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Publié par Saoudi Abdelaziz

A quelques jours de l'anniversaire du coup d'Etat militaire du 19 juin 1965, El Watan publie coup sur coup les contributions de deux "démocrates médiatiques". La première, celle de Ali Yahia Abdenour, préconise encore une fois que l'ANP dépose le chef de l'Etat et prépare des élections présidentielles. Il est convaincu que ses amis de l'opposition-ISCO l'emporteront. La seconde, celle du général retraité Mohand-Tahar Yala organise minutieusement une "transition" animée par des "personnaités du renseignement et de l'intelligence"

L'avocat nonagénaire était dans le coup en juin 1965 et sera nommé ministre au lendemain de la déposition du président Ben Bella, qu'il exécrait. Avant de déchanter un peu plus tard... Plus jeune et plus ambitieux le général retraité rêve sans doute de devenir le président-fondateur de la 2ème république. 

Samedi, Ali Yahia Abdenour, concluait donc ainsi sa longue contribution dans El Watan"L’Algérie a besoin de nouvelles élections présidentielles pour sonner le glas du système politique en vigueur.L’idée que l’opposition nationale puisse arriver au pouvoir fait son chemin, prend consistance. La dynamique politique va propulser l’un des candidats de l’ISCO présent au deuxième tour de l’élection présidentielle, si elle est propre et transparente, à son élection, à sa victoire. Chacun doit soulager sa conscience pour dire ce qui doit être dit."

Par quel mécanisme l'opposition de l'ISCO peut-elle ainsi imposer ces élections anticipées? Ali Yahia Abdenour n'y va par quatre chemins  : " La solution de la crise par l’armée – hypothèse qui relève du possible, du souhaitable, donc du probable – doit être non seulement envisagée, mais préparée".

Le lendemain dimanche, le général retraité Mohand-Tahar Yala prend le relai et propose, toujours dans El Watan, un véritable plan opérationnel pour conduire "la transition vers un Etat de citoyenneté", avec élection présidentielle dans trois ans et président provisoire d'ici là. Ce plan avait été déjà présenté l'année dernière par l'ancien colonel du DRS Chafik Mesbah, ace Zeroual comme président provisoire. Au centre du dispositif : "Un «conseil de sécurité» constitué de personnalités de renseignement et d’intelligence pour veiller au respect des intérêts vitaux de la nation et au bon déroulement de la transition". "Renseignement et intelligence", qu'est-ce à dire? En clair une transition conduite par la "communauté du renseignement" animée par le DRS-Canal Historique.

Remake de coup d'Etat et verticalité stabilisatrice

Les mécanismes du système ont été codifiées confidentiellement  après le coup d'Etat militaire du le 19 juin, puis précisées après le coup d'Etat avorté de Zbiri deux ans plus tard, qui avait considérablement renforcé le poids de la Sécurité militaire. Dorénavant, c'est la sécurité militaire puis le DRS la tâche de contrôler la société. Les services secrets de l'armée deviennent omniprésents dans la surveillance des services de l'Etat et ... de l'armée de ligne, des medias, de la vie politique et sociale. Ils traquent et infiltrent les activités politiques hors système. La mission est d'empêcher l'émergence de tout nouveau consensus national en vue d'une nouvelle configuration de l'Etat, avec de nouvelles règles de pouvoir.

Si des ajustements doivent être apportés, seuls les maîtres du système peuvent les mettre en oeuvre, au gré des évolutions. Mais qui sont ces fameux "maîtres"? Est-ce vraiment encore l'ANP en tant qu'armée de ligne comme ce fut le cas en 1965 et jusqu'au décès de Boumediene? Comme on le sait, le coup d'Etat du 19 juin 1965 a été conduit ouvertement par l'Etat-major de l'ANP. C'est un coup d'Etat militaire "pur".

Les partisans actuels du remake, préconise une autre variante de coup d'Etat, plus soft, mais mopisn mécanique. Non pas les blindés dans les rues comme en 1965 mais un engagement des services secrets pour animer une transition. Le DRS, comme on le sait, depuis le règne du président-fainéant Chadli jusqu'à la fin de la fitna, a réussi à "détourner" à son profit la prééminence historique de l'ANP. Jusqu'au découplage Armée de ligne -DRS opéré au milieu des années 2000. 

Notons en passant que Mouloud Hamrouche, en dépit de son appel à l'armée pour "soutenir" le processus de formation d'un "nouveau consensus" ne semble pas se situer dans la problèmatique de ce remake de coup d'Etat. Il semble s'adresser plutôt à  l'ANP en tant qu'armée de ligne et à la "verticalité" stabilisatrice qu'il lui prête au sein de l'Etat algérien. Contrairement à ceux qui lui assigne un rôle "d'encadrement" de la transition, forcement dévolu aux professionnels du renseignement. NB. Le maréchal Al Sissi a émergé à partir de son poste de chef du renseignement militaire...

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