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Publié par Saoudi Abdelaziz

Que se cache-t-il derrière la lettre fortement médiatisée du chef d'Etat-major de l'ANP? Quels sont les intentions réelles du "système"? Existe-t-il un deal au sommet?

Succession?

L'éditorial du quotidien Liberté par Omar Ouali  concluait hier : "Tout le monde aura compris que la sortie de Gaïd Salah participe de ces manœuvres plus ou moins visibles qui consistent à mettre les pièces du puzzle de la succession qui semble s’accélérer. Mais, on ne joue pas avec l’Armée !

La succession n'est pas à l'ordre du jour estime au contraire  Abdellatif Bousenane dans un opinion publiée ce matin dans Le Quotidien d'Oran. Pour lui, l'actualité "confirme que la présidence a fini par exiger sa vision des choses et ses hommes pour aller jusqu'au bout du quatrième mandat et jouer un rôle majeur dans le choix des futures décideurs au-delà de 2019." Contredisant ainsi  "l'avis d'une grande majorité des politiques, commentateurs et observateurs qui prédisaient déjà un compromis aux plus hautes sphère du pouvoir entre les différentes composantes de l'élite gouvernante qui aboutira par le retrait du président Bouteflika au profit d'Ahmed Ouyahia".

Le journaliste et ancien patron de presse "éradicateur" Mohamed Benchicou critique l'évolution récente de l'ANP :" Fallait-il faire barrage au général Toufik à ce prix ? Rien ne peut justifier cette honteuse dérobade ; ni les considérations "tactiques", ni les obligations courtisanes. Il est des choses sacrées qui ne sont pas réductibles aux jeux de cour. La lettre de Gaïd Salah met l’armée dans une pitoyable posture d’obséquiosité. Bouteflika ne vient pas seulement de la découpler du DRS ; il lui a ôté son vieux pagne de respectabilité. Les conséquences seront terribles". Les uns après les autres, Benflis, les dirigeants du Msp et du Rcd appellent l'ANP à rectifier le tir, sans contester vraiment l'immixtion des militaires dans la direction du pays. Louisa Hanoune ne voit dans la lettre qu' "une forme de fragilisation et de déstabilisation de la colonne vertébrale de l’État”.

Appeler "un chat un chat"

Kharroubi Habib ne voit pas les choses sous cet angle: "Des opposants qui fustigent avec le plus de véhémence le premier patron de l'institution militaire en l'accusant d'avoir impliqué celle-ci aux côtés d'un clan du pouvoir ont été les plus ardents partisans et chantres de l'intervention des militaires dans la vie politique.(...) Ils auraient sans aucun doute applaudi que Gaïd Salah implique l'ANP dans les scénarios échafaudés par eux pour en finir avec le pouvoir en place. Ils dénoncent et fustigent parce qu'il en a décidé autrement".

Dans sa conclusion le commentateur du Quotidien d'Oran estime que l'opposition serait "pitoyable" "si elle persiste à voir en Bouteflika et en son clan le problème dont la révolution dénouerait la crise nationale. Il font certes partie du problème mais encore plus qu'eux l'institution qui leur a ouvert les portes du pouvoir et cautionné leur plan pour s'y incruster indéfiniment. L'opposition se doit désormais d'appeler « un chat un chat » et de parler et d'agir en conséquence."

Alignement pro-occidental à l'ordre du jour?

Le journal online Libre Algérie proche du FFS, arbore un titre de rupture inaccoutumé : "Le pouvoir militaro-énergétique dévoile sa face". Après avoir condamné Les propos anti-constitutionnels de Gaïd Salah, le journal estime que derrière se profile  "le nouveau programme économique et social adopté par les détenteurs du pouvoir". Programme "qui s’articule autour de deux points importants".

"Le premier, qui s’adresse à l’Europe en général et la France en particulier, annonce et rassure de l’autre côté de la méditerranée que l’Algérie ne les laissera pas entre les griffes de la Russie et Gazprom. Ainsi, le premier ministre tranquillise les européens en déclarant que la priorité dans son programme et de leurs assurer de l’énergie, en doublant l’exploration et l’exploitation, au point de demander même à la Sonatrach d’arrêter ses projets à l’extérieur. Les retombées d’une telle politique ne peuvent être que désastreuse pour les richesses du sous-sol algérien, lorsqu’on connait les conséquences de l’exploitation effrénée, par Chakib Khelil, sur certains gisements, à l’exemple de Hassi-Berkine, sans oublier la tentation de l’exploitation du gaz de schiste, un projet resté opaque y compris dans son volet juridique qui lie notre pays à des firmes étrangères et que les générations futures risqueraient de payer le prix très cher. A ce sujet, François Hollande, attendu prochainement à Alger, ne viendra pas en touriste ?

"Le second point grave du programme du deal passé au sommet du pouvoir est l’austérité annoncée. Pour les maîtres de l’Algérie, c’est encore les populations et surtout les couches les plus démunies qui vont payer la facture de leur non-gestion. C’est le petit peuple qui va payer pour la corruption qu’ils ont installé comme mode de gestion économique. Il ne faut pas être dupe ; ils l’ont bien montré lors des derniers procès sur la dilapidation des deniers de l’Etat, que les corrupteurs n’ont pas à s’inquiéter car le peuple payera pour eux.

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