Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Ya hasra. Photo DR

Ya hasra. Photo DR

La journaliste d'El Watan qui nous avait rendu si familier le pouvement citoyen de In-Salah contre la fracturation hydraulique écrit de Ghardaïa ce matin:

 " Les nuits ramadanesques de la capitale du M’zab sont mouvementées, avec des cycles de violences nocturnes éclatant çà et là au rythme des soirées du mois sacré, après le f’tour et la prière des tarawih ou en marge de quelques initiatives sociales ou sportives lancées par des associations ou des collectifs de bienfaisance pour en découdre avec la violence. Sidi Abbaz, jadis quartier cosmopolite situé entre les deux communes de Ghardaïa et Bounoura, vit au rythme des bombes lacrymogènes dissuasives des forces de l’ordre.

Dimanche, au moment du s’hor, les habitants sont sortis pour s’enquérir du vacarme causé par l’intervention musclée de la police qui a quadrillé la zone, empêchant toute entrée ou sortie du quartier. Pendant ce temps, se déroulaient des affrontements sanglants entre les habitants de Bounoura et les forces de police. Le gaz lacrymogène empoisonnait l’atmosphère et la population ahurie ne comprenait pas ce qui se passait à quelques mètres. Comme à chaque nouvelle flambée de violence dans les quartiers tampons, le même scénario se répète à l’infini depuis quelques semaines.

La raison de ces opérations nocturnes reste opaque. «Des policiers auraient été attaqués par des agresseurs venus de Bounoura», croit-on savoir. Des cocktails Molotov, jetés par des jeunes, ont ciblé un véhicule de la police posté à l’entrée du ksar de Bounoura. Les renforts sont vite arrivés, intensifiant l’usage de gaz lacrymogènes pour inciter les jeunes à rentrer chez eux. Des témoins parlent d’un gros nuage blanc sur Bounoura. Les familles ont, quant à elles, vécu une nouvelle nuit d’horreur et d’inquiétude, asphyxiées par le gaz qu’elles fuyaient et recherchant des membres de la famille sortis s’enquérir de ce qui se passait.

Scepticisme

Avant et après la visite de Bedoui, rien ne semble altérer la logique destructrice qui pousse le M’zab vers une inéluctable violence. Au moment où le renforcement sécuritaire prend un nouveau statut, celui de la présence permanente de deux groupements d’intervention de la police et de la gendarmerie, la visite inattendue du ministre de l’Intérieur, la énième depuis le début des événements de Ghardaïa, n’a, semble-t-il, pas eu l’effet escompté. Ni l’apaisement tant attendu par les habitants, ni la dissuasion de nouvelles violences, l’impuissance de l’Etat devant la crise de Ghardaïa n’a d’égal que le désarroi de la population plongée à chaque fois dans un cauchemar sans fin nourri par des accusations de part et d’autre, des disputes entre jeunes, des vengeances violentes dans un climat délétère qui pousse au scepticisme.

Tandis que la ville connaît un exode massif vers différentes régions du pays, des départs qui ont eu raison des plus déterminés et des plus sages, au moment où Ghardaïa la ville commerçante est touchée dans son essence même avec des milliers de radiations au registre du commerce, les représentants des deux communautés ont une nouvelle fois été reçus séparément par le représentant de l’Etat, qui a, semble-t-il, accepté, comme ses prédécesseurs, cet étonnant compromis où les plus hautes autorités du pays demandent à une partie des Algériens de se réconcilier tout en les recevant chacune à part et en visitant les lieux de culte de chacune.

Résultat des courses, les familles des victimes demandent des indemnisations supplémentaires et une révision à la hausse de celles concernant l’exil forcé par les agressions ainsi que la cessation d’activité commerciale après la série d’incendies et de vols perpétrés durant les deux dernières années. Ceci au moment où l’Etat a pris sur lui la réfection et l’indemnisation des sinistrés. Le wali de Ghardaïa vient de recevoir une nouvelle fois les représentants des deux communautés, qui exigent d’abord la vérité sur ce qui se passe à Ghardaïa et plus d’efficacité du dispositif sécuritaire.

Le chargé de la cellule de communication de la sûreté de wilaya de Ghardaïa, l’officier Djaber Djâafar, confirme la blessure de 6 policiers lors des affrontements de dimanche. Deux jeunes hommes, la vingtaine, ont par ailleurs été arrêtés suite à l’intervention de la police. De nouveaux incendies se sont déclarés dans des maisons et des commerces de Bounoura et Berriane. Des moudjahidine ont dénoncé la situation prévalant au M’zab, refusant de participer aux festivités du 5 Juillet.

Source: El Watan

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article