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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Un sondage rendu public le 10 juillet donne Syriza toujours largement en tête devant le parti de la droite Nouvelle Démocratie.

Les médias disent que les dirigeants européens sont divisés à propos des propositions de compromis présentées par Alexis Tsipras. L'Allemagne semble inflexible et voudrait mettre la Grèce à la porte de l'euro. 

Nous avons présenté hier deux analyses favorables aux propositions de compromis du premier ministre grec. Guillaume Etiévant explique notamment : "En desserrant l’étau financier par sa demande d’un plan de financement sur trois ans et de rééchelonnement de la dette, il se donnera le temps de mettre en œuvre son programme et de respecter, jusqu’au bout, son mandat". "Tsipras a donné de sérieux gages de bonne volonté" écrit Cécile Ducourtieux dans le journal Le Monde.

A Athènes, Tássos Pappás, très proche d’Alexis Tsípras explique : "Il faut parfois reculer sans pour autant oublier nos vues stratégique. Même Lénine l'a fait, en signant le traité de Brest-Litovsk”. Cette comparaison qui ne fait pas l'unanimité dans la gauche radicale grecque est citée par le chroniqueur Panagiotis Grigoriou qui rend compte sur son site greek-crisis de l'ambiance critique dans et autour de Syriza.

L'économiste français Frédéric Lordon écrit de son côté : "Il est des plus que douteux que le gouvernement Syriza obtienne davantage que des concessions marginales". Il définit le résultat du référendum comme " L’ébranlement d’un peuple entier entré en rébellion contre les institutions européennes", mais ajoute: "Une victoire électorale, fut-elle massive, n’a par soi aucun vrai pouvoir de dessillement du camp d’en face". Hier, analysant les négociation dans l'eurogroupe, le chercheur Emmanuel Todd affirme : «L’euro est le trou noir de l’économie mondiale.» Selon lui «personne n’ose dire que ça ne marche pas» mais la crise grecque réveillerait les consciences sur une situation jugée inquiétante : «L’Europe est un continent qui, au XXe siècle, de façon cyclique, se suicide sous direction allemande. Il y a d’abord eu la guerre de 14, puis la deuxième guerre mondiale.» Résultat: «On est en train sans doute d’assister à la troisième autodestruction de l’Europe, et de nouveau sous direction allemande.»

POST-SCRIPTUM

L'Ebranlement 

"C’est un ébranlement d’une tout autre sorte qui s’est produit dimanche 5 juillet, écrit Frédéric Lordon. L’ébranlement d’un peuple entier entré en rébellion contre les institutions européennes. Et l’annonce d’un crépuscule — donc aussi d’une aube à venir (...). Nous allons enfin entrer dans l’agonie de l’économicisme, cette dégénérescence de la politique, une vocation à la non-politique qui, comme de juste, ne cesse pas de faire de la politique — de même que la « fin des idéologies » est le dernier degré de l’idéologie —, mais de la pire des façons, au tréfonds d’un mélange de mensonge et d’inconscience. Seuls de grands cyniques étaient capables de voir que le règne gestionnaire, la réduction économiciste de tout, qui se targuent de préférer l’administration des choses au gouvernement des hommes, comme l’auront répété en boucle tout ce que le néolibéralisme a compté d’idiots utiles, seuls de grands cyniques, donc, étaient capables de voir qu’il y avait dans cette profession de foi anti-politique la plus sournoise des politiques. (...) On le sait qu’ils ne savent pas. Le pire, d’ailleurs, c’est quand ils font comme s’ils savaient. Qu’ils s’essayent à la « vision ». « Il faut que les jeunes Français aient envie de devenir milliardaires », voilà la pensée des ratios dans son effort de « prendre de la hauteur ». Les ratios en hauteur, ça donne ça : la vision civilisationnelle d’Emmanuel Macron. Voici les gens que nous mandatons pour nous conduire. Mais où peuvent-ils nous emmener si ce n’est au désastre — civilisationnel, précisément ? Comment imaginer que l’Europe à tête de bulot ait pu aller ailleurs qu’au naufrage ? Quelqu’un depuis vingt ans a-t-il éprouvé le moindre tremblement à un discours européiste ? Senti le moindre souffle ? Peut-on composer une épopée autre que grotesque lorsqu’on met bout à bout les odes à l’Europe sociale d’Elisabeth Guigou et de Martine Aubry, les bafouillements de Jacques Delors, les chuintements de Jean-Claude Juncker, les hystéries de Cohn-Bendit, les commercialismes de Lamy, les fulgurances charismatiques de Moscovici, et tant d’autres remarquables contributions à la chronique d’un désastre annoncé ? La vérité est qu’il suffisait de les écouter, ou plutôt de tendre l’oreille, en fait de percevoir l’absence de toute vibration, pour se pénétrer de la certitude de l’échec : une entreprise historique conduite par des gens de cette étoffe ne pouvait qu’échouer".

Source : http://blog.mondediplo.net/2015-07-07-Le-crepuscule-d-une-epoque

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