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Publié par Saoudi Abdelaziz

"Malheureusement, l’Algérie n’a connu ni l’Etat de droit, ni l’égalité devant la loi, ni la prééminence de la loi et ni l’indépendance de la justice".

Ali Laskri à Constantine : « l’institution militaire doit être au service de la nation et du consensus politique qui la soude… »

Par Mehdi Amine, 18 juin 2015. Libre-Algérie

Ali Laskri, membre de l’Instance présidentielle du FFS, a eu à décortiquer la situation politique, économique, sociale et sécuritaire, lors d’une journée dédiée à l’indépendance de la justice, organisée à Constantine ces derniers jours sous le thème : « Oui pour un consensus autour de l’indépendance de la justice ».

Abordant l’actualité politique de l’heure, le responsable du FFS n’a pas manqué de commenter la « dérive » du général Gaid Salah, vice-ministre de la défense et chef d’Eta Major des armées.

« Au FFS, nous avons toujours dit que l’institution militaire doit être au service de la nation et du consensus politique qui la soude et non pas au service d’un clan ou d’un régime, elle est le garant de la continuité de l’Etat dans le respect du consensus politique le plus large. La primauté du politique sur le militaire, comme au temps de la révolution, doit s’enraciner », a martelé Ali Laskri pour qui « une armée au service de la république ne doit en aucun cas être entraînée dans des luttes partisanes ».

Dans le même ordre d’idées, l’orateur fera savoir que « la déliquescence de l’Etat et les confusions générées entre les personnes et les institutions, cultivent des contradictions dans les décisions qui touchent parfois même les secteurs de souveraineté. Cette réalité entretient le désespoir et met en péril la cohésion de notre pays ».

Abordant un autre sujet d’actualité, à savoir les dossiers de corruption qui n’arrivent pas à intéresser les populations, le membre de l’Instance Présidentielle du FFS dira que « tout se déroule comme si l’étalage des dossiers au niveau des tribunaux ‘Autoroute Est – Ouest, Khalifa, Sonatrach … etc) était destiné à faire oublier l’essentiel ; la vérité et la justice dans notre pays sont malmenées ». Et abondant dans le même sens, il assène qu’ « en l’absence de l’Etat de droit, d’une justice indépendante, durant toutes les décennies postindépendance, le phénomène de la corruption s’est généralisé à tous les niveaux de la société, l’informel s’est étendu à toutes les sphères d’activités, les réseaux mafieux se sont développés dans les filières d’importation au détriment de la production nationale, l’affairisme décourage toute activité productive ».

Pour Ali laskri « la lutte contre la corruption passe par l’instauration d’un Etat de droit et d’une justice indépendante », avant de souligner que « l’instrumentalisation de la justice, abouti à l’injustice à travers la sévérité des verdicts prononcés contre ceux qui ne font pas allégeance, qui n’ont pas les moyens, les militants des droits de l’homme, les syndicalistes, les militants associatifs, les jeunes chômeurs, les journalistes… ».

Tirant la sonnette d’alarme quant à la situation dangereuse que vit le pays, Ali Laskri fera savoir que « l’Algérie traverse l’une des périodes les plus dangereuses de son histoire. Il est plus que jamais un devoir pour nous tous de mettre du mouvement dans le statu quo, de briser l’immobilisme qui paralyse les institutions et réduire les menaces mortelles qui pèsent sur notre pays par une dynamique nationale autour du consensus ». Il a joutera à ce sujet que « aujourd’hui, la situation politique, économique, sociale, sécuritaire et culturelle nous impose de construire une solution consensuelle qui permettrait de dégager une volonté nationale forte et souveraine afin d’aboutir à une réconciliation historique, une réconciliation du peuple algérien avec ses institutions comme proposée par notre président Hocine Ait Ahmed ».

« Le consensus pour nous au FFS », fera remarquer Ali Laskri, « est une question de sécurité nationale afin de faire face à la stratégie d’effondrement des sociétés ».

Concernant le thème de la rencontre de Constantine, le membre de l’Instance Présidentielle du FFS a évoqué à l’assistance, à titre d’exemple, « la journée parlementaire autour de l’indépendance de la justice, en décembre 2013 », au sujet duquel il a rappelé que « les différents intervenants, juristes, experts, militants des droits de l’homme, ont démontré que l’indépendance du juge n’est pas garantie, que le magistrat est sous la coupe du pouvoir exécutif et qu’il n’existe pas de dispositif garantissant son indépendance ». Sans oublier de souligner que « la structure du conseil supérieur de la magistrature est gérée par le chef de l’Etat, secondé dans sa mission par le ministre de la justice ».

Et en parlant du sujet de la Constitution, Ali laskri a déclaré dans son intervention que « notre pays a connu plusieurs constitutions depuis l’indépendance. Chaque chef d’Etat a eu sa propre constitution, une constitution sur mesure. Malheureusement, l’Algérie n’a connu ni l’Etat de droit, ni l’égalité devant la loi, ni la prééminence de la loi et ni l’indépendance de la justice qui est notre thème aujourd’hui ici même à la maison de jeunes Ali Mendjeli ».

Source : http://www.libre-algerie.com

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