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Publié par Saoudi Abdelaziz

L'immense affimation de la souveraineté nationale en Grèce, le 5 juillet, a été immédiatement puni par le coup d'Etat mené, le "pistolet sur la tempe", par le système néolibérale européen, fondé sur "une zone euro disciplinaire". Le coup d'Etat a été honteusement avalisé par la classe politique "de gouvernement" du vieux continent, droite libérale et social-démocratie réunies.

En punissant le peuple grec, le système dirigeant a pourtant fait un mauvais calcul. "Si les Grecs ont voté « non » sur la base d'espoirs irréalistes, consistant à voir les autres démocraties de la zone euro contraintes d'accéder aux souhaits grecs, ils pourraient bien s'orienter vers une nouvelle et profonde déception - et tirer leur propre leçon de démocratie" estime Dani Rodrik, professeur d'économie politique internationale à l'Université d'Harvard. Voici la conclusion de son analyse publiée ce matin dans le journal économique français La Tribune et intitulé

"La fin d'une certaine idée de l'Europe".

"Si le référendum grec constitue quelque victoire, c'est bien celle de la souveraineté nationale. Et c'est précisément l'aspect le plus inquiétant pour l'Europe. L'Union européenne, et plus encore la zone euro, se sont construites sur l'espoir que l'exercice de la souveraineté nationale s'estomperait au fil du temps. Cet objectif a rarement été formulé explicitement ; après tout, la souveraineté est quelque chose de très populaire. Mais tandis que l'unification économique limiterait peu à peu la marge de manœuvre de chaque État, l'espoir existait de voir les démarches purement nationales s'exercer de moins en moins fréquemment. Le référendum grec a peut-être enfoncé le dernier clou du cercueil de cet espoir. (...). La conséquence est aujourd'hui une Europe dans laquelle la démocratie ne peut être réaffirmée que par le martèlement de la souveraineté nationale. Et c'est précisément  ce qu'on fait les électeurs grecs. Si tout référendum revêt une profonde importance, c'est principalement sur le plan de la symbolique politique. Reste ainsi à savoir si l'opinion publique grecque aurait également le cran de faire face aux mesures économiques - notamment sortie de la zone euro et mise en place d'une monnaie nationale - qu'impliquerait une véritable souveraineté nationale. Après tout, il est peu probable que les modalités proposées par les créanciers du pays changent radicalement. Si les Grecs ont voté « non » sur la base d'espoirs irréalistes, consistant à voir les autres démocraties de la zone euro contraintes d'accéder aux souhaits grecs, ils pourraient bien s'orienter vers une nouvelle et profonde déception - et tirer leur propre leçon de démocratie. Source : La Tribune.fr

Le «pistolet sur la tempe»

Tranchant avec le soulagement manifesté à Bruxelles après l’accord conclu à l’arraché entre Athènes et ses créanciers, des voix s’élevaient lundi en Europe contre ce compromis, obtenu « pistolet sur la tempe » d’Alexis Tsipras, premier chef d’un gouvernement de gauche radicale sur le Vieux continent.

« Ce que l’on recherche en Grèce, c’est à faire un coup d’État financier, à transformer [le pays] en protectorat », a ainsi lancé l’ancien eurodéputé espagnol Pablo Echenique, élu régional du parti antilibéral Podemos, le plus proche allié européen de Syriza, le parti du premier ministre grec. « La solidarité européenne n’existe pas », tempêtait M. Echenique, considéré comme un « dur » au sein de Podemos, le parti de Pablo Iglesias.

Plus que n’importe où ailleurs en Europe, la situation de la Grèce est suivie avec attention en Espagne, où Podemos est devenu en un peu plus d’un an la troisième force politique et où des législatives doivent avoir lieu dans moins de six mois. Pour Podemos comme pour l’ensemble des formations de gauche antilibérales européennes, qui avaient fait d’Alexis Tsipras un héros de la lutte contre l’austérité et un modèle à suivre, l’accord conclu lundi avait un goût amer.

En France, Jean-Luc Mélenchon, cofondateur du Parti de gauche et proche d’Alexis Tsipras et de Pablo Iglesias, a repris l’expression la veille d’un membre du gouvernement grec, évoquant une négociation avec un pistolet sur la tempe. « Telle est l’Union européenne. Un revolver sur la tempe, une nation déjà asphyxiée et placée sous blocus financier doit conclure un accord après 13 heures de discussions ? », s’est-il indigné.

« Ce n’est pas un accord, c’est un diktat », a de son côté estimé la dirigeante du Bloc de gauche, un parti antilibéral portugais, Catarina Martins : « La démocratie a été complètement balayée de la carte pour faire place à des diktats de type colonialiste ».

En Italie, pour le mouvement populiste 5 étoiles (M5S) de l’ex-comédien Beppe Grillo, « la démocratie est suspendue : l’humiliation de la Grèce est un avertissement à tous les pays qui veulent la reconnaissance de leur souveraineté ». Source : Le Devoir-canada  

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