouant sur la fibre tribale et ethnique. Faisant feu de tout bois, ses mots préférés : racisme, massacre, extermination, discrimination, etc. Les berbéristes qui n’attendent que ces paroles, se délectent de leur manipulation. Le résultat est d’autant plus savoureux que l’État a manqué à ses devoir et laissé des énergumènes comme lui nuire à la stabilité du pays."

 

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