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Publié par Saoudi Abdelaziz

Pourquoi les trois généraux sont-ils partis sans être remerciés? Les rumeurs lâchées par des chaînes de télévisions laissent les Algériens politisés dubitatifs. Les quotidiens El Watan et Liberté font ce matin appel à leurs sources du DRS-canal historique qui contestent "le pretexte des incidents". Le Quotidien d'Oran ne mange pas de ce pain là et préfère botter en touche en renvoyant dos à dos les protagonistes du feuilleton de l'été. Pendant ce temps l'argent noir doit devenir gris et la politique sociale doit se limiter à l'aide aux nécessiteux, demande le patron des patrons.

Le DRS-canal historique et ses sources

El Watan fait appel à sa journaliste Salima Tlemçani proche du DRS-Canal Historique pour éclairer ses lecteurs, apparemment peu convaincus par les explications apaisantes du quotidien au lendemain des limogeages. (lire ici) Ayant fait le tour "des sources sécuritaires informée", la spécialiste affirme que les défaillances dans la protection de la résidence présidentielle ne sont qu'un prétexte aux limogeages. Elle résume : "En tout état de cause, les déclarations de nos sources convergent vers «la théorie du complot» que les locataires d’El Mouradia veulent faire croire à l’opinion publique, en réaction à une menace probable sur leur règne". Mme Tlemçani, qui cite les conclusions de ses sources : «Les trois gradés de l’armée limogés sont tous considérés comme des alliés du patron du DRS. Raison pour laquelle ils ont été écartés. Est-ce le début de la fin ? Nous n’en savons rien. Ce qui est certain, c’est que le clan présidentiel est en train de renforcer ses positions, quitte à sacrifier ses alliés d’hier". Hacen Ouali illustre cette analyse en dressant un portrait d'un de ces alliés d'hier sacrifiés, le général-major Djamel Kehal Medjdoub, chef de la Garde présidentielle. "Durant dix ans, il était l’ange gardien de Bouteflika auquel il a voué une loyauté sans faille". Pourquoi l'écarter alors ? "C’est le patron du Département du renseignement et de sécurité, Mohamed Mediène, qui l’a rappelé de Paris où il était en poste pour rentrer à Alger et s’occuper de la sécurité du président de la République".

Le quotidien Liberté conforme et développe l'analyse publiée au lendemain du limogeage.  Lyas Hallas écrit : "La thèse de la “négligence” dans la sécurité du Président (...) est un alibi pour poursuivre la restructuration du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), seul véritable contrepoids au pouvoir de la Présidence. Après le rattachement de la DGSPP à l’état-major de l’ANP, le DRS est, comme on dit dans le management, réduit à ses métiers de base : l’espionnage et le contre-espionnage. Le DRS n’a plus aucun contrôle sur l’armée depuis le rattachement de la Direction centrale de sécurité de l’armée (DCSA) et du service de la Police judiciaire à l’état-major en septembre 2013 déjà, et inutile de dire aussi qu’enlever son “œil” à la Présidence affaiblit davantage le général Mohamed Toufik Mediene sur le front interne. 

"Président impotent" et "général liberticide" 

Le Quotidien d'Oran consacre de son côté aujourd'hui son éditorial et son analyse à l'évenement. Les deux bottent en touche. "Le mal est profond écrit l'éditorialiste M. Abdou Benabbou et la remise sur pied du pays ne peut se contenter de quelques mises à la retraite forcées aussi remarquables soient-elles ni de quelques initiatives justifiées prises par à-coups. Les problèmes sont si lourds qu'une interpellation patriotique urgente et générale est devenue l'unique impératif. Il s'agit pour chaque Algérien de commencer par donner une juste appréciation de la grande cage à lions dans laquelle il est prisonnier". Dans son analyse Kharroubi Habib s'exclame : "Peu chaut aux Algériens qu'un président impotent l'emporte sur un général liberticide et vice versa. Ce qu'ils veulent c'est la fin d'un système dont l'un et l'autre sont voués à sa sauvegarde du naufrage inéluctable auquel le condamne la prise de conscience citoyenne de plus en plus mature qui se fait jour dans la société algérienne".

 

Deux innovations sémantiques

le HuffPost-Algérie semble faire l'impasse sur le feuilleton. Il titre ce matin : "EMERGENCE Ali Haddad a présenté le plan des patrons à Sellal: "blanchir" l'argent "gris" et s'attaquer aux subvention.

Nous apprenons que l'organisation patronale propose deux innovation sémantiques. D'abord l'argent secret (en dinars et en devises) accumulé par la corruption, les "commissions" sur les marché publics , les fraudes diverses à la douane, au fisc, à la sécurité sociale, etc, ne doit plus être considérée comme de "l'argent noir".  C'est de l'argent "gris" presque honorable puisqu'l ne vient pas du trafic de drogue ou des rançons payés aux terroristes. La FCE propose donc de lui ouvrir des comptes en banques. Moyennant une petite commission...

Deuxième innovation : il ne faut plus parler de soutien de prix de large consommation mais d'aide aux nécessiteux comme au bon vieux temps de Mme La France.

 

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