Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

Photo DR

Ecarté du pôle antiterroriste, le peu docile juge MarcTrévidic répondait, en juin 2015, aux questions du journal français Le Télégramme sur les menaces terroristes et les réponses qui leur sont apportées. Il affirmait à propos du djihadisme : "La religion n'est pas le moteur de ce mouvement et c'est ce qui en fait sa force. C'est pour cette même raison que placer la déradicalisation sous ce seul filtre ne pourra pas fonctionner". Nous remettons en ligne cette interview.

Propos recueillis par Hervé Chambonnière, 28 juin 2015
EXTRAITS
Quelle est la situation aujourd'hui, alors que vous quittez le pôle antiterroriste ?

Marc Trédivic. Elle est pire qu'il y a dix ans. Et même pire que lorsque j'ai débuté au parquet en 2000. Qu'est ce qui a changé ? Le nombre de personnes atteintes de délire jihadiste est exponentiel ! La population concernée est plus jeune, plus diverse et aussi plus imprévisible, avec des personnes qui sont à la limite de la psychopathie... mais qui auraient été dangereuses dans tous les cas, avec ou sans djihad. Avant, nous avions un groupe puissant en Afghanistan. Aujourd'hui, il est proche de nos frontières. Il y a aussi la facilité avec laquelle reviennent certains combattants. Et on ne savait même pas qu'ils étaient partis ! C'est le cas, à vue de nez, pour un retour sur cinq. Et, depuis un an, on constate de plus en plus de retours.

Vous affirmez que le jihadisme est devenu « un phénomène de mode » ?

Oui. Ceux qui partent faire le jihad agissent ainsi à 90 % pour des motifs personnels : pour en découdre, pour l'aventure, pour se venger, parce qu'ils ne trouvent pas leur place dans la société... Et à 10 % seulement pour des convictions religieuses : l'islam radical. La religion n'est pas le moteur de ce mouvement et c'est ce qui en fait sa force. C'est pour cette même raison que placer la déradicalisation sous ce seul filtre ne pourra pas fonctionner.

Faut-il s'inquiéter de ces retours de jihadistes en France ?

Clairement, les services n'ont pas les moyens de faire le tri pour savoir qui est réellement dangereux, ou pas. Les enquêtes ne sont pas assez longues, et il n'y a pas assez d'enquêteurs pour les suivre.

(...)

Source: le telegramme.fr

Commenter cet article